25 mai 2017

Trop d'hommes politiques se défoulent sur la presse…en France aussi


JC Cambadélis.
Les statistiques de l’association Reporters sans frontières sont sans appel. Chaque année, plus d’une centaine de journalistes sont tués, partout dans le monde, au nom du totalitarisme et de l’oppression. Dans des dizaines d’états où la démocratie n’existe pas, les hommes et les femmes de presse prennent des risques quotidiens pour dénoncer les scandales qu’ils soient politiques, économiques ou sociétaux. Au nom de la liberté et notamment de la liberté de la presse, des journalistes dignes de ce nom sont par ailleurs emprisonnés, torturés, vilipendés.

Soyons franc ; La France jusqu’aujourd’hui, figurait en bonne position dans les états où la liberté de la presse est acquise et est devenue une composante du bon fonctionnement de la démocratie. L’arrivée des populistes, de droite et de gauche, a transformé le paysage. Bien qu’ils soient à l’opposé du spectre, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon n’épargnent ni de leurs sarcasmes ni de leur arrogance ceux et celles qui posent les « mauvaises » questions. Comme chacun sait, un bon journaliste est quelqu’un qui doit la fermer et qui, quand il l’ouvre, doit brosser dans le sens du poil. Sinon gare.

Deux exemples récents pour illustrer les difficultés de ce métier. Jean-Christophe Cambadélis, Premier secrétaire du Parti socialiste est candidat dans une circonscription législative de Paris. La tâche s’annonce difficile puisque des candidats de droite et de la République en Marche veulent prendre sa place. N’est-ce pas le B-A BA de la démocratie ? Cela irrite M. Cambadélis qui ne décolère pas. Il est tellement en rogne qu’il en vient à se saisir brutalement des micros qui se tendent vers lui au cours d’une scène qu’un journaliste avisé a enregistrée. Le dépit, l’amertume, la déception forment un cocktail détonnant. Faut-il plaindre le pauvre JC Cambadélis quand les sondages donnent 6% des suffrages au PS le 11 juin prochain ? La Bérézina de 2017 surpassera celle de 1993 ! Et s’il n’y pas lieu de s’en réjouir, il n’y a pas lieu, non plus, de prendre la presse pour bouc émissaire.

Comme ce candidat républicain américain au poste de gouverneur d’un état dont j’ai oublié le nom, qui en en est venu aux mains avec un journaliste désireux d’avoir une réponse à ses questions. Lunettes cassées, visage tuméfié, plainte déposée. Le climat général est à la tension. On peut dire merci à Trump, à Poutine, à Erdogan, à tous ceux et toutes celles qui s’essuient les pieds sur les chartes de valeurs et bafouent tous les principes communément admis pour rendre la vie en société supportable.

Le Colorado est devenu l'ami de la Marie-Jeanne. Que fait la France ?


Un plan de Marie-Jeanne.
Un reportage sur l’état du Colorado, aux Etats-Unis, diffusé sur une chaîne de la TNT, montre comment cet état dont le gouverneur est républicain, est devenu le premier état américain à dépénaliser le cannabis, comment l’industrie et la production de la Marijuana sont réglementées, contrôlés, fiscalisées et comment les opinions des uns et des autres ont évolué depuis qu’un référendum dans l’état a, à la majorité, décidé de rendre le cannabis « acceptable » aux yeux de la société.
L’établissement, les conservateurs, les fanatiques religieux, avaient prédit le pire. Avec une dépénalisation du cannabis, on aurait évidemment plus de criminalité, plus d’insécurité…les prix de l’immobilier chuteraient, les affaires seraient moins bonnes et le Colorado deviendrait une sorte d’état pestiféré…

Avec le recul et depuis l’application de la loi fédérale, aucun de ces scénarios catastrophes ne n’est produit. La criminalité a baissé de 15 %, les prix de l’immobilier montent sans cesse, des friches industrielles retrouvent un usage, le gouverneur, fort discret, fait rentrer 51 millions de dollars de taxes dans ses caisses (afin de faire de la prévention anti-drogue paraît-il) et une industrie nouvelle emploie des centaines de salariés peu formés occupés à produire la fameuse graine et la non moins célèbre fleur. De nombreux jeunes affluent d’autres états pour s’installer au Colorado devenu un eldorado pour les amateurs de chanvre.Sans compter que l'état surveille de très près la production et veille au scrupuleux respect des règles qu'il a édictées.

