31 décembre 2008

Louviers 2008 deviendra Louviers-2009.com

Le changement d'heure c'était il y a quelques mois. Le changement d'année c'est pour demain. Alors permettez-moi, chers amis lecteurs (de plus en plus nombreux) qui que vous soyez, où que que vous soyez, de vous souhaiter, avant le président Sarkozy, une bonne et heureuse année. Et surtout, la santé. Il est vrai qu'en période de crise les vœux peuvent sembler incongrus. Ce n'est pourtant pas sans sincérité que je m'adresse à voius qui lisez ces lignes.
J'en profite pour vous informer que Louviers 2008 s'intitulera, désormais, « Louviers 2009 le blog de Jean-Charles Houel. » Mais cela vous vous en doutiez. L'auteur, lui, ne changera pas. Et mes fournisseurs de textes non plus. Le nom changera dans quelques jours car je viens d'acquérir le nom de domaine suivant : www.louviers-2009.com

le bouclier fiscal ou le rempart de l'argent

Les banques souffrent, parait-il, ce n'est pas le cas des plus fortunés des Français. (photo JCH)
Didier Migaud, président (Parti socialiste) de la commission des Finances de l'Assemblée nationale a demandé au gouvernement de transmettre aux membres de sa commission les résultats de l'application du dispositif de plafonnement des impôts directs en fonction du revenu ou bouclier fiscal. Il a également demandé qu'on lui communique les montants restitués au titre de 2007.
Il n'y a pas à dire, Nicolas Sarkozy a réussi son coup : favoriser encore et toujours les plus fortunés de notre beau pays. Il apparaît, en effet, que deux euros sur trois payés au titre du bouclier fiscal, vont aux ménages disposant de plus de 15 millions d'euros de patrimoine. Excusez du peu. Les restitutions offertes aux 671 ménages disposant d'un patrimoine supérieur à 15,5 millions d'euros (77 fois le patrimoine moyen estimé à 195 000 euros) représentent 155,6 millions d'euros soit 68 % du coût total du bouclier en 2007. La restitution moyenne qui leur est faite est de 231 900 euros.

Les 10 % de Français les plus aisés en terme revenus bénéficient de 83 % des remboursements liés au bouclier fiscal. Il s'agit de 2242 Français disposant de revenus fiscaux supérieurs à 41 982 euros (3 500 euros par mois soit des revenus réels de l'ordre de 4 000 euros). Le montant total des restitutions qui leur sont faites atteint près de 190 millions d'euros. La restitution moyenne pour les 10 % de Français les plus aisés est donc de 84 700 euros.
Didier Migaud commente : « Ces données sont l'occasion de reposer la question de l'articulation entre le projet de mise en œuvre d'un plafonnement global des niches fiscales et le bouclier fiscal. Il est craindre que le plafonnement global des niches n'ait aucun impact sur la situation fiscale des bénéficiaires du bouclier…
Ces derniers sont, en effet, indifférents à toute majoration de leur imposition. Le principe du bouclier fiscal fait qu'ils sont assurés d'être exonérés de cette imposition théorique supplémentaire, que celle-ci provienne d'une majoration de l'impôt sur le revenu d'une nouvelle taxe telle que celle instituée pour financer le RSA ou de la mise en œuvre duplafonnement global des niches. »

Pour conclure la note qu'il adresse aux députés, Didier Migaud précise : « Les données fournies laissent à penser que le cas de 27 contribuables disposant de plus de 15,53 millions d'euros de patrimoine et ne déclarant qu'un revenu fiscal de référence inférieur à 12 964 euros annuels est le résultat d'un usage intensif des dispositifs de minoration du revenu imposable. »

Chers lecteurs vous avez bien lu : il existe une catégorie de Français hyperprivilégiés qui, depuis l'élection de Nicolas Sarkozy et de la mise en œuvre de sa politique, sont devenus hyper-hyperprivilégiés. Quand on dit que les riches sont devenus plus riches, ce n'est pas une galéjade, c'est la «vraie» vérité. Une vérité qui devrait être encore plus…«vraie» quand on connaîtra les effets de la loi TEPA qui prévoit un abaissement de 60 % à 50 % du plafond et la prise en compte dans les impositions des sommes versées par les contribuables au titre de la CSG et de la CRDS. Je vous tiendrai évidemment au courant des rapports adressés au président de la commission des Finances. Dans l'attente, je compte sur vos commentaires .

Les amis de nos Amish sont…

Je lis dans Le Point d'aujourd'hui le texte qui suit : « un nouveau gène de l'hypertension a été découvert grâce à une étude menée chez les Amish. Nommé STK39, il est présent dans le reste de la population chez qui il s'exprime moins fortement. Les Amish intéressent de près les généticiens car ils constituent un petit groupe humain vivant en quasi-autarcie sexuelle donc génétique. »
Le maire de Louviers qui, lui aussi, s'intéresse à la vie des Amish, pourra délivrer cette information de première importance à l'occasion des questions diverses débattues lors de la prochaine réunion du conseil municipal.

30 décembre 2008

60 000 chômeurs en plus en novembre

Les salariés de Tyco-Electronics à Val-de-Reuil, craignent de perdre leur emploi. (photo JCH)
La crise économique est bien là. La crise sociale aussi. Au mois de novembre dernier, l'ANPE a recensé 60 000 chômeurs de plus en France. C'était des emplois d'intérimaires, des titulaires de contrats à durée déterminée, des précaires abandonnés à leur mauvais sort. Malgré les aides gouvernementales, la situation des travailleurs ne s'améliore pas. S'il est vrai que certaines filières profitent de la crise pour diminuer subrepticement leurs effectifs, il n'empêche que des pans entiers de l'activité sont sinistrés : automobile (et les sous-traitants) BTP…
Et encore, les annonces de suppressions d'emplois massives ne sont pas encore exécutoires. L'année 2009 s'annonce donc comme une année horrible pour les salariés du privé puisque ceux du public bénéficient théoriquement d'une certaine sécurité de l'emploi. Benoit Hamon, porte-parole du PS a été moqué quand il a proposé de rétablir l'autorisation administrative de licenciement pour les entreprises faisant des bénéfices. Je ne suis pas certain qu'il avait tellement tort.

Quand Eric Besson accusait « Sarkozy de vouloir importer Dieu » !

« On reconnut bien vite que c'était deux bessons (1) » Georges Sand.
Eric Besson, ancien secrétaire national du Parti socialiste, ex-ami de François Hollande, a appelé à voter en faveur de Nicolas Sarkozy dès le premier tour de l'élection présidentielle, au second tour, il a été relaps. L'homme qui faisait partie du « Think Thank » socialiste symbolise l'exécration qu'éprouve tout un chacun à l'égard des politiques qui renient leur engagement et leurs valeurs. Non seulement, il est devenu un ministre dit d'ouverture mais en plus, il est sur le point acquérir le titre de secrétaire général adjoint de l'UMP pour devenir, ensuite, ministre de l'Immigration et de l'identité nationale. Il succéderait à Brice Hortefeux, le porte-flingue de son ami Nicolas, appelé à devenir ministre du travail. Là où l'Auvergnat se referait une virginité.

Après la visite de Bernard Kouchner au Vatican et l'article publié hier sur ce blog, j'ai eu la curiosité de relire les textes du maire de Donzère-Mondragon (Eric Besson y a été réélu lors des dernières municipales) avant ses reniements, sur l'attitude de Nicolas Sarkozy à l'égard des religions.
On peut lire, sous la plume d'Eric Besson : «Beaucoup n'ont retenu de l'ouvrage de Nicolas Sarkozy consacré à la question religieuse, « la République, les religions, l'espérance » (Ed. du Cerf) que sa suggestion de modifier la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l'Etat. Peu nombreux sont ceux qui ont observé que son ambition réelle est bien plus vaste et qu'elle consiste à faire des religions le nouvel outil de régulation de nos sociétés. Exagération de notre part ? Absolument pas ! Il suffit de le lire : « Je suis convaincu que l'esprit religieux et la pratique religieuse peuvent contribuer à apaiser et à réguler une société de liberté» Et d'ajouter, pour être certain d'être bien compris, qu'«on aurait tort de cantonner le rôle de l'Eglise aux seuls aspects spirituels. »

Eric Besson poursuit : « En effet, en octroyant un statut aux religions, Nicolas Sarkozy pose inévitablement la question de la définition de la religion. Quelles sont les religions qui pourront prétendre à ce statut ? Que faire avec les mouvements fondamentalistes et avec les sectes qui revendiquent le statut de religion ? On sait que les Témoins de Jéhovah ont d'ores et déjà obtenu des tribunaux français le statut de religion. A qui le tour sous l'empire des idées sarkozystes ? (...)» « Maintenant que les lieux de culte officiels et publics sont si absents de nos banlieues, on mesure combien cet apport spirituel a pu être un facteur d'apaisement et quel vide il crée quand il disparaît» Et pour ceux qui n'auraient pas encore compris, il ajoute : « Au bout du compte, l'espérance dans un au-delà meilleur est un facteur d'apaisement et de consolation pour la vie aujourd'hui »

L'ancien responsable socialiste fait alors preuve d'une grande lucidité quand il cite Nicolas Sarkozy et commente : « Et pourquoi alors s'arrêter aux seuls problèmes des banlieues ? Car nul ne sait où s'arrêteront les prétentions politiques et sociales des religions ainsi relégitimées. Viendra le tour de l'enseignement. Quoi de plus normal d'ailleurs puisqu'il faut réhabiliter les valeurs religieuses au sein de notre jeunesse : « On ne peut pas éduquer les jeunes en s'appuyant exclusivement sur des valeurs temporelles, matérielles, voire même républicaines (...). La dimension morale est plus solide, plus enracinée, lorsqu'elle procède d'une démarche spirituelle, religieuse, plutôt que lorsqu'elle cherche sa source dans le débat politique ou dans le modèle républicain. (...) La morale républicaine ne peut répondre à toutes les questions ni satisfaire toutes les aspirations ». L'Education nationale doit donc former des croyants et non des citoyens...
« Il n'y a pas jusqu'à la politique monétaire qui pourrait être placée sous la protection de Dieu. Pourquoi ne pas écrire sur les billets de la Banque centrale européenne la devise figurant sur les dollars : « Nous avons confiance en Dieu » ? Hier, l'Europe importait des Etats-Unis le jean, le Coca-Cola, le rock'n roll ou encore son cinéma. Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy nous propose d'importer Dieu ! »

Comment l'auteur de ces lignes (2) écrites quelques mois avant l'élection présidentielle a-t-il pu se renier à ce point et rejoindre l'homme qui, depuis le fameux discours du Latran, souhaite la primauté du curé sur l'instituteur. Comment l'ancien secrétaire national du Parti socialiste a-t-il pu rejoindre l'homme du déterminisme génétique qui veut trier le bon grain de l'ivraie dès l'école maternelle ou la crèche ? Pour sa défense, Eric Besson assure que Nicolas Sarkozy est le Tony Blair français ! On voit dans quel état se trouve la société anglaise après dix ans de blairisme : les petits boulots, une Livre dévaluée, une économie en récession…les conservateurs au plus haut dans les sondages même si les Travaillistes semblent reprendre du poil de la bête. Où est la Gauche dans le Blairisme ? Il a même fallu que Gordon Brown nationalise (le premier) les banques britanniques (sauf deux) pour sauver un semblant de système quelque peu organisé.
Eric Besson symbolise plus que le reniement. Il justifie le dégoût que peuvent éprouver les jeunes, et d'autres aussi, à l'égard de la politique. Kouchner, Besson : même combat ! Pour une Gauche idéologiquement décomplexée, socialement engagée, économiquement responsable et politiquement cohérente. Sans les centristes mous et les opportunistes dévoyés.
(Ce texte a été écrit avec le support d'un article paru sur le site du Nouvel Observateur)

(1) En vieux Français, besson veut dire jumeau.
(2) « Les Inquiétantes Ruptures de M. Sarkozy » sous la direction d'Eric Besson.

