31 décembre 2009

Voitures brûlées : le député socialiste Urvoas n'obtient pas de réponses à ses questions

Le député socialiste Urvoas a passé son année 2009 à interroger le ministre de l'Intérieur sur un sujet précis. Combien de voitures ont été brûlées dans la nuit du 31 décembre 2008 au 1er janvier 2009 et lors de la fête nationale du 14 juillet ? Pour des raisons qu'on devine, le ministre Hortefeux a donné ordre à ses services de ne pas communiquer à la presse les statistiques répondant aux questions écrites ou orales du député socialiste. Il se trouve que M. Urvoas n'est pas journaliste, il est membre de l'Assemblée nationale et il incarne une partie de la nation. Il est absolument inadmissible que M. Hortefeux ne lui communique pas les chiffres détenus par son ministère.

Que craint-il ? En vérité c'est la seule question qui vaille. Après avoir vanté son action contre la délinquance, sermonné les policiers, promu la vidéosurveillance à tout bout de champ, il semble bien que le nombre de voitures brûlées ait sensiblement augmenté au cours de ces journées symboliques. Autrement dit, les coups de menton de M. Hortefeux et son discours sur la sécurité nationale ne pèsent pas lourd face aux réalités sociales et à l'absence de politique suivie dans les quartiers et les villes en difficulté. M. Hortefeux ne veut pas reconnaître publiquement l'échec de sa politique.

Pourquoi brûle-t-on les voitures ? Pour provoquer l'autorité et adresser un pied de nez à l'infortune. Je reconnais que ce n'est pas bien. Mais tant que la Droite considérera nombre de nos concitoyens uniquement comme des assistés ou des délinquants génétiques (comme dirait M. Sarkozy), tant qu'elle ne privilégiera que les mesures de répression (n'est-ce pas Mme Amara, bien seule dans son ministère au point qu'elle a pensé à démissionner) les voitures continueront de brûler même si cette réponse est affligeante et triste.

Normandie : Il ne suffit pas de dire « réunification ! » « réunification ! »

Légende : Laurent Fabius, président de l'agglomération de Rouen est incontestablement l'un des leaders de la Gauche normande.

Quand on évoquait devant lui la construction de l'Europe, Charles De Gaulle répondait : « Alors, il faut prendre les choses comme elles sont, car on ne fait pas de politique autrement que sur les réalités. Bien entendu on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant « l’Europe ! », « l’Europe ! », « l’Europe ! » mais cela n’aboutit à rien et cela ne signifie rien. Je répète: il faut prendre les choses comme elles sont. (…) ». Il en va de même avec la réunification de la Normandie Haute et Basse confondues. On ne fait pas de la politique autrement que sur les réalités. Quelles sont elles ?

Historiquement, la grande Normandie est un fait que personne ne peut contester. Avant la régionalisation qu'on connaît aujourd'hui et la création des deux régions Haute et Basse (à la demande des barons d'Ornano et Lecanuet) Caen, Rouen et le Havre assuraient le tryptique urbain et historique de cette région. Cette Normandie-là est fondée. Le comité régional du tourisme a tenu compte de ce fait puisqu'il est compétent sur les cinq départements normands.

Economiquement, même s'il existe des politiques communes entre la Haute et la Basse-Normandie, toutes les statistiques, tous les flux, les échanges démontrent que la Haute-Normandie est bien plus liée à la Picardie et à l'Île-de-France qu'à la Basse-Normandie. Economiquement, la réunification ne se justifie pas.

Politiquement, les deux régions sont aujourd'hui gérées par la Gauche. Mais la Haute-Normandie avec la Seine-Maritime, surtout, est bien plus à Gauche que la Basse-Normandie essentiellement rurale. En cas de réunification, et avec l'application de la nouvelle loi sur les territoires (élection de conseillers territoriaux sur la base de cantons redessinés et au scrutin uninominal) il ne fait aucun doute que cette région serait dominée par la Droite. Il est légitime que des responsables politiques s'interrogent avec lucidité sur les conséquences de leur choix qui engageront plusieurs générations. Politiquement, aujourd'hui, la Gauche (les politiques qu'elle incarne et la justice sociale qu'elle défend) n'a pas intérêt à la réunification.

Alors ? je sais bien que les centristes (de gauche comme de droite) plaident pour une Normandie unie que leurs pairs ont désunie. Ils y mettent d'ailleurs une ardeur suspecte. Guillaume Le conquérant et le 6 juin 1944 ne suffisent pas à étayer le retour à une région normande unique. La Droite est officiellement « réunificatrice » mais avec une prudence de sioux. Il n'est pas certain que les Bas-Normands soient près à donner les clés de leur royaume au seigneur Bruno Le Maire pas encore adoubé par le suffrage universel. D'ailleurs le gouvernement actuel dispose des moyens juridiques pour unir les deux régions normandes, pourquoi ne le fait-il pas ?

A Gauche, Alain Le Vern et Laurent Beauvais, les présidents socialistes des deux régions (Haute et Basse) font ce que demandait le général De Gaulle. Ils tiennent compte des réalités et du fait que le sujet de la réunification n'est pas du tout une priorité. Si elle le devenait, elle se transformerait surtout en un sujet de mécontentement. Je veux bien que de futurs candidats axent leur campagne sur la réunification de la Normandie. Ce ne sera qu'un cache-misère.

30 décembre 2009

La taxe carbone carbonisée par le Conseil constitutionnel

La déclaration d'inconstitutionnalité de la taxe carbone ne surprend pas les socialistes. Ce sont eux qui, précisément, ont déposé ce recours devant le Conseil constitutionnel. Le fait que les centrales thermiques, les transporteurs, les industriels polluants etc. étaient exonérés de cette taxe créait une injustice sociale flagrante. Les socialistes, les Verts et d'autres, avaient mis en avant cette anomalie relevée par le Conseil et sanctionnée comme telle. Une fois de plus, Nicolas Sarkozy et son gouvernement ont voulu préserver les intérêts de leurs amis et défendre leur classe sociale mais en vain. Jean-Louis Debré et ses collègues du conseil ont remis les pendules à l'heure et carbonisé la taxe carbone.

Ce camouflet oblige François Fillon, le préposé aux séances de rattrapage, à déposer un nouveau projet de loi (le 20 janvier dit-on) qui placera à égalité les ménages et les protégés du pouvoir face à ce nouvel impôt qu'est la taxe carbone. Evidemment, avant que cette loi soit adoptée, il faudra qu'elle fasse l'objet d'examens en commissions parlementaires et devant les deux chambres. Autrement dit, elle ne serait applicable que dans plusieurs semaines et sans doute en pleine campagne électorale pour les régionales. L'UMP et Nicolas Sarkozy se seraient bien passés de ce nouvel échec et du succès de la saisine des socialistes. Les Verts, seuls, dans l'impossibilité de déposer un recours, n'auraient pu obtenir ce magnifique résultat. Cecile Duflot pourra dire merci à ceux qui se disent « social-écologistes ».