En France, on n’en est pas là. On continue de discourir du sexe des anges. Sans parler de dépénalisation (Gérard Colomb prévoit des contraventions pour une fumette !) on n’ose même pas imaginer la légalisation de cette drogue douce, évidemment nocive si consommée avec excès, pourtant incluse dans le paysage des jeunes Français et Françaises premier(e)s consommateurs(trices) d’Europe. Les politiques doivent cesser de vivre sur des schémas anciens. Ils doivent comprendre que la répression, seule, ne viendra jamais à bout de comportements sociaux et individuels ancrés dans une recherche de plaisir. Puisque le combat contre la consommation de cannabis est perdu d’avance, il est du rôle de l’Etat d’encadrer son usage et d’en limiter au maximum les effets négatifs : gangs, mauvaise qualité des produits, contrebande, blanchiment d’argent sale…Il y faut certes du courage. Au gouvernement actuel de prouver qu’il en a.

24 mai 2017

Le gouvernement change. Pas Mediapart ni le Canard enchaîné.


« Le Canard enchaîné » de cette semaine met le doigt, une fois de plus, là où cela fait mal. Il met en cause Richard Ferrand, député PS sortant et ministre d’Emmanuel Macron, dans une affaire de location par la Mutuelle qu’il dirigeait de biens appartenant à sa compagne. Alain Touret, député PRG du Calvados, qui semble bien avoir confondu ses frais de représentation (dans le cadre de ses fonctions) avec de l’argent disponible pour des séjours au club Med, des achats divers, des greens fees golfiques et cela pendant des années, est quant à lui mis en cause par Mediapart.

Cette indemnité de Frais (IRFM) versée à tous les députés mensuellement est actuellement dépensée sans aucun contrôle. Pour nombre de députés, elle est devenue tout simplement un complément de salaire, non imposable et non contrôlable. Il suffit que le ou la député(e) déclare sur l’honneur faire un usage normal de cette indemnité pour que la présidence de l’Assemblée nationale ou le déontologue fantoche ferment les yeux.

C’est d’ailleurs pourquoi la future loi de moralisation de la vie publique va mettre un terme au fonctionnement actuel de cette IRFM. Elle continuera d’être versée aux parlementaires. Mais, dorénavant, elle sera imposable et des justifications comptables devront être apportées pour démontrer l’usage de ces fonds publics : frais de mission, voyage, transports, équipements…

Alain Touret a été cité suite à la publication frauduleuse de mails et de comptes récoltés par des hackers sur le site d’En Marche quelques jours avant le second tour de scrutin. Si le but avéré était de nuire à Emmanuel Macron, rien de pénalement responsable n’a été découvert si ce n’est ces petits arrangements très anciens. L’IRFM ancienne manière c’était comme les emplois familiaux : des habitudes qui, pour être moralement inexcusables, étaient, si je puis dire, monnaie courante.
Touret affirme qu’il va rembourser 16 000 euros pour des dépenses plus personnelles que collectives. Très bien. Une fois encore, le site Mediapart, qui rapporte les frasques du député radical, aura apporté sa pierre à la construction d’un vrai code de conduite des élus. Vous vous engagez pour représenter les citoyens ? Alors assumez et soyez cleans devant le fisc et devant la loi…que justement vous votez !

Une révolte, sire, non une révolution…


Les partis politiques traditionnels sont sens dessus dessous. Depuis la victoire d’Emmanuel Macron et la nomination des membres du gouvernement, les Républicains, mais surtout les socialistes, ne savent plus où ils habitent. Cambadélis évoque un changement de nom, Baroin se meut dans un rôle de leader qui ne lui va pas du tout, Florian Philippot, pour le FN, ajoute le grain de sable nécessaire à une belle embardée dans les premiers virages des législatives. La double monnaie inventée par Marine Le Pen laisse des traces indélébiles.

La République en marche est-elle en train d’écraser le paysage politique au point de faire gagner le président Macron, soucieux dès le premier tour de la présidentielle de s’assurer une majorité absolue à l’Assemblée nationale ? Les politologues ne croyaient pas à cette possible majorité absolue mais face aux hésitations, à la confusion et aussi au dépit de dirigeants encore sonnés par la défaite du 7 mai, plus rien ne semble devoir empêcher le nouveau président d’obtenir satisfaction.