29 décembre 2008

Après le sac de riz, le sac de bulles (papales)

Déclaration du CNAL (1) :
« Nous apprenons par une dépêche AFP que la France (Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères) et le Vatican viennent de signer un accord de reconnaissance des diplômes de l’enseignement supérieur. Cet accord a pour objet de reconnaître la valeur des grades et des diplômes canoniques (théologie, philosophie, droit canonique) ou profanes délivrés par les établissements d'enseignement supérieur catholiques reconnus par le Saint-Siège et de faciliter les différents cursus universitaires.
Le Comité National d’Action Laïque s’indigne, tant de l’accord lui-même, que du moment choisi pour le signer. En effet, alors que la représentation nationale est sur le point de produire un texte d’apaisement (Loi Carle) pour sortir du conflit public-privé engendré par l’article 89, était-il urgent de signer un tel accord ?
Devons-nous comprendre que l’onction du Pape Benoit XVI, accordée à des établissements catholiques en France, entraînerait automatiquement la reconnaissance par la République Française des diplômes délivrés par ces derniers ?
Le CNAL examinera de près cet accord mais souhaite exprimer dès aujourd’hui son inquiétude sur une démarche qui pourrait ouvrir un conflit majeur autour de la question laïque.
(1) Le CNAL (Comité national d'action laïque) est composé de la fédération nationale des DDEN, la FCPE, la Ligue de l’Enseignement, du SE UNSA et de l’UNSA Éducation.

Paris, le 18 décembre 2008
Laurent Escure
Secrétaire Général du CNAL

28 décembre 2008

La fusion « départements-régions » : les messages d'alerte se multiplient

La Gauche n'a qu'à bien se tenir. On va voir ce qu'on va voir. Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP a assuré ce matin sur Europe N°1 que « la fusion entre les départements et les régions était pour bientôt. » Alors que la commission Balladur doit rendre ses conclusions et faire des propositions à la fin du mois de février 2009, l'activiste et néanmoins député Lefebvre annonce la couleur : « la réforme des collectivités territoriales va être très importante. Départements, régions, les gens n'y comprennent plus rien. Et en plus, cela coûte cher. »
Ainsi, l'UMP met la charrue avant les bœufs. La commission Balladur a été mise en place pour sauver les apparences et amuser la galerie. C'est souvent le mauvais sort réservé aux soi-disant experts et spécialistes. Ils ne servent que d'alibi à des propositions clairement voulues par le président de la République, lequel ne s'embarrasse pas de concertation ou de dialogue avec sa majorité et encore moins avec l'opposition. 

Eliminer la gauche et toute opposition
Quel serait l'objectif essentiel de cette réforme ? Réduire, voire éliminer, l'opposition de gauche qui dirige vingt régions et soixante départements ! L'UMP est un parti atteint d'hypertrophie du pouvoir, Nicolas Sarkozy ne supporte pas qu'on s'oppose à lui. Tous les moyens seront utilisés pour nuire à la gauche. Lorsqu'on s'attaque aux institutions représentatives, légalement élues, ont prend l'énorme risque d'ajouter une crise institutionnelle à la crise sociale, économique, financière du pays. L'UMP et l'hyperprésident comptent sur l'apathie des masses, sur l'engourdissement des intellectuels et sur la division de l'opposition. Franchement, Sarkozy-Fillon peuvent-ils imaginer un seul instant que la gauche va se laisser conduire à l'abattoir sans se défendre ? 
Les messages d'alerte se multiplient. Mélenchon (Parti de gauche) Besancenot (NPA) Buffet (PC) Aubry (PS) Bové (altermondialiste) et même Bayrou (MODEM) qui veut représenter une droite délivrée du bonapartisme, Duflot (Verts) doivent, dès aujourd'hui, transmettre un message solennel d'avertissement au gouvernement : pas de réforme sans concertation, discussion, consensus. Faute d'une réponse appropriée, il faudra utiliser tous les moyens légaux (Parlement, manifestations, grèves, pétition, tracts, etc.) pour stopper la manœuvre de ce pouvoir démoniaque.

27 décembre 2008

La sécurité confiée à des « privés »

La sécurité en France pourrait bien s'étendre davantage au secteur privé. C'est ce que laisse entendre le livre blanc sur la défense rédigé par Michèle Alliot-Marie et préfacé par Nicolas Sarkozy. Le Figaro s'est procuré le précieux sésame. On y apprend notamment que le gouvernement, qui tient toujours à une réduction du nombre de fonctionnaires en France, souhaite « reconnaître la place du secteur privé dans la protection de nos concitoyens ». Le président va même plus loin en parlant de « coproduction » entre le public et le privé, à terme. Place donc aux vigiles, agents d'aéroports et salariés des sociétés de surveillance. Des métiers en pleine expansion, selon le quotidien, qui écrit qu'« avec 200 000 effectifs au total, le nombre de privés dans l'Hexagone sera équivalent à celui des policiers et des gendarmes réunis ».
Christian Renoncourt, conseiller municipal PS, lors du débat organisé par le collectif anti-vidéosurveillance sous l’égide de la section locale de la Ligue des droits de l’homme avait fait cette annonce en racontant comment il avait découvert ce qu’un préfet préconisait pour « alléger » le fardeau du budget du ministère de l’Intérieur qui, dorénavant, réunit policiers et gendarmes. Il ne serait pas surprenant qu’on apprenne, un jour, que les images enregistrées par les caméras de surveillance seront contrôlées par des « privés ». Est-ce cela que nous voulons ? Quand on comptabilise le nombre de bavures commises par les vigiles aux portes des discothèques, dans les grands magasins ou dans les salles de concert, on peut s’étonner d'abord (et protester ensuite) que l’Etat régalien se décharge de ses compétences fondamentales. Là est le vrai visage du sarkozysme.

L'ancienne banque de France est à vendre…à moins qu'elle ne soit déjà vendue ?





















L'ancienne banque de France, construite en 1925, située sur la Place de la République et propriété de la ville de Louviers, est à vendre. A moins qu'elle ne soit déjà vendue ou que la promesse de vente ait déjà été signée par le maire. Comme ce fut le cas récemment pour l'ancienne fabrique Decrétot, rue Pierre-Mendès-France, cet important élément du patrimoine va disparaître du registre des propriétés communales dès que le conseil municipal aura entériné la transaction.
Dans sa course effrénée à la recherche d'argent, le maire cherche à vendre tout ce qui est vendable. Le problème est que le contexte favorise les acheteurs (quand il y en a) et pas les vendeurs. La crise de l'immobilier pousse les prix à la baisse. Ainsi, la fabrique Decrétot est-elle passée de 450 000, 400 000 euros à 350 000 euros selon l'estimation des Domaines qui, d'après ce qu'a déclaré le maire au conseil municipal, prend en compte la dure loi du marché. Combien vaut la Maison Condorcet puisque c'est ce nom qu'on a donné à la BDF. 500 000, 1 million d'euros, plus ou moins ? Qui peut être intéressé par cet immeuble : un marchand de biens pour y réaliser des appartements ? Une entreprise pour y installer son siège social ? Un particulier fortuné à la recherche d'une maison d'un certain standing ?
Ainsi, le GRETA, le service des Archives municipales (dont tout le fonds Mendès France utilisé par Eric Roussel pour écrire la biographie de l'ancien président du Conseil) et sans doute les services municipaux inclus dans la propriété (sports, jeunesse, écoles) Le PLIE (Plan local d'insertion par l'économique) La Mission locale, vont devoir déménager et trouver de nouveaux points de chute. Gageons que le maire à quelques idées derrière la tête.
Faut-il déplorer la vente des locaux de l'ancienne banque de France ? Dans l'absolu, peut-être pas. Je considère, quand même, que le moment n'est pas bien choisi et que les intérêts de la collectivité ne sont pas bien défendus. Vendre à la baisse est un comportement jugé inapproprié par les boursicoteurs. Les élus locaux devraient s'inspirer des règles de base de l'économie et de la finance. 