29 décembre 2009

Lacoopol.fr : le réseau social du Parti socialiste sera opérationnel en janvier prochain

Le journal Libération de ce jour consacre deux pleines pages aux sites « facebook » en cours de création par l'UMP et le PS. C'est un lieu commun que d'affirmer le rôle de plus en plus important d'Internet dans la circulation de l'information et de l'expression des opinions. Il donne à la vie politique de la chair, de la réactivité, de l'actualité. Le débat n'est plus monopolisé par les élites et les experts qui, pendant des décennies, ont occupé le pouvoir sans vouloir le partager. Aujourd'hui, le militant de base peut s'emparer d'une énormité (les réflexions de Georges Frèche) d'un débat très mal engagé (l'identité nationale Éric Besson) et relayer les phrases malheureuses d'un Brice Hortefeux, d'une Nadine Morano ou du porte-parole de l'UMP.

Lorsque les animateurs du Comité d'action de gauche lovérien ont fondé leur groupe d'action municipale, ils voulaient associer les citoyens aux décisions engageant la collectivité. Il s'agissait d'une volonté de partage du pouvoir avec tout ce que cela suppose de naïveté et d'espérance. A l'époque, Internet n'existait pas. Les seuls moyens d'expression demeuraient l'imprimé : tract ou journal. Et il fallait se contenter d'une information locale bien peu partagée alors que les « expériences » (je n'aime pas ce mot) conduites à Louviers auraient pu inspirer bien des élus de toute la France. Les réalisations de l'équipe Martin (Ernest)-Fromentin méritaient d'être imitées.

En créant Lacoopol.fr (encore en chantier) le Parti socialiste va réaliser le rêve de nombreux militants : permettre un partage des savoirs, des luttes, des interrogations et des réalisations conduits dans le pays par les élus ou les militants socialistes. Il s'agira, dès le mois de janvier de la mise en place d'un réseau social type facebook interne au Parti socialiste. Il irriguera la toile en cercles larges (sympathisants) et de plus en en plus resserrés en fonction des responsabilités et de la prise parole sur le site du PS.

Prenons un exemple. A Louviers, la section PS est engagée dans un combat très mobilisateur et très fédérateur avec le retour en régie publlque des services eaux et assainissement, dans un premier temps et cela dès 2015. Il sera important, pour les militants que nous sommes, de connaître les travaux engagés ailleurs en France pour atteindre le même objectif. Je sais bien que de nombreux maires socialistes et plus généralement de Gauche ont des liens souvent anciens avec les grandes multinationales. Je sais aussi que beaucoup, parmi eux, ne connaissent pas tous les avantages des régies publiques. Il existe même des cadres socialistes de ces multinationales (et le maire de Louviers) qui ont fait leur la fameuse phrase du dictateur chinois Den xiao ping : « que le chat soit noir ou gris l'important est qu'il attrape les souris. » Le débat mérite d'être soulevé et la rencontre organisée à Val-de-Reuil avec Jean-Luc Touly a démontré tout l'intérêt des citoyens pour une information de qualité. Quand nous pourrons dialoguer avec les sections PS de la France tout entière, quelle avancée pour le travail militant et quelle force pour les idées partagées.

J'ai participé, en novembre, à une réunion d'information organisée par la fédération régionale du Parti socialiste à Rouen avec des promoteurs de Lacoopol.fr. Yves Léonard, le premier sécrétaire de la fédération de l'Eure était présent, lui aussi, car il a compris tout l'intérêt de ce réseau social interne au PS. Benoit Thieulin, chargé de la création de ce réseau, avoue qu'il s'agira d'une machine de guerre électorale puissante. Les 3700 sections socialistes qui quadrillent le territoire sont autant de légions capables de se mettre en marche au jour J et à l'heure H.

28 décembre 2009

Berlusconi et le parti de l'amour…vache

J'ai déjà exprimé sur ce blog toute la répulsion que m'inspire Silvio Berlusconi. Le président du Conseil italien représente le parvenu dans toute sa splendeur. Agressé par un fou, au vrai sens du mot, il accuse maintenant la Gauche, les magistrats, les journalistes qui auraient déclenché contre lui une campagne de haine et seraient donc, en quelque sorte, responsables du geste agressif d'une personne détraquée.
Sur le blog cité ci-dessous, une avocate française vivant en Italie, Eve Mongin nous permet de découvrir comment le séducteur septuagénaire traite ses adversaires alors qu'il vient de créer… le parti de l'amour. Amour ? Mais alors amour vache, cynique, sauvage. Un amour sans réciprocité aucune.
J'invite mes lecteurs à se rendre sur ce site pour mieux connaître (s'il en était besoin) Berlusconi, l'une des plus grandes fortunes mondiales, invitée en politique par erreur du suffrage universel qui ne fait pas que des choses bien même si en démocratie, il s'impose à tous.
http://andiamo.blogs.liberation.fr/mongin/2009/12/berlusconi-et-le-nouveau-parti-de-lamour.html

À Louviers, les toutous méritent bien une récompense…

Ce n’est pas moi qui le dit, c’est le quotidien Le Havre Presse qui le déclare dans un article récent daté du 4 décembre 2009. L’omniprésent directeur de cabinet du maire de Louviers, a obtenu le diplôme mention « excellent » en troisième cycle avec Charly, dont, par respect de la vie privée, nous tairons le pédigrée. Une performance selon les spécialistes.
Après feu Ralf, candidat en dernière position en 2008 sur la liste « Pour Louviers, continuons ensemble », voici donc à nouveau, pour démarrer une nouvelle année, une équipe qui a du chien. Et pour les dirigeants du Centre de formation, qu’importe qu’ils soient à deux ou à quatre pattes, ce qui compte c’est qu’ils forment un duo. Nous connaissions le Duo des Chats de Rossini, nous attendrons donc avec beaucoup d’impatience celui des chiens. Et s’il tarde à nous parvenir, il nous restera toujours pour patienter à entendre « La Voix de son maître ».
Rantanplan

24 décembre 2009

Nathalie Bellevin marche sur les traces de Sophie Ozanne


Légende : On aperçoit au fond : Claudine Dutheuil, Christian Renoncourt, Nathalie Bellevin et Sophie Ozanne, conseillers de l'opposition de Gauche (PC, PS, NPA)

Sophie Ozanne parmi les personnalités qui ont marqué l'année 2OO9 à Louviers : tel est l'avis de La Dépêche. La conseillère municipale NPA (Nouveau parti anticapitaliste) a en effet plusieurs cordes à son arc. Elle prend son rôle de conseillère municipale d'opposition à cœur, elle travaille les dossiers avec une équipe solidaire, elle a compris le « fonctionnement » du maire et a décidé de ne plus se laisser marcher dessus.

