26 mai 2008

Un vrai cauchemar…

Au Parti socialiste, qu'est-ce qu'on aime se faire mal ! Laurent Fabius a bien raison : le débat entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë sur le libéralisme est « surréaliste ». Pas à la mode d'André Breton, plutôt à la mode grotesque. Plus libéral que moi tu meurs ! Entendons-nous bien, pas le libéralisme économique : le libéralisme politique. Qui vient de loin, qui vient des lumières, qui est la démocratie vivante. Dit-on.

Les deux candidats (parmi d'autres) au poste de premier secrétaire du PS s'invectivent sur la définition du libéralisme au moment même où Sarkozy et Fillon baissent encore dans les sondages. On avait, parait-il, la droite la plus bête d'Europe ou du monde, aurait-on une gauche encore plus bête ? Est-il besoin de sacraliser un mot (libéralisme) qui, dans l'esprit de tous et des gens de gauche en particulier, sent le profit, la performance, le délit d'initié, les stocks options, la bourse qui monte et qui baisse, la spéculation, l'enrichissement personnel à tout va…

Parlons-en à Noël Forgeard, ancien président d'EADS qui vient d'être convoqué à la brigade financière de Paris dans le cadre de l'enquête sur les délits d'initiés qui auraient permis à M. Forgeard et à ses enfants d'empocher des sommes rondelettes en millions d'euros. Et M. Forgeard a été remercié par EADS après avoir signé une clause de non concurrence estimée à plus de huit millions d'euros ! Il est fort ce Forgeard ! Rien ne prouve d'ailleurs qu'il y ait délit d'initié. Ils ont réalisé leurs stocks options, par hasard, quelques temps avant l'annonce des retards du A 380. Le hasard fait bien les choses chez les riches. Non ?

Et on connait la suite des enquêtes pour éventuels délits d'initiés : classement sans suite, faute de procédure, non lieu, peine de principe… Et si on allait faire un tour dans les tribunaux correctionnels de France qui, chaque jour, jugent des délinquants pour trois francs six sous et qui, s'ils récidivent prennent de la prison ferme ! Rachida au secours ! C'est un conte de Noël… Forgeard ! C'est un cauchemar !

Revenons à nos camarades socialistes. Qu'ils continuent comme cela et il en sera plié de 2012 ! Finalement, Sarkozy a raison : il n'y a pas d'opposition. Heureusement, la presse est là pour nous narrer avec volupté les débats entre Bertrand et Ségolène, sans oublier les 17 députés socialistes (de tous les courants) qui ont annoncé qu'ils allaient voter en faveur de la réforme institutionnelle. De 17 aujourd'hui, parions qu'ils passeront à 28 puis à 33 puis Sarko aura les trois cinquièmes du congrès et il sera tout content.
Quant à Alain Marlaix, il concocte un redécoupage des circonscriptions pour tenir compte des nouveaux éléments démographiques. Formé à l'école de Charles Pasqua dont il a conservé la paire de ciseaux, on peut s'attendre à un projet qui tiendra compte, surtout, des intérêts de la majorité actuelle.

Camarades socialistes, nous allons bientôt voter pour ou contre la nouvelle déclaration de principes du PS. De révolutionnaire, on est passé à réformiste. Certains ont sauté des étapes et en sont déjà à libéral. Ségolène veut 700 000 adhérents au PS ? Qu'elle fasse attention, il pourrait n'en rester que 70 000… Et cela, ce serait un vrai cauchemar.

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