L'offre est supérieure à la demande
Aujourd'hui, la plupart des Français n'ont plus les moyens d'acheter en raison de la forte augmentation des prix ces dernières années (beaucoup plus rapide que celle des salaires) et également en raison de l'augmentation des taux d'intérêt des crédits immobiliers depuis de longs mois, associée à une frilosité plus importante des banques. Et puis l'offre est devenue supérieure à la demande si bien qu'entre 1500 et 2000 agences immobilières sont en train de fermer sur les 30 000 que compte la France. La raison ? Beaucoup de biens à vendre et peu d'acheteurs capables de mettre le prix demandé et d'obtenir le prêt correspondant malgré les grands discours de notre hyperprésident. 
Légende : L'ancienne banque de France vue du boulevard Jules Ferry. Et vue de la Place de la République. (photos JCH)

26 décembre 2008

Il faut annuler le décret de création du passeport biométrique

« IRIS (Imaginons un réseau Internet solidaire) et la LDH (Ligue des droits de l'homme) demandent au Conseil d’État d’annuler le décret de création du passeport biométrique. Ce décret, dont les associations estiment qu’il a été pris selon une procédure irrégulière, prévoit, d’une part, la collecte de huit empreintes digitales des demandeurs de passeports, y compris les enfants dès l’âge de 6 ans et, d’autre part, la création d’une base de données biométriques centralisée pour la conservation et le traitement de l’ensemble des données recueillies.
IRIS et la LDH considèrent que la nature, la quantité et la durée de conservation de ces données présentent un caractère disproportionné au regard des finalités du décret, violant ainsi le droit interne, le droit international et le droit communautaire relatifs à la protection des personnes à l’égard du traitement des données à caractère personnel ainsi que le droit international relatif à la protection des enfants.
Pour les deux associations, ces mesures poursuivent des finalités bien plus larges que celles annoncées dans le décret contesté. Il s’agit en effet de contraindre, par avance, le débat parlementaire sur le projet de carte d’identité biométrique, alors qu’un tel projet met en cause une société dans laquelle l’identité reste fondée sur un principe déclaratif, au profit d’une conception de l’identité imprimée dans l’intimité biologique, comme l’avait déjà dénoncé le collectif contre le projet INES de carte d’identité biométrique, dont IRIS et la LDH sont membres fondateurs.
Si le décret n’était pas annulé, le gouvernement pourrait empêcher, au prétexte de simplifier et rationaliser techniquement la délivrance des titres d’identité et de voyage, tout débat démocratique sur ce qui ne constitue rien moins qu’une rupture du contrat social entre le citoyen et l’État. »
Pour plus de détails voir le texte du recours en annulation : http://www.ines.sgdg.org/
(Document IRIS)

Marché des transports de la CASE (suite) : qui va lentement va sûrement

En publiant l'annonce de l'appel d'offres pour le marché des transports urbains et périurbains de l'agglomération Seine-Eure, nous ne pensions pas qu'un Internaute allait réagir aussi rapidement. Hier, jour de Noël, j'ai reçu une information intéressante. Ce correspondant, visiblement bien informé — et aux meilleures sources — m'assure que le marché des transports n'est pas encore attribué et que la commission spécialisée, ainsi que le bureau de la communauté d'agglomération, veulent y réfléchir à deux fois avant de trancher définitivement en faveur de telle ou telle compagnie.
Ce correspondant m'assure que M. Canivet, délégué aux transports, est favorable au statu quo et qu'il souhaite voir le marché renouvelé en faveur de la société Kéolis mais que d'autres offres semblent plus intéressantes à la fois techniquement et financièrement. Je ne connais pas encore avec précision les raisons qui motivent les uns et les autres. Ce que je sais c'est que la transparence nécessaire devra permettre au président de la CASE de faire connaître publiquement les raisons de tel ou tel choix. Soyons patients. L'appel d'offres est paru en juin, il a été clos en juillet. Cela fait donc six mois que les organes spécialisés de la CASE travaillent sur le dossier. Qui va lentement va sûrement. Surtout quand il s'agit de transports.

25 décembre 2008

« D'abord par l'inflation, ensuite par la récession » Thomas Jefferson

Quelques informations au fil des blogs et des jours :
Le maire de Louviers vient de publier le sondage IFOP (il y en aura d'autres) que j'ai évoqué il y a déjà pas mal de temps et livrant une première idée de l'image des forces en présence lors des élections européennes de juin 2009. On fait dire aux chiffres ce qu'on veut. La preuve : avec 22 % des intentions de vote, l'UMP et le PS sont « faibles ». Avec 12 %, Bayrou et Baylet (qu'il met donc dans le même sac) « ont une bonne base de départ ». C'est ce qu'on appelle la langue de bois. Bayrou avait dépassé les 18 % des suffrages aux présidentielles et Ségolène Royal avait obtenu près de 26 % des suffrages. Bayrou perd 6 points et le PS 4. On peut dire, par contre, que les Verts, s'ils maintiennent les intentions de vote au niveau d'aujourd'hui, feraient une vraie percée. Dominique Voynet, avec 1,57 % des voix aux présidentielles, avait fait pitié. Les Verts et Daniel Cohn Bendit atteignent 11 % des sondés. C'est un très beau score…à confirmer dans les urnes…ce qui demeure le plus délicat à obtenir.
Une remarque enfin, Franck Martin va sans doute chercher à concrétiser le rêve de sa vie : devenir parlementaire…même sans scrutin majoritaire. Sur une liste PRG-MODEM-divers droite, à la proportionnelle, dans la région Nord-ouest, s'il est haut placé (dans la liste) il aurait une petite chance d'aller siéger à Strasbourg. Comme il est l'ami de Baylet (depuis longtemps déjà) et que bien des considérations entrent en jeu, il ne serait pas impossible que cette hypothèse se vérifie. Je ne vois pas d'autre raison à sa jubilation du moment.

Laurent Fabius ayant réitéré son intention de constituer une Communauté urbaine autour de Rouen comme capitale, personne ne peut rester insensible à ce projet. Le président de la CASE, comme nous l'avions d'ailleurs prévu, est en train de mettre de l'eau dans son vin. Au début c'était « moi vivant, jamais cette communauté urbaine ne verra le jour ! » Aujourd'hui c'est « si on sait me parler avec déférence et respect, si on me dit avec toute l'attention que je mérite ce que contient le dossier, je pourrais envisager de m'y pencher (à un moment ou à un autre) et sans qu'on me bouscule. (1) » En fait, tout le problème pour lui est de savoir quelles fonctions il pourrait obtenir dans cette nouvelle entité régionale et comment on pourrait l'aider à sauver les finances de Louviers.
(1) Cette citation est de moi et donc imaginaire mais pas tant que cela.

Le Marité ? Nous sommes la risée de toute la région. « Sauver le Marité » devient le leitmotiv du maire de Louviers-président de la CASE, qui a fait de ce bateau sa danseuse sur l'eau. Il n'a plus d'yeux que pour ce voilier, d'obsession que pour ses croisières futures, de projet que pour cette ruine patrimoniale dont la restauration (justifiée chez les gens de mer) devrait être sponsorisée par Foncia, PRB, Virbac-Paprec, Générali, ou qui l'on veut d'autre, mais pas par l'agglomération de Louviers qui n'a d'attache avec ce bateau qu'un vague projet social, véritable bouée de sauvetage, destiné à justifier l'entrée de la CASE dans le Groupement d'intérêt économique. Il s'est trouvé 49 délégués de la CASE pour accorder 44 500 euros de subvention (d'argent public donc) aux comptes plombés de ce voilier sans voile comme un avion sans aîle !

Julien Dray. Benoit Hamon, porte-parole du Parti socialiste, a tort de dire qu'il s'agit d'une affaire privée. Si, par malheur pour lui et pour le parti auquel il appartient, l'enquête prouve que Julien Dray a bénéficié de versements d'argent (des parrains d'SOS Racisme et de la FIDL) à des fins d'enrichissement personnel, ce ne sera pas une affaire privée mais bien publique. Julien Dray, ancien porte parole du PS, député de l'Essonne, proche de Ségolène Royal, n'est pas n'importe qui. Mais si, au contraire, la police et la justice ne trouvent ni ne prouvent rien de répréhensible contre Julien Dray alors, tout ce battage médiatique, tout ce tapage journalistique, n'auront que discrédité encore un peu plus des institutions sur lesquelles la République peut de moins en moins s'appuyer. Et un homme aura été sali. Quant à la présomption d'innocence, il y a bien longtemps que cette exigence est passée par profits et pertes. L'affaire d'Outreau ne nous a rien appris.

Jean-Charles Marchiani. Le protégé de Charles Pasqua n'a pas attendu 107 ans pour faire sa demande de mise en liberté conditionnelle. Dès hier, son avocat l'a transmise au JAP (juge d'application des peines). La grâce accordée par Nicolas Sarkozy fait « causer » dans les chaumières. Martine Aubry, première secrétaire du PS, met en cause le président qui grâcie Jean-Charles Marchiani mais qui, par ailleurs, impose une justice toujours plus répressive, toujours plus réactive à l'opinion publique (un avocat célèbre en disait le plus grand mal…). Une justice et une police qui, aux ordres des politiques, mettent en garde à vue un journaliste poursuivi pour un délit de diffamation, inventent les peines plancher, la détention à vie pour cause psychiatrique (?) et font passer deux mois en détention (qui est encore en prison) à une jeune femme cataloguée « ultragauche » mise en cause dans l'affaire des sabotages de lignes SNCF-TGV sans qu'elle ait été interrogée UNE SEULE fois par un juge d'instruction. Nicolas Sarkozy devrait s'occuper sérieusement de ces dysfonctionnements au lieu de nous adresser une carte postale de de Rio.

Amish : En traitant Sophie Ozanne (LCR-NPA) d'Amish (une secte évangéliste américaine) le maire de Louviers a raté une belle occasion de se taire. La manière avec laquelle il a ensuite traité Claudine Dutheuil (PC) montre bien qu'il demeure ce qu'il est : méprisant, suffisant, anti-démocrate. Les deux conseillères municipales de l'opposition de gauche ne demandent aucun traitement de faveur, elles exigent simplement qu'on écoute ce qu'elles ont à dire, qu'on réponde à leurs questions sans acrimonie, sans fatuité, sans esprit malin. Les six premiers mois du nouveau bail du maire (41 % des suffrages) semblaient prometteurs. Finalement, il n'est courtois et complice qu'avec la droite d'Olivier Aubert. Est-ce si surprenant ?

Le stade d'athlétisme de Val-de-Reuil : En l'absence d'activités sportives, on pourra y tenir des concerts et des meetings. Marc Antoine Jamet a eu ce qu'il voulait. Et le président du conseil général s'est montré persuasif et intelligent. Souhaitons que les clubs, les fédérations sportives, les collégiens, les écoliers, hanteront cet équipement géré par la ville de Val-de-Reuil qui doit équilibrer ses comptes. Quant à Bernard Amsalem, il remercie M. Bernard Leroy de sa sollicitude mais il a déjà donné son nom au stade découvert (2). Si en plus, le stade couvert s'appelait Bernard Amsalem, ce serait faire preuve d'un manque d'imagination total. Une faute de goût, quoi.
(2) M. Leroy a osé assurer publiquement que si le stade couvert se construisait à Val-de-Reuil, c'est parce que le président de la FFA voulait laisser une trace dans le secteur (!)

— Thomas Jefferson 1802 : « je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d'abord par l'inflation, ensuite par la récession, jusqu'au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis ». Comme dirait ami Mon Reynald Harlaut, c'est ce qu'on appelle un visionnaire. Etonnant, non ?