Après son élection, en mars 2008, à l'occasion de laquelle elle a succédé à Gérard Prévost, Sophie Ozanne a mis quelques mois pour trouver ses marques. Aujourd'hui, c'est chose faite et la dernière réunion du conseil lui a permis d'exercer son mandat avec une pugnacité nécessaire et efficace. Face à une majorité qui ne laisse pas d'espace d'expression à l'opposition, sauf le minimum, Sophie Ozanne devait réussir à s'imposer, ce qu'elle a fait avec une certaine crânerie. La suspension de séance demandée par le maire, débordé par l'insistance de la conseillère municipale NPA, lui a servi d'échappatoire et lui a surtout permis de ne pas entendre l'argumentaire raisonnable de Sophie Ozanne que le maire lui avait demandé mais qu'il ne voulait plus écouter.

Nathalie Bellevin, nouvelle conseillère municipale d'opposition (PS) marche sur les traces de Sophie Ozanne. Elle non plus n'a pas froid aux yeux et quand elle sera en pleine possession des dossiers, nul doute que le président de séance aura fort à faire pour l'empêcher de parler.

Progressivement, l'opposition de gauche tisse sa toile. Le maire peut fanfaronner sur les hauteurs de Louviers enveloppées de neige, il est bien conscient qu'il a mangé son pain blanc et que des heures difficiles l'attendent surtout quand il voudra « vendre » ses augmentations d'impôts et de tarifs totalement injustes. Il a fait rire les habitants des Monts en comparant Louviers et Nice. Il fera rire jaune tous les autres habitants de la ville. N'est pas Jean Dujardin qui veut.

23 décembre 2009

Le petit (double) jeu de Julien Dray, « petit collectionneur »

Le parquet a décidé d'adresser une remontrance à Julien Dray après une année d'enquête préliminaire. Il ne sera pas traduit devant un tribunal correctionnel et ses amis mis en cause peuvent maintenant dormir sur leurs deux oreilles sans être dérangés par le tic-tac des Roleix. C'est une bonne nouvelle pour le député de l'Essonne qui — miraculo ! – redevient ipso facto tête de liste PS dans le département de l'Essonne pour les prochaines élections régionales.

Est-ce une si bonne affaire pour le Parti socialiste et pour la Gauche ? Au risque de déplaire à certaines belles âmes, je ne suis pas du tout certain que la mise hors de cause de Julien Dray soit l'aube d'un avenir radieux pour le parti auquel il appartient. Je crois même le contraire. Voilà des mois que Nicolas Sarkozy courtise l'ancien bras droit de Ségolène Royal car il sait pouvoir compter sur cet ancien président de SOS racisme pour continuer sa politique d'ouverture.

Je ne serais pas surpris d'apprendre que le ministre de la Justice a sollicité le parquet pour qu'il classe l'affaire Dray et redonne à ce dernier une virginité, le tout dans l'espoir de récupérer dans quelques mois le député mal aimé par la Gauche. Déjà, ses positions publiques sur la personnalité et la politique d'Eric Besson vont à contre-courant des commentaires des responsables du PS. A mon avis ces singularités vont s'affirmer au fil des semaines car il faudra bien que Juju renvoie l'ascenseur à ceux qui ont décidé d'appuyer sur la touche STOP.


Le commentaire de Julien Dray sur son blog :

« Je ne veux pas revenir ici sur « l'affaire » elle-même. J'ai toujours dit qu'elle partait d'une dénonciation calomnieuse, sans aucun fondement. Je tiens juste à souligner une chose à mes yeux très importante, mais que les médias n'ont pas reprise : dans le rapport final du parquet, il est clairement dit que l'on n'a pas constaté de mode de vie dispendieux de ma part. Et ceux qui ont écrit cela savent de quoi ils parlent ; ils ont, durant ces 365 jours, passé 5 ans de ma vie au peigne fin. Ils ajoutent que certes, j'aime les montre coûteuses, mais qu'il y a incontestablement un équilibre entre celles que je vends et celles que j'achète. Il n'y a donc pas de mode de financement occulte ou détourné à chercher. Je ne vous cacherai pas que je suis heureux de voir ces mots écrits noir sur blanc ; à mes yeux, ils lavent un peu mon honneur que certains ont consciencieusement cherché à souiller des mois durant. Ils rétablissent la vérité sur ma passion, celle d'un petit collectionneur, à la recherche du « Saint Graal » de l'horlogerie. »

Ça déménage autour du transfert du siège de la CASE



Légende: la feuille est tellement volante qu'elle est tombée dans la neige.

« 90 % des sujets votés ici sont discutés en bureau des présidents et pas en séance plénière ».
Voici ce que déclare, sans gêne aucune, Patrice Yung, vice-président de la CASE devant l’assemblée réunie, justement, en séance plénière. Et on voudrait que les citoyens s’emparent de la politique locale alors que les principaux dossiers ne sont pas discutés publiquement ! Et ceux-là nous en remontrent sur la proximité, la démocratie participative et tout le bla bla habituel. Sans doute au nom de la complexité. Comprendre : nous sommes trop c… pour mesurer les enjeux et l'importance des engagements !

Lorsqu’on veut transférer le siège de la CASE de Val-de-Reuil à Louviers, c’est bien le moins que le maire de cette commune et les élus de la CASE ainsi que les citoyens sachent pourquoi et comment. J’ai souvenir d’un maire de Louviers qui s’était opposé au transfert du commissariat de police à Val-de-Reuil mais n’avait pu obtenir satisfaction eu égard aux maladresses et fautes techniques commises contre le préfet et sans avoir présenté de contre-projet crédible. La farce avait consisté à charger François Loncle et à instruire un procès contre le député qui a fait pschiiit.

Marc-Antoine Jamet et les élus de Val-de-Reuil, comme tous les autres, d’ailleurs, ont le droit d’exiger un débat public, contradictoire et argumenté (1). Au lieu de cela, les responsables de l’exécutif CASE ont fait valoir que le bureau avait voté pour le transfert, que tout allait bien dans le meilleur des mondes. Silence dans les rangs.