Je suis effaré de la rapidité avec laquelle les Français se sont appropriés les thèmes du changement, de la modernité et de l’union nationale. Sans bien savoir ce que chacun de ces mots signifie pour le nouvel exécutif, le fait est qu’une majorité de citoyens et de citoyennes se retrouvent dans l’élan (réel ou virtuel) du macronisme. Je suis étonné de la vitesse avec laquelle le président de la République s’est approprié tous les codes pour mieux les contourner ou mieux les contrecarrer au point même qu’il s’est permis de déplaire à nombre de confrères et consœurs journalistes qui croyaient s’être mis dans la poche ce bleu-bite inexpérimenté. Je suis enfin choqué de la chute idéologique autant que politique des partis de gouvernement marginalisés à l’extrême. Ne s’agit-il que d’une révolte civique ? Et si c’était plutôt une révolution pacifique. Il faudrait nous y faire.

16 mai 2017

Vive la Normandie !

Un communiqué de Marc-Antoine Jamet, après la nomination de Edouard Philippe comme  Premier ministre.


« Bonne Chance à Edouard PHILIPPE »



J'ai rencontré pour la première fois Edouard Philippe, au début des années 1990, alors qu'il était à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris, puis à l'ENA, un étudiant remarqué tandis que j'y étais - il me l'a confié - un professeur suivi et un examinateur respecté. Ses idées politiques m'étaient inconnues. En revanche, il ne m'avait pas échappé que, malgré sa jeunesse, il était déjà un esprit brillant, original et rapide. Magistrat à la Cour des comptes, j'ai pu l'observer devenant, grâce à son intelligence et à son talent, un des meilleurs auditeurs au Conseil d'Etat, mettant en pratique l'objectivité vigilante qui doit être le propre de cette institution, démontrant, de ce fait, qu'il possédait les qualités inhérentes à un grand serviteur de l'Etat. J'ai suivi, avec attention et sympathie, connaissant bien cette voie, le travail qu'il a accompli, fidèlement, activement, loyalement, avec son ami Gilles Boyer, au service d'Alain Juppé. Il en a été un collaborateur essentiel que ce soit pour créer l'UMP ou au sommet d'un éphémère Ministère de l'Environnement. Doit-on rappeler que le Maire de Bordeaux est connu, à droite, pour s'entourer des meilleurs éléments de son camp.



Comme Maire de Val-de-Reuil, engagé dans un renouvellement urbain qui, en Normandie, nous est (assez) exclusivement commun, je l'ai vu, dans le prolongement des projets voulus par Antoine Ruffenacht, prendre, à sa suite, la Mairie du Havre et y recueillir une circonscription, faisant ainsi des choix difficiles, des choix courageux, ceux du service des autres, de l'intérêt général et des contraintes qui y sont liées, au détriment d'une vie personnelle paisible et d'une carrière professionnelle prometteuse. En élu de la République, je l'ai vu se battre pour sa commune, son développement, sa population. Durant toutes ces années et jusqu'il y a peu, pour nos collectivités, nous avons, dans des formations différentes et par des raisonnements distincts, souvent partagé des convictions et des combats. Il a affronté le Front National sans la moindre ambiguïté. C'est une chose qui compte à mes yeux.



Edouard Philippe vient de devenir le « premier » Premier ministre du Nouveau Président de la République Emmanuel Macron. Je l'en félicite. Il ne doit cette nomination qu'à ses mérites et à ses qualités. Ils sont grands. J'espère pour notre pays que son mandat sera un mandat gagnant. Il faut être positif et constructif si nous voulons que la France, face à la mondialisation, se répare, se redresse et réussisse. Avec la même passion pour la France, la même humanité souriante, le même humour britannique et la même réflexion solide, le Maire du port du Havre succède au Maire du port de Cherbourg. Même si je regretterai toujours que ce dernier n'ait pu davantage et plus longtemps s'exprimer, je demeure heureux pour notre Normandie de cette succession tempérée.