24 décembre 2008

Clin d'œil à Vincent Peillon, donneur de leçons, pris à son propre piège

Vincent Peillon a été professeur agrégé et docteur en philosophie jusqu'en 1997. Il a même été député de la Somme. Lors de la publication récente du texte signé de Martine Aubry et présenté comme la ligne politique de la nouvelle majorité du Parti socialiste, M. Peillon, proche de Ségolène Royal, fondateur du NPS (Nouveau parti socialiste avec Arnaud Montebourg et Benoit Hamon) a fait des remarques désobligeantes sur les fautes d'orthographe contenues, notamment, dans la première page du texte et s'est plaint « de son vide intellectuel. »
Le lieutenant de l'ancienne candidate à la présidence de la République, interviewé dans « Aujourd'hui en France », ce jour, répond à une question du journaliste E.H. sur Julien Dray et déclare : « Certes, les faits rapportés sont délictueux s'ils s'avèrent vrais. » M. Peillon, agrégé, devrait savoir que le verbe pronominal s'avérer « tend des pièges que d'aucuns n'évitent pas toujours » (cf. le Larousse des difficultés) il est cocasse de parler d'un fait qui « s'avère vrai » puisque le verbe avérer a justement le sens « d'apparaître comme vrai. » Il est donc préférable d'éviter autant qu'on peut l'usage de ce verbe « dont on abuse et mésuse » (R. Georgin, Pour un meilleur Français). Tôt ou tard, les donneurs de leçons sont pris à leur propre piège.

Laurent Fabius étend la gestion publique de l'eau dans l'agglomération de Rouen

Dans un entretien diffusé par France 3 Haute-Normandie, Laurent Fabius, président de l'agglomération de Rouen, annonce qu'il va étendre la gestion publique de l'eau dans l'agglomération de Rouen qu'il préside. Cette gestion qui concernait cinq communes et 140 000 habitants intéressera 28 communes peuplées de 291 000 habitants, soit 71 % de la population totale de l'agglomération. « Ce choix de travailler en régie directe, a affirmé Laurent Fabius, s'accompagnera d'un contrat d'objectifs et de moyens entre la communauté et la régie visant à l'efficacité du service, sa qualité et son coût. » Ce changement s'opérera après l'expiration au 1er janvier 2010 de plusieurs contrats avec des délégataires privés dont le principal est Véolia notamment dans plusieurs grandes communes de la banlieue sud de Rouen comme Saint-Etienne-du-Rouvray et Sotteville-Lès-Rouen. Les 55 salariés qui dépendaient du secteur privé de l'eau auraont la faculté de rejoindre la régie directe de la communauté.

Cette attitude est à comparer avec celle du président de l'agglomération Seine-Eure qui ne veut pas même pas engager une étude (et pourtant, des études, ce n'est pas ce qui manque à la CASE) afin de déterminer dans quelles conditions techniques, juridiques et financières, l'agglomération Seine-Eure pourrait reprendre le service «eau et assainissement» en régie directe.
Je sais bien que le terme des conventions avec Véolia n'est pas pour demain mais d'autres communautés et communes ont anticipé la fin de leur collaboration avec les sociétés privées. Aujourd'hui, elles s'en félicitent. Et les usagers aussi.

Laurent Fabius a également évoqué son désir de voir l'agglomération devenir une communauté urbaine (soit plus de 500 000 habitants) mais devant la réticence — pour ne pas dire le refus — de certains élus (tel Franck Martin, président de l'agglomération Seine-Eure) l'ancien Premier ministre a décidé d'avancer lentement. Quant à la fusion des deux Normandie, il n'est pas contre mais « à condition de ne pas transformer deux régions de gauche en une région de droite. » Sur le mode de scrutin envisagé par certains pour désigner les nouveaux conseillers territoriaux (qui remplaceraient conseillers généraux et conseillers régionaux actuels) il a, dores et déjà, précisé qu'il n'était pas question d'accepter « d'élire les conseillers des villes à la proportionnelle et ceux des campagnes au scrutin majoritaire. » En procédant ainsi, on est à peu près certain que la droite emporterait une immense majorité de départements et par conséquent de régions.
« Cette manœuvre politicarde » selon les mots de Laurent Fabius pourrait-elle être retoquée par le Conseil constitutionnel ? Il faut déjà se préparer à un combat pour le respect de la démocratie et pour l'égalité devant le suffrage.

(Source France 3 Haute-Normandie)

«SOS racisme» pas concerné par l'enquête en cours

Déclaration du Bureau National de SOS Racisme :
« Depuis vendredi dernier, une avalanche médiatique a gravement sali l'image et la réputation de SOS Racisme. Cette réalité est d'autant plus désagréable que ni SOS Racisme ni un quelconque de ses dirigeants ne se trouvent concernés par l'enquête préliminaire en cours.
Face aux amalgames entretenus par la présentation médiatique des faits, SOS Racisme tient à rappeler quelques vérités : Premièrement, les comptes de SOS Racisme sont d'une transparence absolue. En effet, l'association, malgré un budget limité, est sans doute l'une des plus regardées par des contrôles extérieurs. Ainsi, SOS Racisme est sujette, du fait qu'elle perçoit des fonds publics, à des contrôles de la Cour des Comptes, dont le dernier remonte à 2003. En outre, SOS Racisme est tenue de disposer de comptes certifiés par un commissaire aux comptes après établissement de sa comptabilité par un cabinet d'expertise comptable. Enfin, SOS Racisme, depuis plus de 5 ans, est directement et régulièrement contrôlée par un contrôleur d'Etat détaché du Ministère des Finances.
Deuxièmement, au regard des amalgames visant à insinuer le doute, nous sommes tenus d'affirmer avec sérénité et fermeté que pas un centime d'euro reçu par l'association n'a été utilisé à des fins autres que la réalisation des actions antiracistes.
Les conclusions et les assimilations rapides de ces derniers jours sont d'autant plus révoltantes que la réalité de l'engagement antiraciste, ce sont des générations de jeunes militants qui, bien loin de s'enrichir dans leur combat, donnent de leur temps, de leur énergie mais aussi de leur argent en étant convaincus qu'il est utile de passer une partie de sa jeunesse à faire progresser le vivre ensemble dans notre pays.
SOS Racisme ose espérer que, dans les jours qui viennent, les médias rétabliront ces vérités en faisant preuve d'une rigueur qui n'a manifestement pas été la règle jusqu'à cet instant. »

23 décembre 2008

M. Marchiani partiellement grâcié, Julien Coupat et son amie restent en prison !

Le président de la République a accordé une grâce partielle équivalant à 6 mois de remise de peine à l'ex-préfet du Var Jean-Charles Marchiani, condamné à 3 ans de prison dans des affaires politico-financières et détenu à La Prison de la Santé à Paris. Il peut désormais demander une libération conditionnelle.
Le décret présidentiel a été notifié mardi au parquet de Paris. Jean-Charles Marchiani, 65 ans, a été condamné, dans deux affaires de commissions occultes, à trois et un an d'emprisonnement ferme. Les deux peines, confondues, sont devenues définitives après le rejet de ses pourvois en Cassation le 19 mars dernier.
Il faut se réjouir quand un détenu sort de prison ou a les moyens juridiques d'en sortir. Mais M. Marchiani n'est pas n'importe qui. Il a été plusieurs fois chargé de mission de Charles Pasqua lorsque celui-ci était ministre et a concouru à la libération des otages au Liban. Jean-Paul Kauffman lui voue d'ailleurs une admiration que rien ni personne ne pourra altérer. Et on peut le comprendre compte tenu de ce qu'un otage aux mains du Hezbollah vit et endure. Toujours est-il que M. Marchiani a été préfet du Var puis préfet hors cadre (sans affectation) avant de faire valoir ses droits à la retraite cette année.
Que le président Sarkozy gracie partiellement M. Marchiani, c'est le résultat du copinage de la bande de Neuilly. Ce dernier devra tout de même répondre de son implication dans l'affaire dite Angolagate. Mais que Julien Coupat et son amie soient toujours détenus dans l'affaire des sabotages perpétrés sur les lignes SNCF-TGV alors qu'aucune charge prouvée matériellement ne pèse sur eux (à la connaissance du public en tout cas) c'est scandaleux. Il serait bien que le fléau de la balance soit équitable. Si l'enquête n'avance pas, ces deux personnes doivent être remises en liberté rapidement.

Quelle société a obtenu le marché transport de la communauté d'agglomération Seine-Eure ?

Voyager c'est recommandé. Tout ce qui concourt à développer les transports collectifs va dans le bon sens. En bus, à vélo, en train…
Au mois de juin 2008, les services techniques de la communauté d'agglomération ont publié sur Internet (et dans les journaux idoines) un appel d'offres européen relatif aux transports urbains. Jusqu'à maintenant, la société Kéolis en était chargée, mais on sait que ces marchés sont fort intéressants et lucratifs et que la concurrence existe ou en tout cas devrait exister.
On peut imaginer que plusieurs sociétés de transport ont répondu à cet appel d'offres dont nous aimerions connaître (s'il n'est déjà public ?) le montant total. Les citoyens des vingt-neuf communes de l'agglomération savent que le spécialiste des transports est M. Bruno Canivet qui a, disons-le, carte blanche pour cette compétence dont s'est dotée la CASE. Cela n'empêche pas que la transparence — tant mise en avant — par le président de la CASE doit jouer à plein dans tous les domaines même dans ceux qu'il ne maîtrise pas directement. Rappelons également que ces services sont financés par le 1% transport sur les salaires des entreprises (de plus de neuf salariés) situées sur le territoire de la CASE.

Que précisait l'appel d'offres ?
Quantité ou étendue globale: Caractéristiques du réseau actuel : Population: 61 000 habitants. Territoire desservi: les communes de la CASE. Réseau: 9 lignes régulières, Génération Bus transport principalement scolaire et transport à la demande Offre commerciale: 930 000 kilomètres pour le transport urbain, 240 000 kilomètres pour le transport scolaire non urbain, 100 000 kilomètres pour le transport scolaire urbain (le TAD est sous traité à des taxis). Nombre de voyages : 970 000 pour le transport urbain. Nombre de voyageurs: transport scolaire non urbain 520 enfants, transport scolaire urbain 250 enfants. Nombre de véhicules: 21 pour le transport scolaire urbain et le transport urbain; 14 pour le transport scolaire non urbain.
Durée du marché en mois: 60 (à compter de la date d’attribution du contrat).

LOT N° 1 : Transport urbain et transport à la demande.
LOT N° 2 : Transport scolaire périurbain.