Vraiment, on se demande à quoi servent les assemblées élues et souveraines. Compte tenu des persécutions toujours envisageables, nombre d'élus (qui n'en pensent pas moins) n'osent pas affronter le président. Ils ont tort. Ils auront quand même leurs bouts de trottoirs ou de rues. Tenez, prenons l'exemple du Vaudreuil. Bernard Leroy et ses administrés ont été gâtés et il arrive à l'ancien député de s'opposer au président (Ah, ah !)

Quand on regarde avec attention la feuille volante (nos photos) qui a servi de dossier, on constate le manque de sérieux de l’étude. La vente du siège actuelle demeure très hypothétique (2) on voit donc bien que le montage financier ne correspond à rien. J’ai écrit qu’il s’agissait d’une étude farfelue. Je confirme.

(1) Les services techniques de Louviers occupent un espace contigu au siège actuel de la CASE. Il est évident qu'une solution existait de ce côté-là pour permettre sa nécessaire extension. Où est l'étude technique et financière ?
(2) Le siège actuel de la CASE devait être vendu à Sanofi-Pasteur qui n'est pas intéressé car non compris dans le périmètre de sécurité. Alors qui va acheter cet ensemble de 2,5 millions d'euros ?

22 décembre 2009

Le jour où il y aura autant de minarets…

« le jour où il y aura autant de minarets que de cathédrales en France, ça ne sera plus la France ». Devinette. Qui a prononcé, aujourd'hui même, cette phrase historique ? Il s'agit d'un élu UMP, qui plus est ancien garde des sceaux et ministre de la Justice, le mal nommé Pascal Clément. Cette parole a été jugée insultante par une secrétaire d'Etat, Nora Berra, qui a claqué la porte et abandonné le groupe UMP de l'Assemblée nationale.

J'ai rencontré Pascal Clément lors d'une conférence de presse qu'avait organisée Bernard Leroy. Je ne me souviens plus si ce dernier était encore député ou s'il était en campagne. Le fait est que j'avais remarqué le penchant très droitier de ce député de la Loire. Pascal Clément-Fromentel est d'ailleurs le fils de Marcel Clément, éditeur catholique. Il doit bien y avoir une relation de cause à effet.

La ministre a jugé qu'il ne lui était plus possible d'écouter le discours anti-laïque d'un député membre d'une Assemblée chargée de voter les lois et de défendre la constitution. Il s'agit d'une conséquence nouvelle du débat sur l'identité nationale. La Parti socialiste a raison en s'en tenant à Liberté, égalité, fraternité, laïcité. C'est un bon condensé de ce qu'est la France.

Arrêtez le débat sur l'identité nationale !

Des associations antiracistes dont SOS racisme et un nombre de plus en plus important d'hommes politiques de Gauche et de Droite (Alain Juppé, François Baroin, Dominique de Villepin etc.) demandent au président de la République et à Éric Besson, un ministre qui, dit-on, ne serait pas dans son assiette, de mettre un terme prématuré au débat sur l'identité nationale. De nombreux dérapages se sont produits qui ne profitent qu'au Front national. Marine Le Pen se frotte les mains. Il faut stopper le débat et arrêter les dégâts. Je publie ci-dessous le communiqué de SOS racisme.

« Depuis le 2 novembre et le lancement du débat sur l'identité nationale, les réunions organisées sur le territoire sont apparues comme des espaces de libération de la parole raciste. Pire, des responsables politiques eux-mêmes se sont laissés aller à des dérapages, là où ils auraient dû ramener de la sérénité.

La République ne peut pas donner le sentiment de légitimer de tels propos. Il est plus que temps de mettre fin à cette séquence susceptible de laisser des stigmates profonds sur le vivre ensemble. »

Rejoignez notre combat : Signez et faites signer la pétition "Arrêtez ce débat, Monsieur le Président!"
http://www.arretezcedebat.com
Amitiés antiracistes,
SOS Racisme

21 décembre 2009

Souvenirs 1934-2OO8 : la belle vie de Bernard Lefebvre

légende : Christian Morel, Denise Lefebvre et l'un de ses petits-enfants. Sur l'écran, Bernard avec ses copains dont Claude Lelieur.

Souvenirs 1934-2OO8. Une vie. Celle de Bernard Lefebvre qui compta tellement à Louviers. Non seulement parce qu'il fut le fils de ce couple de commerçants de la rue du Neubourg si appréciés pour leur gentillesse ou le mari de Denise « la cocotte » de son récit (1) mais surtout parce qu'il a façonné la figure du Lovérien. C'est-à-dire de l'homme dont le destin individuel a côtoyé le destin collectif de tant de nos concitoyens dans une ville que nous aimons. Denise et Christian Morel, son ami de toujours, ont eu la riche idée d'éditer les textes de Bernard qui, tout au long de son adolescence, de sa carrière professionnelle et de son engagement citoyen, a mis sur le papier ses sentiments et ses pensées.

L'initiative de Denise et Christian est magnifique de nostalgie. C'est la première qualité de ce récit. La seconde tient évidemment à l'intimité de ces souvenirs, aux interrogations, aux certitudes de Bernard sur ses années de collégien-lycéen, à Corneille Rouen, de pion à Louviers puis de professeur d'histoire-géographie et ensuite de proviseur autrement dit de patron d'établissement secondaire à Fleury-sur-Andelle, Lillebonne et aux Fontenelles-Louviers. Des interrogations qui ne manquent pas, non plus, quand il aborde la vie municipale et sa présence sur la liste mendésiste en 1965.

Après son retrait plein d'amertume et son bonheur de voir triompher la gauche mais sans lui, Bernard renouera avec la victoire en 1995. Adjoint aux sports pendant douze ans, il laisse une empreinte forte, exigeante, même s'il n'obtint pas tous les moyens souhaitables pour mener ses ambitions au niveau de ses espérances. Le projet de piscine intercommunale (dans les cartons) demeure le projet ultime qu'il souhaitait porter. Le jour de l'inauguration, nous penserons tous très fort à cet homme d'action noys y penserons d'autant plus fort qu'il se battait depuis plusieurs années pour que l'agglomération Seine-Eure se dote de la compétence « sports » dans le domaine des investissements. Une idée qui fait son chemin et porte sa marque.

Et l'homme ? Un sourire éclatant. Une volonté de fer. Un proviseur et un élu exigeant, mais surtout un homme droit, intègre, au plus près des gens. Je me souviens de la cérémonie de remise de sa croix de commandeur des palmes académiques et du discours prononcé par François Loncle lors de son départ en retraite. A chaque fois, une unanimité féconde de sentiments forts, d'amitié réelle dominait la scène. Bernard était adulé.