Sa nomination est un choix audacieux dont on ne voudrait pas cependant qu'il soit hasardeux. Si, sur beaucoup d'idées, il a fait le pari de la modernité, il a pu être, par le passé, pendant les présidences Chirac et Sarkozy notamment, le soutien de mesures économiques et sociales qui étaient tout sauf progressistes. Il a été le partisan de méthodes qui ont pu paraître rudes en matière de retraites, de fiscalité, d'indemnisation du chômage. Il a soutenu Bruno Lemaire et Hervé Morin, nos adversaires départementaux et régionaux.  Il s'est opposé aux réformes que la Gauche proposait avec François Hollande et Bernard Cazeneuve. Plus grave, je ne peux m'empêcher de noter que Edouard Philippe devient le symbole de la grande confusion, du grand désordre, du grand flou qui préside aux destinées de notre pays, puisque, désormais, est maintenant associé à l'ancien Ministre de l'économie d'une majorité socialiste, devenu hier chef de l'Etat, un toujours député des Républicains, un « homme de droite » qui devient aujourd'hui chef du Gouvernement. C'est en découvrant les ministres qu'il nommera, le programme qu'il suivra, l'assemblée nationale qui le soutiendra que l'on saura de quel côté du mur la France tombera. Au-delà de l'estime qu'on peut avoir pour le nouveau Premier ministre, il lui faut rappeler une réalité - la droite et la Gauche ne sont pas identiques, loin s'en faut -, et souhaiter une clarification par l'élection, partout en Normandie, de parlementaires socialistes seuls à même sans glisser vers le radicalisme stérile de la Gauche extrême, sans approuver les remèdes de cheval de la droite éternelle, d'être fidèles à nos valeurs et à nos idées : la justice sociale, la laïcité, l'égalité des chances et la solidarité. Bonne Chance à Edouard Philippe. Pour « l'aider » votons tous à Gauche.

                 Marc-Antoine Jamet, secrétaire de la fédération de l'Eure du Parti socialiste 


13 mai 2017

La force de Jean-Luc Mélenchon : il a réponse à tout


L’arrivée de Jean-Luc Mélenchon, dans une circonscription de Marseille actuellement occupée par le député socialiste Patrick Menucci, ne s’annonce pas de tout repos. Certes, le président de la France Insoumise n’a pas choisi cet endroit par hasard. C’est là qu’il a fait l’un de ses meilleurs scores lors du premier tour de l’élection présidentielle et qu’il a donc toutes les chances d’être élu député pour mener l’opposition au président Macron et « remplacer » le parti socialiste.

L’ancien sénateur et actuel député européen est d’ores et déjà attaqué par son rival Menucci sur le caractère nomade des divers lieux d’atterrissage de Jean-Luc Mélenchon au cours d’une carrière politique qui dure depuis quarante ans tout de même (sénateur, député européen, Hénin Beaumont, l’Essonne etc. S’il en est un qui a de l’expérience, le cuir épais et une détermination en fer forgé, c’est bien lui.

Pourtant je n’aime pas Jean-Luc Mélenchon. « Les gens » ! Cette façon de s’adresser aux électeurs(trices) de notre pays exprime une forme d’arrogance qu’il contestera, bien évidemment, mais qui demeure bien réelle compte tenu du sentiment de toute puissance qui l’habite. Comme il ne récuse pas le terme de populiste, disons que Mélenchon est un populiste ordinaire. « Les gens », c’est cette masse informe sans visage et sans nom, c’est une façon de s’adresser à tous sans parler à personne. Je ne prends que cet exemple qui me semble symbolique du personnage.

Mélenchon n’a pas toujours pensé ce qu’il pense aujourd’hui. En 2012, il déclarait sur les ondes de France Inter: " Je vais à Hénin-Beaumont parce qu’il y a débat. C’est ça la noblesse de la politique. C’est pas les chefs qui vont dans des planques, dans des endroits où ils sont assurés d’être élus d’avance ", Il était alors sur le point d'affronter Marine Le Pen directement dans le Nord-Pas-de-Calais avant d’être éliminé au premier tour de l'élection législative. Une défaite cuisante, cela laisse des traces. On peut comprendre qu’il n’ait pas envie de renouveler l’expérience dans une circonscription des quartiers nord de Marseille, là où le FN fait un maximum de ses voix.