À l’heure où nous écrivons ces lignes on peut supposer que la commission d'appels d'offres de la CASE s'est réunie et que son choix s'est porté sur une entreprise. Je demande donc (et les citoyens intéressés avec moi) à connaître publiquement le nombre d'entreprises qui ont répondu à l'appel d'offres, quelles ont été leurs offres et quelle entreprise a finalement été choisie et sur quels critères ? Voilà une bonne occasion pour l'agglomération de faire œuvre pédagogique sur les choix qui la guident et sur la façon dont elle engage ses finances.


22 décembre 2008

L'UMP a perdu 90 000 adhérents en 2008

L'année des présidentielles avait été faste pour l'UMP comme elle l'avait été pour le Parti socialiste. L'adhésion à 20 euros avait attiré de nombreux supporteurs qui ont voté pour Ségolène Royal lors du vote interne mais la crainte était que ces nouveaux adhérents, en cas d'échec de leur favorite, rendent leur carte très rapidement. En quelques mois, le PS a perdu des dizaines de milliers d'ahérents qui se comptent à 170 000 aujourd'hui à jour de cotisation.
A l'UMP, l'année 2008 a été brutale pour le trésorier. 90 000 adhérents ont, en effet, fait le choix de ne pas renouveler leur adhésion. C'est, du moins, le chiffre communiqué aujourd'hui par Dominique Paillé. Et pourtant, Nicolas Sarkozy est toujours président de la République. Un phénomène qui a joué : la déception. Nombre de Français avaient rejoint Nicolas Sarkozy par passion, j'allais dire par émotion. Les discours rédigés par l'habile M. Guaino ont eu une portée considérable. Ce fut un coup à droite avec l'héritage de mai 68 «à rayer de l'histoire», un coup à gauche avec Jaurès et Blum, un coup à l'extrême droite avec le ministère de l'Identité nationale, un coup au centre avec le ralliement d'Hervé Morin…La personnalité bling bling du président, la nuit au Fouquet's, la croisière sur le yacht de Bolloré, le « casse toi pauv'con » ont affecté durablement son image chez nombre de conservateurs attachés à une certaine tenue. Pour eux, Nicolas Sarkozy manque de classe, il n'est pas des leurs.
Croyant adhérer à un parti gaulliste mu par un idéal, d'autres se sont rendus compte que l'UMP n'était qu'une machine au service d'un homme avide d'hyperprésidence. D'autres, encore, ont fait les comptes : la dette de la France grossit à chaque seconde qui passe, le chômage est reparti à la hausse, le pouvoir d'achat n'augmente pas et la crise sociale est là, à notre porte.
Pour toutes ces raisons 90 000 Français n'ont pas repris leur carte à l'UMP. Quant aux socialistes, ils ont de gros efforts à faire pour convaincre les Français de les rejoindre. Martine Aubry vient à peine d'être élue première secrétaire. Laissons lui le temps de prendre ses marques, de définir une stratégie, d'affiner son discours. Après une décennie d'unanimisme de façade, le PS s'est doté d'une majorité et d'une minorité. Les élections européennes, toujours délicates pour les grands partis, vont contraindre le PS à adopter une ligne claire et crédible sur un sujet qui l'a déchiré. Même s'il perd des voix et des sièges, il doit en sortir raffermi.

Il y a eu tromperie sur la marchandise. Baylet-Martin lorgnent le centre-droit

Pendant la campagne des municipales, Franck Martin a tourné le dos à la gauche. (photo JCH)
Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche, a depuis longtemps, envie de changer d'alliés. Dans une interview donnée au «Journal du Dimanche», il affirme qu'il envisage sérieusement de faire liste commune avec le MODEM de François Bayrou aux prochaines élections européennes. Il justifie ce choix en regrettant que le Parti socialiste n'ait pas été unanime sur le projet de traité constitutionnel. Cette déclaration est, peut-être, destinée à faire pression sur son allié traditionnel pour l'obliger à accepter certaines conditions posées par M. Baylet. Il peut aussi s'agir d'une vraie volonté de constituer un nouveau pôle centriste rassemblant radicaux de gauche et de droite (un mouvement se dessine en ce sens au Sénat) et le MODEM que M. Baylet situe dans l'opposition à Nicolas Sarkozy.
A Louviers, le rassemblement des radicaux de gauche et des centristes du MODEM a eu lieu, de fait, aux élections municipales. La gauche (PS-PC-sans parti) et le NPA (anciennement à Gauche Vraiment) ont totalisé près de 28 % des suffrages au second tour, la droite a rassemblé moins de 32 % des voix, la liste de Franck Martin a atteint près de 41 % des voix restantes. De mémoire de Lovérien, jamais la gauche, stricto sensu, n'a atteint 28 plus 40 soit 68 % des suffrages exprimés ! Il est évident que des centristes de droite ont choisi Franck Martin sur la base de ses réalisations, sans doute, mais aussi en fonction de son positionnement politique au centre. Il n'est qu'à analyser le vote, bureau par bureau. D'ailleurs, le maire de Louviers, candidat aux législatives, ne s'est pas caché de cette option : s'ouvrir au MODEM de Bayrou.
Les déclarations de M. Baylet, les actes de Franck Martin, président départemental du PRG, montrent bien que nous avons eu raison de ne pas nous embarquer à nouveau avec lui et ses amis. En choisissant Martine Aubry, les socialistes ont fait le choix d'une ligne politique claire, à gauche, en opposition frontale à Sarkozy et en refusant tout accord politique avec François Bayrou. Si des électeurs de ce dernier veulent s'opposer à la politique de régression sociale et soutenir une alternative crédible dans la durée et solide dans ses choix, ils peuvent évidemment voter socialiste sans souci. Ils seront les bienvenus. Si nous étions restés dans la majorité du maire, la section locale du PS aurait dû faire preuve d'une solidarité confinant à la schizophrénie.
Ceux et celles qui n'avaient pas compris notre démarche vont (ne les brusquons pas) devoir admettre que nos craintes étaient fondées. Qu'en votant Martin, en croyant voter à gauche, il y a eu tromperie sur la marchandise.

Les courts de squash du Kolysé sont obsolètes et dangereux

Le plâtre se décolle des murs, principalement du mur central ce qui fausse le jeu parfois avec des faux rebonds. Une fuite d'eau le long d'un mur rend un des coins de la salle humide et le parquet devient dangereux car inégal selon les endroits. La poussière dans les coins n'est pas «faite» toutes les semaines.
Je ne suis pas souvent d'accord avec Franck Martin mais il y a un point sur lequel je le rejoins : en construisant le Kolysé (ex-Drugsport) là où il a été construit, en créant une patinoire au coût de fonctionnement exorbitant, en choisissant le type d'architecture retenu et le mode de financement, Odile Proust, ancien maire, et Alain Lantenois, son adjoint aux finances, ont fait les mauvais choix. La ville de Louviers a englouti des sommes gigantesques qui, comparativement aux services rendus, ne sont pas justifiées.
Le maire actuel a trouvé, dès 1995, une situation dont il n'était pas responsable. L'équipement la situation sportive étant ce qu'ils étaient, il y avait deux choix possible : stopper tout ou continuer avec la conscience d'aller au devant de maints ennuis. C'est ce dernier choix qui a été fait puisqu'il semblait impossible, alors, de faire table rase. Ces ennuis, ils sont arrivés plus vite que prévu avec une charpente menaçant la sécurité, une salle de body-building inadaptée, des courts de tennis en terre battue en dégradation constante. Et un déficit annuel toujours plus lourd.
Si j'évoque la situation du Kolysé — il semble que l'accrobranche marche bien et que le shooting (1) va faire des adeptes — c'est pour signaler le danger des courts de squash. Lors de la dernière séance de conseil municipal, le maire a noté que ces courts devenaient obsolètes. Ils sont, malgré leur vilain état, toujours accessibles aux joueurs. Une question se pose : est-il possible de les rénover ? Sinon, faudra-t-il construire de nouveaux courts ? Je connais des joueurs qui ne souhaitent pas aller pratiquer leur sport favori à Evreux ou Val-de-Reuil où des courts neufs ont été mis en service il y a quelques mois. Il parait normal que les Lovériens et les habitants alentour puissent jouer au squash dans notre ville.
Le constat est toujours le même. A quoi bon de nouveaux équipements si la SEM et la ville de Louviers ne sont pas capables d'assurer l'entretien normal des installations existantes. Mais cela aussi c'est un choix politique.
(1) Le shooting est une nouvelle activité dont la direction du Kolysé attend beaucoup. Je ne saurais pas vous expliquer de quoi il s'agit. Je promets de l'expérimenter bientôt.

21 décembre 2008

« Sornettes, balivernes et autres coquecigrues » par Michel Doucet

Michel Doucet, conseiller municipal (PS) m'adresse ce texte qui répond à une agression du maire de Louviers sur l'un de ses vecteurs de communication :

«Il faut dire que le maire de Louviers s’y connaît en matière de sornettes c'est-à-dire «d’affirmations qui ne reposent sur rien» ! En son temps (en campagne municipale) nous avions déjà dénoncé les sornettes dont le maire sortant avait inondé les électeurs dans sa propagande électorale. Nombre de projets étaient impossibles à réaliser eu égard à l’état des finances de la ville qui réclamait rigueur en termes de train de vie municipale et modération en termes d’investissement.

Or, déjà, le budget 2008, en ne retenant aucune des propositions nouvelles de son programme, apportait une première démonstration du caractère de sornettes des promesses du maire.
Et ce qu’on peut supputer du budget 2009 au travers des crédits de paiement 2009 (c’est-à-dire les sommes à inscrire en 2009 pour respecter l’étalement des dépenses prévues sur les «autorisations de programmes») montre qu’il en sera de même !

Bien sûr on nous dit qu’il ne s’agit là que d’engagements qui peuvent toujours être révisés, c'est-à-dire d’engagements qui n’engagent pas ou qui n’engagent que ceux qui les écoutent !
On nous dit que les 150 000 euros de voirie ne sont pas pour la voirie (sic !) mais on ne trouve de vrais crédits de voirie nulle part ailleurs. Alors où en est la promesse de réaliser le «plan Marshall» des voiries chiffré à 18 millions d’euros (soit 3 millions par an dont 1 million à la charge de la ville) ? Sornettes et billevesées !
On nous dit qu’on engagera 865 000 euros pour les études de la rénovation de l’école Jules Ferry et le solde soit près de 7 millions, après 2010 ! Sornettes et balivernes !
On nous avoue qu’aucun crédit ne sera dépensé pour l’école de musique sur l’exercice 2008, mais on n’annule pas la subvention de 750 000 euros portée au budget 2008 pour cet équipement ! Ils manqueront au compte administratif 2008 ! Sornettes et contes (comptes !) en l’air.