Samedi, quand Denise et ses enfants ont accueilli élus et amis pour la présentation du récit dans les caves du Moulin, la projection en boucle des principales photos de sa belle vie a réveillé les mémoires et éclairé les visages. Les footballeurs de l'USL, les intimes, les sœurs de Denise (Marie-Odile, Chantal, Nicole, Paulette…) ses enfants, Philippe, Brigitte, Cathy…et tous ces enseignants qu'il cotoya tout au long de sa carrière professionnelle. J'aurai, enfin, une pensée particulière pour Jean Fermanel qui fut notre instituteur à tous les deux et décida du destin de Bernard. Il avait mis au jour, très tôt, les facultés et les talents de cet homme remarquable.

(1)Souvenirs 1934-2OO8, Bernard Lefebvre, 15 euros.

20 décembre 2009

Il se trompe et nous trompe trop souvent


Légende photo : Une nouvelle augmentation des impôts est prévue en 2010 à Louviers. Faudra-t-il à nouveau manifester ?

Un correspondant anonyme très proche des équipes du président de la CASE s'amuse à « relancer » au fur et à mesure que des démentis cinglants viennent contrer des démonstrations qu'ils jugeaient, jusqu'alors, définitives. ce correspondant fait l'âne pour avoir du son. Âne ou poney, allez savoir ?

Sur le dossier de l'eau, nous avons heureusement appris aux élus et aux citoyens que le contrat de délégation public « eau et assainissement » prendrait fin en février 2015 et non en 2O24 comme le président de la CASE se plaisait à le répéter pour clore tout débat avant même qu'il n'ait débuté. Février 2O15, c'est demain et il faut donc s'y préparer aujourd'hui. Le silence assourdissant du président de la CASE et de ses soutiens publics, Mme Cornier et M. Aubinais, qui n'ont pas commenté l'arrêt du conseil d'Etat, n'en est que plus plaisant.

S'agissant des transports publics gratuits préconisés par Sophie Ozanne, du NPA, un premier démenti vient d'être infligé au maire-président de la CASE. Il affirmait avec suffisance que « la CASE ne toucherait plus le versement transport des entreprises en cas d'accès libre au transports urbains.» J'ai publié hier un article sérieux, solide, argumenté, qui réduit à néant cette affirmation purement tactique. On comprend mieux pourquoi le maire de Louviers a fait taire Sophie Ozanne lors de la dernière réunion du conseil municipal. Elle aura, dans les semaines qui viennent, l'occasion de développer ses arguments.

Tout de même, que vaut un débat démocratique quand les dés sont pipés par les élus eux-mêmes ? 2O24 d'un côté, non versement transports des entreprises de l'autre…Franck Martin pouvait-il imaginer un seul instant que nous resterions les bras croisés et que nous goberions comme pain béni ses affirmations ? Il existe deux solutions pour expliquer ces mensonges : ou il ment sciemment et malheureusement, il n'est pas le seul à détenir un pouvoir qu'il veut conserver à tout prix, ou lui et ses services ne sont pas informés et c'est alors gravissime car les assemblées ne possèdent pas (et les citoyens encore moins) toutes les clés leur permettant de faire les meilleurs choix. Le dossier technique du transfert du siège de la CASE sur l'îlôt Renault à Louviers est, ainsi, un condensé d'insuffisances uniquement dû à un calcul politico-économique farfelu. Il est franchement surprenant qu'aucune vraie opposition ne se soit manifestée sur ce dossier qui aura des suites financières fâcheuses pour l'agglomération Seine-Eure mais a fait rentrer opportunément 900 000 euros de recette (la vente du terrain) dans les caisses de la ville de Louviers. Quand 5O mètres sépareront la mairie de Louviers du siège de la CASE, le maire n'aura même plus besoin de changer de casquette.

En nous accusant d'être une association (1) « faux nez », Franck Martin aurait dû, une fois encore, se méfier de l'effet boomerang. Les Lovériens — et d'autres — comprennent, jour après jour, que ce que clame monsieur le maire n'est pas crédible. Il se (et nous) trompe souvent. Trop souvent.

(1) L'Association pour l'amélioration du cadre de vie et de l'environnement.

PS : message pour Mme Mackert : bien sûr que notre association est politique puisqu'elle s'occupe d'améliorer le cadre de vie et l'environnement. D'ailleurs, comme le disait si bien le Dr Martin, ancien maire : « tout est politique. »

19 décembre 2009

Les transports public gratuits, c'est possible, en voici la preuve !

Suite à l'article de Sophie Ozanne, j'ai reçu ce commentaire anonyme : « on attend toujours les explications sur le versement transport...» J'ai décidé de publier un extrait (important) de l'article signé de Maryline Trassard, pour la rubrique Expériences des sites Mairie-conseils et Localtis. (voir adresse à la fin de l'article). Il répond bien à la question angoissée de mon correspondant.

« Dotée de la compétence transport, la communauté de Moselle et Madon (Meurthe-et-Moselle) a mis en place trois nouvelles lignes d'autobus desservant les douze communes du territoire. En 2007, ce service est devenu gratuit. Il a généré 82.000 voyages en 2008, auxquels se sont ajoutés 4.500 voyages dans le cadre d'un transport au porte-à-porte créé en 2006.

Dans le même temps, pour le transport à la demande, le prix unique par voyage est passé de 2,50 euros à 2 euros. "Le prix est un des principaux leviers pour agir sur la fréquentation des transports publics", estime Hervé Tillard, vice-président chargé des transports. "La gratuité se situe dans une optique de développement durable, avec un objectif à la fois environnemental et social : favoriser les transports alternatifs à la voiture et faire en sorte que tous les habitants aient accès aux déplacements, quelque soit leur situation, leur âge et la commune où ils vivent." Cette politique tarifaire entraîne une croissance importante de la fréquentation d'année en année.

Le nombre de voyages effectués par le biais des trois lignes TMM est passé de 18.000 en 2006 à 32.000 en 2007, et à 82.000 en 2008. 100.000 voyages sont prévus en 2009. Pour le transport à la demande, le nombre de voyages est passé de 2.500 en 2007 à 4.500 en 2008. Pour assurer ces deux services, la communauté a investi dans neuf véhicules (bus et minibus de quinze à soixante places) et emploie douze personnes (onze chauffeurs et un responsable d'exploitation).