Mais les hommes politiques ne manquent pas de ressources. Surtout Jean-Luc Mélenchon qui a oublié d’être idiot. Il souligne aujourd’hui le caractère national de l’élection et en tire la conclusion que, tout bien pesé, il vaudrait peut-être mieux une élection assurée à une prise de risque irresponsable eu égard à l’attente de ses militants et sympathisants. Il assure : " Je suis partout chez moi, la France est ma patrie. (...) Je fais des escales dans l'existence comme beaucoup de Français, et vous savez, à Marseille, le nombre de gens qui sont là par escale ". La force de Mélenchon : il a réponse à tout.

La messe est-elle dite pour autant ? Jean-Luc Mélechon sera certainement élu député de Marseille mais le duel qu’il va devoir livrer avec Patrick Menucci, « marseillais de souche » qui connaît bien les associations, les sociétés intermédiaires, et qui a, lui aussi, des fans est peut-être plus ouvert qu’il y paraît.

12 mai 2017

La président Macron est-il un bisounours ?


Moins on pèse, plus on est exigeant. C’est le pouvoir du faible au fort. Et avec Un François Bayrou aux manettes il ne faut pas s’attendre à des amabilités. Bien sûr, les coups de menton ont un avantage pour celui qui les fait. Car l’autre — le Président de la République en l’état — ne sait pas si le président du MODEM utilise l’art de demander beaucoup, beaucoup trop en réalité, même si son alliance avec Emmanuel Macron a relancé la campagne de ce dernier qui patinait, pour obtenir un peu. C’est le bluff. Au poker comme en Politique, ça peut rapporter gros.

Tellement gros que le président élu semble charger son équipe « qui a fait n’importe quoi » en accordant une quarantaine de circonscriptions seulement au MODEM. Faut-il le croire ? Richard Ferrand plaide le faible nombre de candidats de qualité MODEM aptes à conquérir des circonscriptions. Il n’a sans doute pas tort tant le MODEM a été rejeté, depuis des années, à droite et à Gauche et que le Béarnais, rusé comme pas un mais relativement usé, a bien compris tout le parti qu’il pouvait tirer de la situation. Je ne doute pas que Bayrou et Macron vont trouver un accord.

De cette péripétie, le président apprendra qu’il a à faire à un homme redoutable, plus expérimenté que lui et surtout, parfait connaisseur des médias et des caisses de résonnance. Jusqu’à aujourd’hui, Emmanuel Macron n’avait fait aucune erreur. Ni tactique, ni stratégique. Cet épisode montre aux Français qu’on n’enterre pas le vieux monde (ni les vieux briscards) d’un coup de baguette magique surtout quand des financements d’Etat sont au bout des investitures réussies. Bayrou nous avait vendu (voir le film de l’Hénoret) un politique aimable : Il n’avait aucun but sinon d’aider de manière totalement désintéressée le candidat Macron. Tu parles ! Si le président l’a cru, c’est un vrai bisounours.

11 mai 2017

Bruno Questel, candidat de La République en Marche dans la circonscription de Louviers


L’information mérite d’être vérifiée mais si mes renseignements sont bons, et suite à la conférence de presse de Richard Ferrand, le secrétaire général de En marche ! le candidat investi dans la 4e circonscription de l’Eure serait bien Bruno Questel, donné favori par François Loncle depuis plusieurs semaines. En revanche, Jean-Louis Destans, député PS sortant, n’a pas reçu l’investiture du mouvement créé par le nouveau président de la République, Emmanuel Macron il y a déjà quelques mois. Jean-Louis Destans, s’il maintient sa candidature, devra-t-il repasser par la case PS ?

Bruno Questel.
Qui est Bruno Questel ? Il est actuellement le suppléant de François Loncle, qui ne se représente pas, il est le maire de Bourgtheroulde et conseiller départemental où il a créé un groupe dissident des socialistes quelques temps après le renouvellement de l’assemblée départementale. Il occupe des responsabilités dans les structures intercommunales puisqu’il est Président du Syndicat d'Aménagement du Roumois
et membre titulaire à la Communauté de Communes de Bourgtheroulde.