On nous fait voter pour 594 500 euros de cessions de bâtiments municipaux ? Très bien mais il ne s’agit que d’opérations se substituant à des annulations de promesses antérieures, déjà actées dans les comptes de la ville et qui ne peuvent donc être imputées sur les 2 094 000 euros inscrits au budget 2008 sur lesquels on ne peut donc retenir que les 900 000 euros de vente de l’ilot Renault à la CASE. Il manquera donc 1 194 000 euros au compte administratif 2008. ? Sornettes et calembredaines !

Alors non ! Nous ne sommes pas des serpents à sornettes mais bel et bien des « chasseurs de sornettes». Et ce qui nous réjouit par avance ce n’est évidemment pas l’état des finances de la ville mais que le compte administratif 2008 révèle l’étendue de la duplicité du maire, l’insincérité de son budget 2008, en un mot qu’avec le vote de ce budget, comme dans sa propagande électorale, il nous ait abreuvé de «sornettes» ou autres «coquecigrues»
Et, c’est bien là le rôle de l’opposition que de dénoncer ce type de comportement !
Michel Doucet

Il faut encourager Denis Robert, harcelé par Clearstream

Un ami lovérien du groupe ATTAC m'a adressé un courrier (paragraphe 2) de Bernard Bouzon, un ami de Denis Robert, l'écrivain-journaliste mis en examen dans l'affaire des listings Clearstream. Cette société le harcèle juridiquement. J'ai demandé à Bernard Bouzon l'autorisation de publier le texte d'encouragement qu'il a adressé à Denis Robert, voilà ce qu'il me répond :
« Cela fait longtemps que je suis en relation avec Denis qui m'a appris beaucoup de choses en travaillant avec lui contre la délinquance financière. Il m'a envoyé ce mail (voir ci-dessous) ainsi qu'à plusieurs de ses amis pour exprimer sa lassitude de ne jamais voir évoquée la solution à tous ces problèmes de délinquance financière qui, utilisant les circuits bancaires, laissent forcément des traces de leur passage dans les chambres de compensation internationales.
Je lui ai répondu par amitié pour lui montrer que nous comprenions son écœurement devant l'hypocrisie de ceux qui ne veulent surtout pas entendre ses incitations à allez voir l'information où elle est, et celle de ceux qui continuent à le persécuter par d'injustes actions judiciaires ....
Cet échange de mail n'est pas secret. C'est simplement un témoignage d'amitié qui peut être diffusé surtout s'il permettait à l'opinion publique de mieux comprendre ce que l'on veut lui cacher et de constater que l'amitié cela existe encore.

Les vœux adressés à Denis Robert
« Quel dommage que nos responsables politiques de tous bords se refusent à comprendre la portée de tes explications sur le fonctionnement des chambres de compensation ? « Les Notaires du nouveau monde » comme le déclarait lui-même un de leurs anciens présidents. Et oui. Tout est tracé, il est possible de retrouver le N° de compte d’un prédateur, de ses victimes et même, ce qui est encore plus intéressant, les repères dans lesquels il a caché l’argent détourné.
On va une fois de plus faire de grands articles pour nous expliquer qu’il y a une crise économique et qu’il faudra accepter du chômage, alors que cet argent aurait du rester dans une économie normale au service de ceux qui vivent de leur travail. On va nous dire que c’est la faute des paradis fiscaux en oubliant de nous expliquer que ce sont les responsables politiques de nos différents états qui définissent et cautionnent l’absence de contrôle sur ces mouvements financiers pirates. Entre combattre les outils de la délinquance financière ou les utiliser pour être « compétitifs », ils se laissent intoxiquer par une logique strictement économique sans repère éthique. C’est l’époque des vœux, certains rêves se réalisent. Qui sait ? Nous finirons peut-être par être contagieux . Merci Denis pour tout ce que tu nous a fait comprendre, reposes toi un peu et bonne année.
Bernard Bouzon

20 décembre 2008

Pas de pitié pour les grands hommes : Anatole France et Jules Ferry mis à pied

Tout le monde peut se tromper, beaucoup, un peu, à la folie. Quand Franck Martin, par exemple, assure que les fonds de concours de la CASE versés aux communes sont des dépenses de fonctionnement, il se trompe puisque ce sont des dépenses d'investissement. Quand il affirme péremptoirement (il l'aurait lu dans Le Monde ?) que Marc-Antoine Jamet est le président d'une « association des voiliers de luxe » qui n'existe pas, il se trompe aussi. Parfois, il est de bonne foi, parfois, il ne l'est pas, surtout quand il fantasme sur son collègue de Val-de-Reuil.
Quand j'ai écrit que « les directeurs d'écoles de la ville avaient reçu une note leur indiquant que le bus pour la piscine était supprimé à partir de la rentrée », cette information était inexacte. Mais en partie seulement puisque les élèves des écoles élémentaires Jules Ferry et Anatole France sont bien visés par la note du maire. La directrice de l'école Saint-Exupéry et les enfants de cet établissement devaient faire partie du lot mais le maire s'est ravisé. On m'a parlé aussi des enfants de Notre-Dame, mais je suis prudent car je ne voudrais pas subir une excommunication.
Les raisons avancées par le président de la CASE pour mettre les élèves à pied sont financières. La compagnie de transport devant faire face à des dépenses de carburant plus élevées que celles prévues, il a été décidé que de janvier à avril, certains enfants, plus proches du bassin aquatique, devraient bouger leurs jambes. Le directeur de l'école Anatole France a refusé la proposition du maire. On lui décernera la palme du service public. Pas à celui de l'école Jules Ferry, plus proche de la piscine Plein soleil et qui a donc quelques excuses pour avoir accepté de traverser la Place du Champ de ville et de monter la rue de Beaulieu. Attention aux rhumes, il faudra sêcher les cheveux des enfants avant de revenir à bon port.
Je remercie mon informateur. Si j'ai généralisé, c'est parce que je ne l'ai pas assez écouté ou peut-être l'ai-je mal entendu ? La pile de mon Phonak devait être usée. A bon entendeur…salut !

Budget de l'agglomération Seine-Eure : «les nuages s'amoncellent, des orages vont éclater»

Patrice Yung est le technicien, Franck Martin, le politicien et Marc-Antoine Jamet…le mandarin. (photo JCH)
Revenons sur la situation financière de la Communauté d'agglomération Seine-Eure. Deux raisons plaident pour un avenir difficile : primo, la dotation de l'Etat n'est plus calculée sur le montant «plancher» de l'inflation mais sur le montant«plafond» de la-dite inflation estimée, selon M.Yung, à 1,5 %. Et encore, n'est-il pas sûr que l'Etat verse sa DGF (Dotation globale de fonctionnement) à ce taux. Secundo, on entre dans une période économiquement délicate avec toutes les conséquences sur la vie des entreprises et donc de l'emploi. Franck Martin n'a pas caché que les modifications politico-administratives étudiées par le gouvernement (et la Commission Balladur) risquaient de peser sur les compétences de la CASE : «L'avenir est inquiétant, a-t-il déclaré, de lourds nuages s'amoncellent et des orages ne manqueront pas d'éclater.»
Bernard Leroy souhaite «que l'attribution de la dotation de solidarité et les fonds de concours (1) versés par la CASE soient gravés dans le marbre pour les six ans à venir.» S'il reconnait que les communes (dont Louviers) en ont besoin cette année pour boucler leur budget, le président craint «une addiction. On ne peut pas mettre les communes sous perfusion permanente.» D'autant plus que la taxe professionnelle (recette de base de la CASE) va être modifiée, que la commission Balladur va déterminer les compétences de telle ou telle collectivité : « la CASE ne pourra plus venir au secours des budgets. Chaque maire se trouvera placé devant ses responsabilités, notamment financières. Je ne m'engagerai donc pas à graver dans le marbre ce que demande Bernard Leroy.»
Ce dernier avait également exigé qu'on limite au maximum les frais de fonctionnement «par des astuces», une recherche d'économies ligne par ligne budgétaire, qu'on cesse d'embaucher du personnel et qu'on ne remplace pas les agents appelés à quitter l'agglomération. Franck Martin a répondu : « nous avons élargi nos compétences et nos besoins : voirie, crèche, policiers ruraux, gardiens de décheteries, agenda 21, milieux naturels, droit des sols, SCOT…dites moi qui est en trop ? » Il propose même de mutualiser certaines dépenses des communes. Exemple : le contrat des photocopieurs.
Le débat d'orientation budgétaire prévoit une dépense de 5,9 millions d'euros en investissement en 2009 que M. Leroy voudrait voir porter à 8 effectivement réalisés. Il aimerait que les frais d'études «à 30 000 euros l'étude», les frais de brochures, de communication, les événements sponsorisés n'ayant rien à voir avec les compétences de l'agglo, soient supprimés ou diminués. Il conclut : « Je vous annonce une bonne nouvelle, oui, on peut le faire ».
Patrice Yung indique que la le taux de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères demeurera inchangé à 15,10 % et que celui de la taxe professionnelle fixé à 14,93 %…en 2013 sera en deça de ce taux encore cette année.
Si j'osais, je dirais que la CASE va être contrainte de diminuer la voilure. L'année 2010 amplifiera même les effets de la crise puisque la fermeture de certaines entreprises ou les licenciements affecteront les rentrées de taxe professionnelle. Nous en saurons plus sur les choix économiques et politiques lors du vote du budget primitif de l'agglomération dans quelques semaines.
(1) Ces fonds de concours sont des participations de la CASE à certains investissements engagés par les communes.