Le budget prévisionnel pour 2009 est de 700.000 euros. 450.000 euros proviendront du versement transport (taxe pour le transport versé par les entreprises de plus de neuf salariés). Ce versement transport, qui correspond à un taux appliqué à l'assiette salariale en fonction du nombre de d'habitants, est de 0,6% en Moselle et Madon. "Les élus travaillent par ailleurs pour accueillir de nouvelles entreprises, contribuant ainsi à augmenter le versement transport", explique Marie Brichet, responsable des transports. "Quand le service de transport était payant, les recettes commerciales représentaient 2% du budget de fonctionnement. La communauté a donc renoncé à cette petite part de recettes et a gagné en termes de cadre de vie, de fluidité des déplacements et de qualité du service rendu."

La mise en place de cette offre de transport supplémentaire en Moselle et Madon est en quelque sorte la première étape du projet politique de la communauté en la matière. Elle souhaite s'attaquer maintenant à la superposition des réseaux sur son territoire pour mieux les connecter et les optimiser. L'enjeu est aussi de gérer au mieux le flux des 13.000 personnes qui transitent chaque jour entre la communauté de Moselle et Madon et le Grand Nancy. "La difficulté pour mettre à plat la superposition des réseaux tient au fait qu'ils sont tous gérés par des entités différentes, souligne Hervé Tillard. Se posent donc la question d'une entité et d'une gouvernance communes pour gérer ces réseaux. Le syndicat mixte des transports suburbains de Nancy pourrait être ce lieu si toutes les collectivités qui ont vocation à y adhérer travaillent à un projet commun et à des règles de fonctionnement acceptables par tous."

http://www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Mairie-conseils/MCExperience/Experience&cid=1247467302022

contacts : Brichet Marie, responsable des transports, tél : 03 83 25 75 48
mbrichet@cc-mosellemadon.fr

Les « petits poneys fourbus » ruent dans les brancards !

« Caméra ou pas, rien ne peut endiguer l'autoritarisme et les émotions du maire de Louviers. Lundi dernier, si j'ai pris la parole pour expliquer comment nous financerions la gratuité des bus (je préfèrerais dire " libre accès" car rien n'est gratuit : c'est soit payé par l'impôt soit par l'utilisateur, soit par les deux) c'est tout simplement parce que le maire m'y avait "invitée" au précédent conseil, avec un ton de défi qui laissait penser qu'ils nous en croyait incapables.

N'avait-il pas déclaré au conseil du 23 novembre que la gratuité était une proposition électorale démagogique tout juste bonne à capter quelques voix ? Donc, prête à exposer notre travail sur le financement de cette gratuité, j'ai pris la parole. Dans un premier temps, le maire s'est déclaré avide de m'entendre, a évoqué sa gourmandise à écouter mes propositions. Est-ce parce que j'ai commencé par expliquer qu'il avait menti sur l'impossibilité de percevoir le Versement Transport si nous passions en bus gratuits, qu'il a voulu m'interrompre ? Est-ce parce qu'il sait pertinemment que d'autres collectivités ont mis en place la gratuité des bus ? Est-ce parce qu'il craint que nos propositions rencontrent un écho favorable, en ces temps de crise économique et écologique ? De quoi a-t-il eu peur ? Pourquoi me faire taire ? N'hésitant à montrer son incapacité à entendre une parole divergente, ne craignant pas d'étaler au grand jour son autocratisme, M Yakmoi a suspendu la séance entraînant ses colistiers à sa suite. Quel spectacle pitoyable !

Oui, le financement des bus en libre accès est possible ! Louviers a été, rappelons-le, précurseur dans ce domaine, avant qu' Odile Proust (ancien maire) ne mette fin à l'expérience. Oui, c'est une réponse au réchauffement climatique autrement plus pertinente que la taxe carbone. Oui, les collectivités comme Gap, Vitré, Rennes, Castres-Mazamet, Aubagne, Compiègne qui ont instauré la gratuité des bus sont des exemples à suivre.

Le maire de Louviers pense-t-il qu'elles sont dirigées par de dangereux gauchistes avachis sur de petits poneys fourbus ? (c'est comme ça que, respectueusement, il nomme les militants du NPA). Qui peut encore croire que le débat démocratique salutaire est possible au conseil municipal de Louviers ?

Sophie Ozanne,
élue NPA

La famille Dramé enfin relogée dans des conditions décentes

Légende photo : la pétition en faveur de la régularisation de la famille Dramé avait recueilli plusieurs centaines de signatures, notamment sur le marché de Louviers.

La famille Dramé qu'un comité de soutien à sa régularisation soutient depuis le mois de mai dernier, est relogée dans des conditions décentes depuis hier. Alors que cette famille habitait dans une pièce unique — un taudis pour parler clair — à six pour dormir, se nourrir, se laver (sans eau courante) etc. depuis des années, il a fallu attendre l'embauche du père dans un emploi stable et durable, l'accord de la préfète de l'Eure pour l'obtention de titres de séjour et enfin l'attribution d'un logement dans le cadre du Centre communal d'action sociale de Louviers et de l'action de son directeur.

Je souhaite rappeler le rôle éminent joué par les membres du comité de soutien, celui de François Loncle, député, dans la résolution du problème administratif, celui de Marc Antoine Jamet, maire de Val-de-Reuil, qui a offert un emploi à M. Dramé et, enfin, je souligne l'accord du maire de Louviers, président du CCAS, pour l'attribution du logement d'urgence. Autrement dit, tous les élus, à leur échelon, ont apporté leur pierre au Noël de la famille Dramé dont les trois enfants les plus âgés sont scolarisés dans les écoles Jean Prévost et Jean Moulin. Ils ont vocation à devenir Français à faire leurs études en France et à s'insérer dans notre société.

Il n'est pas inutile de se souvenir que M. Keba Dramé, en France depuis 1993, rejoint par sa femme en 2000, a vécu dans l'angoisse et le stress permanent pendant toutes ces années. Il a raté le coche de la régularisation des dix ans de présence en France faute de conseils avisés et de connaissances suffisantes de la situation juridique dans laquelle il se trouvait. Comme il le dit si bien : « Depuis 1993, j'avais un pied dans l'avion et un pied sur la terre de France. » La famille a, maintenant, atterri à Louviers où une nouvelle vie l'attend.

18 décembre 2009

Kouchner soulève un tollé à l'Assemblée nationale

Bernard Kouchner, le plus populaire des ministres de ce gouvernement Fillon, a soulevé un tollé en affirmant à la tribune de l'Assemblée nationale que la France se devait d'accueillir un plus grand nombre d'étudiants afghans au moment même où son collègue Besson affrétait un charter d'Afghans pour Kaboul.