Ancien membre du PRG et du PS, Bruno Questel a fait le choix, il y a maintenant plusieurs semaines, d’Emmanuel Macron. Il sera évidemment un adversaire redoutable pour les autres candidats en lice dans cette circonscription plutôt classée à gauche. Richard Jacquet, notamment, candidat officiel du PS, devra sans doute se voir amputé de parts de « marchés » d’électeurs(trices) de gauche et le duel, si duel il y a en fonction de la personnalité des autres postulants de la France Insoumise, du PCF, du FN, devrait nous réserver quelques surprises.

L’annonce de la candidature de Bruno Questel réduit à néant les espoirs de François-Xavier Priollaud, (LR-UDI) maire de Louviers, vice-président du conseil régional, car lui aussi, ouvrier de la onzième heure, avait postulé pour devenir le candidat La République En Marche ! La sociologie électorale, passée au microscope par la Commission nationale d’investiture présidée par Jean-Paul Delevoye, ne pouvait décemment pas favoriser l’élection d’un élu de droite proche d’Hervé Morin même si Anne Terlez (MODEM) adjointe au maire de Louviers, a fait des pieds et des mains pour donner une chance  à l’investiture de son maire. Je doute que Les Républicains accueillent à bras ouverts la candidature de FX Priollaud considéré, à tort ou à raison, comme indécis.

10 mai 2017

Quel candidat pour La République en Marche dans la circonscription de Louviers : Questel, Priollaud ou…un(e) inconnu(e) ?


Après six tours de scrutin (primaires de droite et de gauche, élection présidentielle) aussi  « dégagistes » les uns que les autres, les Français(e)s ont deux autres tours devant eux. Les 11 et 18 juin prochains, les élections législatives mettront un terme (provisoire) aux choix décisifs des citoyens appelés à élire les hommes et les femmes qui gouverneront la France pendant les cinq années à venir.

Premier constat : la défaite éclatante du Front national qui, même s’il change de nom et de d’adresse, conserve les mêmes obsessions et les mêmes fondamentaux : la fermeture, le repli, la haine de l’autre. Seconde remarque, une révolution pour le coup avec la victoire d’un homme surgi de nulle part, socio-libéral, doté d’un culot monstre et qui a compris, avant d’autres, que le pays manquait d’air et de souffle.
Face à lui et à son rassemblement détonnant dont on ne connaît encore ni toutes les limites, ni tous les effets, se dresse une coalition hétéroclite avec un PS abîmé, une droite éclatée, une France Insoumise animé par un chef charismatique mais dominateur (le PCF a été renvoyé dans les cordes) et enfin une extrême droite revancharde privée de la participation de Marion Maréchal Le Pen — démissionnaire de tous ses mandats — pour cause de contestation silencieuse de la ligne Philippot.

Bien malin qui pourrait dire, aujourd’hui, ce qui sortira des urnes en juin prochain. Dans notre circonscription, sociologiquement de gauche paraît-il, il y aura pléthore de candidatures. On saura cette semaine qui défendra les couleurs de « La République en marche ». On parle de Bruno Questel, maire de Bourgtheroulde, soutenu par François Loncle, mais la droite Le Mairiste n’aurait pas dit son dernier mot avec un François-Xavier Priollaud (LR-UDI-MODEM) sur les rangs ! La France insoumise avec Bernard Frau (1), va au-devant de bien des désillusions. Le PCF va jouer ses cartes à fond contre lui avec Arnaud Levitre tout comme le PS avec Richard Jacquet, un élu de terrain de grande valeur, victime des soubresauts nationaux. Enfin, parmi les candidats qui compteront, la circonscription découvrira un candidat du FN totalement inconnu n’ayant pour seul viatique que la rose bleue de Mme Le Pen. Il paiera certainement la baisse de forme de sa cheffe.

Si les électeurs renouvellent leurs choix du premier tour de la présidentielle, une triangulaire voire une quadrangulaire est possible. Pour ce faire les impétrants devront recueillir 18 à 20 % des exprimés. Laissons décanter.

(1) Il semble que M. Frau ne soit plus dans la course. Les instances de la France insoumise ont dû éplucher son CV de très près.

Article à paraître dans La Dépêche de ce jeudi 11 mai.