Quand José Alcala n'est pas José Alcala

Je viens à l'instant d'avoir une conversation téléphonique avec José Alcala, ancien journaliste de France 3 et surtout responsable du blog dont l'adresse figure dans ma blogoliste. Je ne suis pas toujours d'accord avec ce qu'il y écrit, je m'emporte parfois en lisant certains commentaires, mais je considère que son blog (comme le mien ?) est devenu une source d'information au jour le jour dont il est difficile de se passer.
Pourquoi tenait-il à me parler ? Tout simplement pour m'informer qu'un commentaire paru sur le blog de Franck Martin et me concernant (négativement bien sûr) n'était pas de lui bien que signé de José Alcala. Autrement dit, un anonyme courageux a usurpé l'identité de José Alcala pour déverser sa bile sans que cela n'affecte un seul instant le responsable du blog de Franck Martin. José Alcala, légitimement, cherchait à joindre le maire de Louviers, pour lui demander d'ôter, toutes affaires cessantes, ce texte signé Alcala qui n'était pas d'Alcala. Depuis José a adressé un VRAI commentaire signé de sa VRAIE plume pour exprimer sa pensée.
Je mets donc en garde les lecteurs du blog de Franck Martin qui peuvent y lire des commentaires dépourvus de toute origine fiable et identifiée. On connait, dans son entourage, des plumitifs pas forcément scrupuleux qui peuvent signer des commentaires de circonstance pour duper les lecteurs sincères. Sur mon blog, il m'arrive de publier des commentaires anonymes (tel celui concernant le Marité) mais ils apportent une information qui ne met pas en cause nommément les personnes.

19 décembre 2008

Ressortissants de l'Union européenne, inscrivez-vous sur les listes électorales

Le Parti socialiste appelle les ressortissants des pays de l’Union européenne résidant en France à s’inscrire sur les listes électorales pour pouvoir voter aux élections européennes du 9 juin 2009.
Pour cela ils doivent s’inscrire sur les listes électorales avant le 31 décembre 2008. Comment : se rendre dans la mairie de sa commune d’habitation et y remplir un formulaire d’inscription muni d’une pièce d’identité en cours de validité (passeport, CNI, carte de séjour) et d’un justificatif de domicile ou de paiement des impôts locaux.

Pas d'hallali pour la halle rolivaloise. La CASE paie son écot en faveur du Marité

Les élus ont voté majoritairement pour accorder un million d'euros au conseil général en faveur de la halle d'athlétisme régionale. (photo JCH)
La subvention de 44 500 euros en faveur du GIP « Marité » a été votée, jeudi soir, par 49 délégués de la communauté d'agglomération Seine-Eure. 22 se sont abstenus et un d'entre eux a voté contre. Rendons hommage à ce courageux anonyme puisqu'il nous a été impossible d'obtenir l'identité de l'auteur de cette main levée solitaire.
Le président de la CASE a chargé avec outrance la ville de Rouen et son maire qui ont quitté le navire. Il a expliqué que Paimpol (et ses paimpolaises…) Granville, Saint-Vaast-La Hougue, Le Havre, Saint-Pierre-et-Miquelon et d'autres villes, allaient rejoindre le groupement d'intérêt public (GIP) en charge du Marité, le grand voilier qui a coûté si cher à l'achat et réservé tant de mauvaises surprises et de vices cachés. En fait, il s'agissait d'une ruine. Une ruine patrimoniale, certes, mais une ruine tout de même.
Le président Mar(t)in souligne : « Le Marité est le survivant des voiliers terre-neuvas. Il est unique au monde. Il fait partie de notre patrimoine normand comme les mines appartiennent à celui du nord. » Et les nougats à Montélimar. Et d'expliquer qu'il faut solder les comptes, remettre les pendules du cadran à zéro, partir sur de nouvelles bases…et donc remettre de l'argent au pot commun.
Marc Antoine Jamet a bien expliqué qu'on peut aimer les bateaux sans être marin et admirer les églises sans être croyant. Le Marité, surtout dans le contexte actuel, peut-il être une priorité financière de la CASE, alors que l'objectif social d'origine n'a jamais été rempli lorsque le voilier « glissait encore sur les gouffres amers. » Quel rapport entre notre territoire et ce voilier fécampois : « Que les Fécampois et quelques élus portuaires veuillent sauver le Marité, pourquoi pas ? Je m'abstiendrai parce que projet est cher au cœur de notre président. » L'humour est une denrée rare, il faut donc en user avec parcimonie.

La halle d'athlétisme
L'agglomération, comme dirait Jean-Pierre Auger a majoritairement voté pour ce projet. « Nous devons aller jusqu'au bout de notre démarche et verser le million d'euros promis au conseil général maître d'œuvre. » Ce n'est pas l'avis de Pascal Labbé : « J'étais contre au départ. Je reste contre. » Ils seront une dizaine de cet avis au moment du vote. Parmi eux, les élus du Vaudreuil avec un Bernard Leroy très remonté : « C'est une insulte au développement durable ! On va chauffer au gaz un équipement qui servira 7 mois dans l'année (1). Je voterai contre car la facture est énorme ! » Heureusement, Janick Lesœur souligne que le conseil général de l'Eure, le conseil régional, plusieurs collèges, des écoles, des clubs sportifs régionaux importants sont très intéressés par cette salle pour y faire des stages longs, profiter des installations « qui ne seront pas réservées uniquement aux athlètes de haut niveau. » Un peu de fraicheur dans un monde brutal.

Quant aux parkings, Marc Antoine Jamet a conscience de la difficulté. Il a, en tout cas, reçu le message cinq sur cinq : l'agglomération ne bougera pas le petit doigt, directement ou indirectement. « C'est comme si on achetait une voiture sans les roues » commente un élu.
Franck Martin (qui a prévu d'organiser congrès et colloques au Kolysé de Louviers) ne veut pas de salle concurrente à proximité. Il a donc conditionné le vote du million d'euros à un engagement du président du conseil général qui lui écrit en substance : la halle d'athlétisme servira aux athlètes de haut niveau mais à titre dérogatoire et exceptionnel, on pourra y organiser d'autres manifestations que sportives. (lire l'original ci-dessous)
Marc Antoine Jamet n'en demandait pas plus. Le diplomate de carrière Destans, habile et rusé, a souplement répondu au président de la CASE et de la SEM (2) du Kolysé qui devra donc s'accommoder, à certaines époques de l'année, d'une salle rolivaloise pouvant accueillir 3000 personnes. Comme Sophie Ozanne, conseillère municipale de Louviers, pas si Amish (3) que cela puisqu'elle ne vient pas en roulotte aux séances du conseil, n'a pas reçu de réponse (lundi) à la question posée au maire sur l'étude de marché justifiant les choix de la SEM, on en conclut qu'il existe des clientèles différentes et que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Je reviendrai ultérieurement sur le débat d'orientation budgétaire et sur la demande réellement extravagante de Bernard Leroy « qui veut graver dans le marbre la dotation de solidarité aux communes et les fonds de concours » apportés par la CASE pendant les six ans à venir. Comme dirait Coluche : gonflé le mec !
(1) Un sportif, ça court, ça saute, ça transpire ! Et il faudrait chauffer la halle ? Non mais…
(2) La SEM est une société d'économie mixte. La ville de Louviers est majoritaire au capital. C'est elle qui oriente la gestion de l'équipement sportif et de loisirs.
(3) Les Amish sont une communauté chrétienne anabaptiste présente en Amérique du Nord, vivant de façon simple et à l'écart de la société moderne. Franck Martin a dit de Sophie Ozanne qu'elle était «vieille» et Amish. Seigneur, il ne sait pas ce qu'il dit.

La lettre de Jean Louis Destans à Franck Martin :
« Monsieur le Président, Vous avez bien voulu appeler mon attention sur le type d'activités qui seront offertes par le futur stade d'athlétisme de Val-de-Reuil. J'ai l'honneur de vous confirmer que cet équipement est dédié à des activités sportives conformément au permis de construire déposé et à son classement en type X, 2ème catégorie par la commission de sécurité.
La commission de la Fédération Française d'athlétisme l'a homologué en tant que stade d'athlétisme couvert pouvant recevoir 499 athlètes et 1 000 spectateurs. Je précise que le Département reste propriétaire et de ce fait, garant de l’utilisation qui en sera faite par l’exploitant.
A titre occasionnel et pour en améliorer la rentabilité, le bâtiment pourra être utilisé pour l'accueil de manifestations non sportives, en particulier pour l'organisation de spectacles ou de meetings. Cette possibilité ne pourra s'envisager que dans un cadre dérogatoire et supposera, outre l'accord de la commission de sécurité, la mise en place de mesures spécifiques tant sur le plan matériel qu'en termes de moyens humains supplémentaires. En tout état de cause, le Département veillera à ce que cette nouvelle structure ne s’inscrive pas en position concurrentielle par rapport aux équipements du secteur concerné. »

Le maire supprime le transport par bus des élèves fréquentant la piscine Plein soleil

A Louviers, les enfants des écoles ont l'habitude de marcher. Ils iront à pied à la piscine comme ils sont allés à pied à la médiathèque faute de chauffage dans leur école. Tout va très bien madame…(phot JCH)
La marche est encore le meilleur des exercices. Fort de cet adage, le maire de Louviers vient d'adresser une note de service aux directeurs(trices) des établissements scolaires de la ville pour leur faire savoir qu'à compter de la rentrée de janvier, les élèves fréquentant la piscine plein soleil devraient, dorénavant, s'y rendre à pied.
Le transport par bus organisé, jusqu'à maintenant, à l'intention des enfants est, jusqu'à nouvel ordre, supprimé. Aux enseignants et parents qui l'interrogeaient sur la remise en cause d'un système essentiel à la réussite de l'apprentissage de la natation, le maire aurait répondu que s'il faisait trop froid cet hiver pour déambuler dans les rues de Louviers, ils n'auraient qu'à attendre le printemps non sans ajouter avec malice que marcher permet d'avoir chaud.
Voilà donc cette municipalité — dite de gauche — prise en flagrant délit de mauvais coup à l'égard des enfants lovériens. Il est bien évident que les élèves de l'école des Acacias, par exemple, auront le plus grand mal à trouver le temps nécessaire pour se rendre à l'autre bout de la ville puisque la piscine se situe en bordure de l'avenue du Maréchal Leclerc. Attendre le printemps, c'est remettre en cause le planning établi en début d'année et, in fine, priver les enfants de natation.
Je le dis comme je le pense : c'est zéro pointé pour cette municipalité ! Qui aurait pu penser que cette équipe majoritaire comprenant d'authentiques défenseurs de l'école publique en arriverait à de telles extrémités pour faire des économies de bouts de chandelles ? Qui aurait pu penser que des membres importants de la FCPE se tairaient devant un tel scandale ? Comment espérer amener les petits Lovériens à bord du Marité s'ils ne savent pas nager ? (Il est vrai qu'ils ont encore du temps devant eux)
Mais le match ne fait que commencer. Des enseignants, des parents vont se concerter, s'organiser pour amener M. Martin-Darcos à reculer et à annuler sa mesure. S'ils ne réagissaient pas qui le ferait ?