Il n'est pas possible que le ministre des Affaires étrangères se soit laissé déborder puisqu'il lisait un texte écrit. Sans doute pour éviter tout dérapage. Ce renvoi des sans papiers Afghans a même fait dire à Fadela Amara (notre photo avec Kouchner) « que ce n'est pas la France qu'elle aime » et qu'elle aurait préféré qu'on attende la fin de la guerre en Afghanistan pour renvoyer ces immigrés chez eux.

Frédéric Lefebvre, l'impayable porte-parole de l'UMP, s'est offert le luxe d'affirmer qu'il jugeait totalement légitime qu'on renvoit en Afghanistan des hommes en pleine force de l'âge, capables de porter les armes, et donc d'être enrôlés dans les rangs de l'armée afghane pour faire la guerre aux Talibans. C'est toujours plus facile d'aller faire trouer la peau des autres que la sienne propre même si je n'ignore pas que 4 000 soldats français sont sur le sol afghan pour entraîner les forces de police et les forces armées à affronter le pire. On sait pourtant, de toute évidence, que jamais la force ne parviendra à régler les problèmes politiques dans cette région du monde. François Loncle, vice-président de la commission dees affaires étrangères a déclaré à cette occasion : « Il est parfaitement inadmissible de renvoyer dans un pays en guerre des gens qui se sont enfuis. »

Agir ensemble pour les droits des femmes, droits universels

Le 18 décembre 1979, l’Assemblée générale des Nations unies adoptait la Convention pour l’élimination des discriminations envers les femmes (Cedaw). Cette Convention, méconnue en France, n’est pas seulement un instrument de lutte contre les discriminations : c’est une véritable charte des droits des femmes. Elle affirme l’intégralité des droits civils, civiques, culturels et sociaux, et même le droit à la maîtrise de la reproduction, ce qui en fait un texte particulièrement progressiste.

Elle a été dotée en 1999 d’un protocole additionnel qui permet aux victimes de discriminations de la part d’un Etat membre de saisir le comité Cedaw. Aujourd’hui, elle est ratifiée par 186 pays, soit 95% des Etats de la planète. Ce qui ne signifie pas, loin de là, qu’elle est appliquée. De nombreux Etats signataires ont émis des réserves sur les articles qui les gênaient le plus, plaçant par exemple leurs traditions au-dessus des règles du droit international.

Dans de nombreux pays du Sud, les militants et les militantes utilisent la Cedaw pour interpeller leurs gouvernements et faire progresser leurs législations vers l’égalité. Au Nord nous bénéficions de législations égalitaires, mais la réalité reste très inégalitaire et les discriminations subsistent.
(communiqué de la Ligue des droits de l'homme)

Toutes celles et tous ceux qui prennent au sérieux l'égalité et l'effectivité des droits des femmes peuvent s'appuyer sur la Cedaw et militer pour son application réelle partout sur la planète. Il faut pour cela faire connaître un texte qui, comme les grandes Déclarations des droits de l’Homme, doit être lu, enseigné et approprié par tous et d’abord par les futurs citoyens de notre pays.

La Ligue des droits de l'Homme entend contribuer à faire du trentième anniversaire de la Cedaw non seulement une commémoration mais aussi et surtout un moment fort de mobilisation pour les droits des femmes comme droits universels.

Lovériens, où va donc l'argent vos impôts locaux ?

Où va l'argent des impôts locaux, c’est une question que se posent aujourd’hui beaucoup de nos concitoyens, quand, après une hausse de 9% des impôts locaux en 2009, le maire de Louviers les prépare psychologiquement en annonçant déjà qu’il faudra remettre ça en 2010.

Aujourd’hui, en ville, pour en avoir une petite idée, il suffisait le lever les yeux. Et pour voir cela, pas besoin d’étude thermographique à plusieurs dizaines de milliers euros. C’est gratuit !

Cinq bons centimètres de neige sont tombés hier matin à partir de 4 heures. Déjà, vers 9h30, la neige sur la toiture de l’aile ouest du musée avait totalement fondu. Sur cette photo prise l’après-midi à 16H50, il n’en reste quasiment rien sur la totalité du bâtiment. Et pourtant, cette façade vers la place Ernest Thorel est située plein nord. Ce n’est donc pas le soleil qui a provoqué cette fonte rapide. D’ailleurs, on ne constate rien de semblable au même moment sur la toiture du bâtiment situé à gauche sur la photo.

Lovériens, vous l’avez compris, au travers de cet exemple qui n’est pas isolé, vos impôts s’évaporent par les toits des bâtiments communaux.

Pendant la dernière campagne municipale, la liste « Avenir citoyen » que conduisait Christian Renoncourt se fixait comme objectif prioritaire en matière d’urbanisme la remise à niveau des bâtiments communaux, mairie, écoles, salles de sport, etc. Sachant que les dépenses annuelles de combustibles (gaz et pétrole) de la ville de Louviers pour le chauffage s’élèvent à plus de 500.000 euros.

Que n’avons-nous pas entendu alors de la bouche de Franck Martin ? Il nous traita alors de boutiquiers et de petits gestionnaires. Eh oui, les dépenses liées aux économies d’énergie, jusqu’à peu, cela n’était pas électoralement payant. C’est payant, mais juste pour les contribuables…

Reynald Harlaut

17 décembre 2009

Il faut améliorer la retransmission des débats du conseil municipal sur Internet

Les séances du conseil municipal de Louviers sont retransmises en direct sur Internet. Théoriquement, les interventions des élus de tous les bancs devraient être diffusées avec une égalité de traitement que les professionnels de l'image ont quelques fois bien du mal à respecter.

Un ami rencontré rue du Matrey, ce matin, après s'être étonné de la « morgue » affichée par le maire — les Lovériens devraient suivre en très grand nombre ces diffusions pour mieux le connaître — m'a fait part de sa surprise : « Quand Sophie Ozanne est intervenue sur l'histoire du libre accès dans les bus de transports urbains, me raconte-t-il, l'image diffusée était celle de Franck Martin. L'inverse n'est pas vrai. »

Lors de son face à face avec Jacques Chirac en 1988, François Mitterrand avait interdit ces images, celles où le téléspectateur ne voit pas l'orateur mais seulement les réactions des spectateurs aux propos qu'il tient. Le problème posé par la retransmission des images du conseil de Louviers est de divers ordres : le son est mauvais, le technicien ne dispose que d'une caméra, il ne peut donc, à lui-seul, rendre compte de l'ambiance parfois chaude des réunions. Il tâtonne et est surtout obligé d'être attentif à ce que dit le maire, son employeur.