8 mai 2017

Emmanuel Macron domine de la tête et des épaules…surtout de la tête



Avec près de 66 % des suffrages, Emmanuel Macron a dominé des épaules et de la tête (surtout de la tête) une Marine Le Pen dont le naufrage programmatique a été acté lors du débat de mardi dernier à la télévision. Le nouveau président de la République aurait tort de croire (d’ailleurs il ne le croit pas) que cette victoire sans appel est un soutien ferme et durable à son projet. Que le vote ait manifesté au travers de sa personne et de sa volonté une forme d’adhésion est indéniable mais ce n’est pas l’essentiel de l’expression du second tour. Les Français(e)s ont surtout voulu barrer la route du pouvoir au Front national dont l’histoire, le passé, les propositions, la violence verbale ou physique, continuent de faire peur. Ce parti peut bien changer de nom, il ne pourra pas masquer ses outrances, sa démagogie et finalement sa marginalisation. Pour preuve, une fois encore, une fois de trop, l’oukase lancé contre une quinzaine d’organes de presse interdits d’accès au QG de Mme Le Pen le soir de sa défaite. J’en connais d’autres — et qui ne sont pas d’extrême-droite — dont le comportement à l’égard de la presse frise l’hystérie.

Marginalisée à 10 millions de voix c’est déjà énorme. Il suffit de lire les scores obtenus par Marine Le Pen dans les villages et les périphéries des villes pour comprendre que le « dégagisme » érigé en théorie et en pratique par Jean-Luc Mélenchon est devenu un mot d’ordre dans lequel les « oubliés » et les « désespérés » mais aussi les racistes et les homophobes trouvent du sens. Je pense aussi à tous ces rurbains qui ont voulu habiter les campagnes là où le foncier était accessible et qui, avec le temps et l’espace, constatent l’augmentation des coûts pour les transports, les allers-retours coûteux en argent et en énergie. Ils demandent plus de services, plus de services publics, ceux-là même qu’ils ont abandonnés dans leur chef-lieu de canton ! Pourtant les intercommunalités ont redonné vie et solidarité mais les discours du Front national — l’insécurité, l’immigration, la préférence nationale — ont fini par imprégner les esprits et susciter des jalousies. Mme Le Pen en a usé et abusé.

Hier soir, les émissaires des partis présents sur les plateaux de télévision nous ont offert ce qui nous dégoûte le plus dans la vie politique. Les Coppé, les Corbières (il avoue avoir voté Macron…mais après la victoire !), les Rachline, les Baroin étaient venus défendre leur boutique en vue des législatives prochaines lors de la fameuse « mère des batailles ». Ils en rêvent tous. Ils cauchemardent même. Quant à Jean-Luc Mélenchon, il aurait eu grand tort de négliger l’influence des médias que pourtant il exècre. Il a même trouvé le moyen de se satisfaire de la défaite de Marine Le Pen alors que deux tiers de ses militants et sympathisants appelaient à voter blanc ou nul et que lui-même Jean-Luc Mélenchon les a sans doute imités ! Le « monarque » républicain défenseur de « l’extrême finance » (1), s’il doit beaucoup à une majorité d’électeurs de la France insoumise, ne doit rien à Mélenchon lui-même. Il a joué avec le feu, il faudra s’en souvenir.
 
Chez les Républicains (LR) et les socialistes, malgré la qualité de certains candidats, l’inquiétude est au plus haut. Les inévitables déclamations du genre « vous allez voir ce que vous allez voir » ne vont pas empêcher les anciens partis de gouvernement de devoir ramer pour sauver les meubles en juin prochain. Le PS est coupé en trois, les Républicains (LR) en autant de portions entre ceux qui veulent rejoindre la majorité présidentielle, ceux qui veulent garder la vieille maison et ceux qui cherchent une chambre introuvable avec une majorité absolue et une cohabitation des jours anciens. Question rénovation de la vie politique, on fait mieux ! Manquerait plus que Fillon donnât son avis…

A Louviers, à Val-de-Reuil, Pont-de-l’Arche et dans les gros bourgs, Emmanuel Macron est arrivé en tête. Dans certains villages, Mme Le Pen récolte le fruit des colères et de la révolte. La France est coupée en deux et les suffrages en quatre. Il reste au jeune président à « rassembler » et à unifier ce qui peut l’être. La quadrature du cercle !

(1) L'expression et de Jean-Luc Mélenchon