18 décembre 2008

Tous et toutes «victimes» de ce régime fichiste : nul n'est à l'abri

Il y a beaucoup d'a priori et d'idées toutes faites sur les prisons françaises. De nombreux habitants de notre pays considèrent que la situation des détenus (en préventive ou définitivement condamnés) est, sinon confortable, du moins très supportable. C'est évidemment un cliché qu'il convient de corriger. Le journal Le Monde s'est procuré deux heures trente d'enregistrement vidéo réalisé en caméra cachée dans une prison bien connue puisqu'il s'agit de celle de Fleury-Mérogis. Cet enregistrement clandestin, imaginé par des détenus qui ont pris des risques, montre la prison sous un jour inconnu des médias. Il est d'ailleurs fort possible que ces deux heures trente minutes de témoignages deviennent un documentaire alors visible par le grand public.
D'habitude, les directeurs de prison autorisent les tournages sous certaines conditions. Les détenus ne doivent pas être identifiables (on ne doit donc pas voir leur visage) et les responsables de la détention s'arrangent pour que les images soient prises « dans la prison sous son meilleur jour. » La vidéo diffusée par Le Monde est terrible : conditions d'hygiène déplorables (douches extérieures inutilisables, douches intérieures avec un mince filet d'eau) surpopulation dans les cellules, absence totale d'intimité, violences répétées, consommation de drogues, cuisine de fortune avec serpillière imbibée d'huile qu'on allume…pour couronner le tout une étude sérieuse montre que plus de 50 % des détenus sont considérés comme victimes de maladies mentales.
La vidéo visible sur le site du monde www.lemonde.fr n'est que le reflet de ce qui se passe dans de nombreux établissements. Cette situation a été abondamment critiquée par des observateurs européens indépendants effarés par ce qu'ils ont découvert dans ce beau pays de France. Amnesty International a attiré l'attention des autorités sur la situation de notre pays dont le classement européen est désastreux quand il s'agit de la détention.
Je sais quels arguments avancent ceux qui ne veulent pas que ça bouge : « s'ils sont en prison, ce n'est pas par hasard. Ils l'ont bien cherché. Ils n'ont que ce qu'ils méritent. » Ce type de discours est irrecevable car la peine de prison ne comprend ni l'humiliation, ni la promiscuité entre délinquants primaires et caïds mafieux, ni l'absence de soins dentaires ou médicaux, ni les viols ou les brutalités entre détenus. La prison c'est la privation de liberté et l'élaboration d'un projet de sortie. Les condamnés doivent être respectés dans la dignité de leur personne, ils doivent être nourris correctement (les travaux de l'esprit en font partie) soignés normalement, ils doivent pouvoir travailler s'ils le souhaitent et devraient être payés en conséquence et non minablement comme c'est le cas aujourd'hui.
Ce qu'il faut retenir de la vidéo du journal Le Monde : faites tout pour ne pas aller en prison. Par les temps qui courent, il ne fait pas bon être journaliste, manifestant, militant, opposant, tous fichés, tous victimes de ce régime fichiste. Attention aux excès de vitesse, à une parole plus haute que l'autre, la garde à vue-garde-aveu nous guette. Nul n'est à l'abri.

Une Marianne d'or pour la ville de Val-de-Reuil

Fadela Amara, secrétaire d'Etat à la Ville (en visite à Val-de-Reuil sur notre photo) a assuré hier lors de l'émission « c'est-à-dire sur la 5 que les crédits pour la rénovation urbaine ne seraient pas amputés contrairement à certaines déclarations récentes.
Chaque année, sur les 36 000 communes que compte notre pays, moins d’une trentaine reçoivent des mains d’Alain Trampogliéri, son créateur, la désormais incontournable « Marianne d’Or », distinction prisée des décideurs locaux.
Hier, 17 décembre 2008, pour son Opération de Renouvellement Urbain, la ville de Val-de-Reuil fait partie de la promotion 2008. Après avoir été souvent cité en exemple dans la presse professionnelle, comme le Moniteur qui, le 28 novembre dernier, vantait « la qualité architecturale de ses projets, aussi bien pour l’habitat que pour les espaces publics », ainsi que la presse généraliste, entre autres France Culture, Le Monde ou Les Echos. Val-de-Reuil a servi de modèle lors des séminaires ou des journées annuelles de l’ANRU (comme en 2007 au palais des congrès de Paris, à Boulogne-sur-mer en juillet dernier ou encore le 30 janvier prochain à la maison de la chimie). Cette ville sert également de cas pratique dans les écoles de commerce, de la rénovation urbaine ou d’architecture pour sa réussite, après avoir été visitée et analysée par tous les ministres de la Ville sans exception depuis dix ans. Il s'agit donc d'une nouvelle récompense pour l’ex « Ville nouvelle ».

Aux côtés du Président de l’Assemblée Nationale, Bernard Accoyer, de François Patriat, Président du Conseil Régional de la Bourgogne, de Jean-Louis Fousseret, Président de la communauté d’agglomération du Grand Besançon, récompensée au titre de la première ville verte de France ou de Patrick Ollier, député-maire de Rueil-Malmaison, saluée pour une Opération de déconstruction sélective, la ville de Val-de-Reuil fait partie des 25 lauréats de l’édition 2008 et a reçu le trophée au pavillon de l’Elysée.

Le jury a reconnu plusieurs aspects innovants ou originaux de l’action de la plus jeune commune de France. Val-de-Reuil, partie parmi les premières, dès 2000, fait partie (pour les spécialistes) de la dizaine d’ORU qui marchent et qui fonctionnent. La réussite d’une opération de 88 millions d’euros comprenant 91 programmes sur huit ans, dont la moitié a déjà été engagée en quatre ans, permettant la réhabilitation, la modernisation ou la résidentialisation de 1800 logements, la rénovation ou la création de 17 équipements publics, la création de 20 000 m² d’espaces verts, la rénovation de 39 000 m² de voirie, l’accueil de 500 logements neufs déjà construits, de 500 en chantier et de 500 autres en projet, constitue plutôt une exception dans le paysage urbain français.

L’intérêt que représente une ville qui se redessine, 33 ans après sa création, grâce aux efforts cohérents et coordonnés des équipes des partenaires (Etat, Département, Région) d’architectes (près de 100, des plus illustres aux plus jeunes, locaux ou internationaux, voisinent sur le site), urbanistes, paysagistes et ingénieurs, des bailleurs, des entreprises, ont su tenir compte de leur environnement pour qu’équipements, logements ou espaces publics se côtoient harmonieusement. Cette pluralité des compétences a permis un succès original.

Enfin, ce trophée confirme le bien fondé de la démarche de Val-de-Reuil qui, en visant les 20 000 habitants à l’horizon 2012, poursuit une action indispensable pour trouver sa taille naturelle. Cette Marianne d’Or est un encouragement supplémentaire et l’encourage à investir, toujours et encore, dans l’amélioration du cadre de vie de ses habitants par le renouvellement urbain.
(Texte communiqué par la mairie de Val-de-Reuil)

17 décembre 2008

Le rond-point…d'exclamation !

On vient de m'informer que le conseil d'agglomération de la CASE allait examiner, jeudi, le transfert de crédit suivant : les 44 500 euros prévus au budget pour l'aménagement complet du rond-point de l'avenue du Maréchal Leclerc à Louviers sont supprimés et affectés au groupement économique chargé de la rénovation du Marité (lire ci-dessous). Le président de la CASE a choisi d'amputer le financement d'un équipement lovérien pour ne pas se mettre à dos un maire d'une autre commune qui aurait pu juger inadéquat ce choix éminemment personnel du président mar(t)in.
Les élus du conseil de l'agglomération ne sont pas tous Lovériens et je suis sûr que certains d'entre eux ont le mal de mer. S'ils votent cette subvention de 44 500 euros en faveur du Marité, et compte tenu des besoins exprimés par ailleurs, les délégués des communes porteront une responsabilité qui non seulement ne les guérira pas du mal des transports maritimes mais risque en plus de leur faire mal au cœur. Sans tomber dans la démagogie, je propose à M. Madroux, marin lui aussi, et rapporteur des affaires financières, de conserver les 44 500 euros à la réalisation complète du rond-point lovérien. Chiche.

Le conseil communautaire se réunit jeudi soir : le Marité au creux de la vague

Les élus de la CASE ont la responsabilité du bon usage des impôts versés par les entreprises de notre agglomération. (photo JCH)
La communauté d'agglomération réunit le conseil communautaire jeudi soir 18 décembre à 20 h 30 au siège de la Fringale. L'ordre du jour comporte quelques sujets importants tels que le débat d'orientation budgétaire obligatoire avant le vote du budget primitif lui-même, la subvention d'un million d'euros de l'agglomération pour la construction de la halle d'athlétisme. Franck Martin, lors de la dernière réunion du conseil municipal de Louviers a conditionné le versement de cette subvention à l'engagement du conseil général de ne pas organiser de concerts, de colloques ou de séminaires pouvant faire concurrence à la salle de «congrès» prévue au Kolysé. Outre que le maire de Louviers n'a pas répondu à Sophie Ozanne, conseillère municipale, qui l'interrogeait sur l'étude de marché qui n'a pas dû manquer d'être effectuée pour définir les besoins et établir un budget prévisionnel (non rendus publics) on peut s'attendre à un beau débat en perspective. Peut-on comparer, en effet, le futur équipement de Louviers, ses capacités volumétriques et la taille de son parking avec une halle régionale dont l'exemple de Clermont-Ferrand montre qu'il s'agit d'une dimension tout autre. J'ai bien l'impression qu'il s'agit de deux équipements très différents l'un de l'autre, voire complémentaires. Sophie Ozanne a plaidé pour que les élus (Marc Antoine Jamet, maire de Val-de-Reuil, Franck Martin et Jean Louis Destans, président du conseil général) travaillent ensemble pour élaborer des solutions répondant, avant tout, aux besoins des populations.
Autre sujet récurrent, le Marité. La ville de Rouen et quelques autres ont décidé de ne plus verser un centime dans une opération de sauvetage qui ressemble à s'y méprendre à un puits perdu. La restauration du voilier, véritable coqueluche du maire de Louviers, est estimée à 2,5 millions d'euros, sans les surprises. Les temps sont durs et difficiles. Est-il judicieux, est-il tolérable qu'une collectivité comme la CASE consacre des milliers d'euros à ce navire échoué dans le bassin de radoub de Cherbourg ? Que le président de la CASE soit également le président du groupement économique dont l'objectif est de renflouer le Marité ne justifie pas que l'argent des entreprises de notre région abonde ce projet éloigné de nos réalités historiques et géographiques. Il y a mieux à faire.