Mais je ne doute pas un seul instant que le maire va tout faire pour améliorer cette diffusion qui part d'un bon sentiment : permettre aux Lovériens de suivre des séances où la démocratie locale s'exprime dans sa diversité. Si ce choix est bon, le maire doit se donner les moyens d'une information totale et maîtrisée. S'il en reste au stade artisanal (dans la mauvaise acception du terme) il aura raté l'occasion de faire d'Internet un outil permanent de dialogue. Les bonnes idées sont celles qui avancent.

De la rue de Solférino à la Porte de Clichy

Le laboratoire des idées mis en place par Christian Paul, député socialiste de la Nièvre, comble un vide qui devenait sidéral au PS. Depuis plusieurs mois, il organise au siège de la rue de Solférino, des rencontres-débats avec des experts et des chercheurs destinés à éclairer le chemin que devra suivre le principal parti de l'opposition pour espérer un jour reconquérir le pouvoir d'Etat.

Hier soir, le thème était « où en est le débat sur les classes sociales » ? Qu'on le veuille ou non, que cela plaise ou non, les classes sociales font leur grand retour dans la vie économique, politique…sociale de notre pays. Et si en 2OO2 puis en 2OO7, les candidats du Parti socialiste ont été battus par Chirac d'abord et Sarkozy ensuite, c'est bien parce que les classes populaires ont abandonné la Gauche au profit de l'homme de la fracture sociale d'abord et d'un bonapartiste ensuite. Le candidat Sarkozy a su capter à son profit le vote de Français n'ayant plus d'objectifs communs et simplement un destin individuel. « Il n'y avait plus de destins individuels mais une histoire collective » écrivait Albert Camus…à l'époque des trente glorieuses.

Après le débat qui dura tout de même près de trois heures — la vocation de ce blog n'étant pas d'en rendre compte in extenso — je préfère vous narrer la belle histoire d'un soir qui m'est arrivée en sortant du siège du PS et en tentant de retrouver ma voiture garée sur un espace livraison. La fourrière était passée par là et à 22 heures la certitude n'en était pas acquise. Belle galère donc. Je passe sur les détails mais je veux que vous sachiez ceci : il s'est trouvé un jeune garçon prénommé Sélim rencontré au gré de mes pérégrinations autour de la Porte de Clichy qui a accepté de me servir de chauffeur de taxi à bord de sa camionnette de travail et de m'emmener à la préfourrière du boulevard du bois de la Prêtre. Il a eu le temps de me dire qu'il n'avait pas beaucoup apprécié les propos de Mme Morano (le verlan et la casquette à l'envers) et qu'il allait arrêter de fumer le 2 janvier au matin. Il m'a aussi demandé des nouvelles des éléphants en indiquant qu'il suivait l'actualité avec frénésie.

Selim est né en 1982. Le débat sur l'identité nationale, il s'en contrebalance un maximum. Il est Français, il vit en France, il travaille en France et se sent tout à fait Français. Et s'il salut des « frères » d'un « salam malikoum » dans le texte pour demander sa route, il n'en est pas moins heureux de rendre service à un autre Français dont le prénom n'est pas Smaïl et alors ? J'ai promis à Sélim de lui adresser un message. Le voici : voiture récupérée dans de bonnes conditions grâce à toi (on a décidé de se tutoyer) je te dis encore grand merci. Et à bientôt peut-être. Inch Allah !

16 décembre 2009

Le centrisme absolument modéré pour être absolument moderne

Une séance de conseil municipal c'est comme un procès d'assises. Les protagonistes pris par leurs passions et leurs humeurs finissent par oublier les micros, les caméras, Internet…et se lâchent. Quand le maire de Louviers rejetant d'un revers de main ses oppositions de Droite et de Gauche affirme « qu'il a donc raison et qu'il se situe au juste milieu » ne fait rien d'autre que de confirmer ce que nous répétons depuis des mois sur ce blog.

Franck Martin est aujourd'hui un centriste qui a du mal à l'assumer publiquement et qui, par pur intérêt personnel, doit donner le change à ses futurs « alliés » du Parti socialiste. A vrai dire, nous ne sommes aucunement surpris de ce positionnement. Son obstination à se revendiquer de « la Gauche moderne » (le nom du parti de Jean-Marie Bockel, ex-socialiste rallié à Sarkozy) ne peut être le fruit du hasard. Son amitié avec Bernard Kouchner qui n'a jamais été de Gauche (1) ses flirts avec Hervé Morin, troisième sur la liste UMP-Nouveau centre, son soutien à Ségolène Royal quand elle prônait un accord avec François Bayrou, la composition de sa liste aux municipales…autant d'éléments objectifs qui attestent de sa conversion au centrisme. Il serait plus honnête de sa part de reconnaître cette conversion.

Qu'est-ce que le centrisme ? Jean-Philippe Domecq (2) écrit : « Dernier en date du conseil en communication : il faut être absolument modéré pour être absolument moderne. Rien n’illustre mieux l’allergie au débat que cette absorption du fond dans la forme. » Le centrisme c'est le ventre mou, le marais, la politique à géométrie variable. Je prends à Gauche, je prends à Groite et au final, l'électeur ne reconnaît plus rien, mélange tout et finit par croire que « les politiques sont tous les mêmes. » Alors, dégoûté, il ne vote plus ou vote pour ceux qui crient les plus forts ou défendent les idées les plus « crades » par colère et dépit.

Quand on est de Gauche, on n'accuse pas de « légèreté » les parents qui ont du mal à payer la cantine de leurs enfants. On ne traite pas de paranoïaque une adversaire politique. Surtout, on dit ce qu'on fait et on fait ce qu'on dit.

(1) Adhérer à un parti de Gauche ne prouve pas qu'on soit de Gauche.
(2) Jean-Philippe Domecq dans “La passion du politique, nous entrons dans l’âge de la liberté sans choix” (1989, Seuil Fiction & Cie, p 46-47):

Petite conte : « Momo de Goussainville et du Languedoc-Roussilon »

Par raphaet Dali, élu territorial et « humouriste » amateur

« Je prie Madame Morano de ne voir dans ce conte aucun signe de méchanceté. Elle a toute mon estime et mon respect. Je suis convaincu que sa dernière déclaration n'est qu'un simple dérapage, involontaire sans aucun doute, de mots mal interprétés dans un fâcheux contexte. Je l'invite à prendre ce post comme un exercice humoristique de transposition de mots tout simplement qui fait parler aussi un personnage imaginaire, Momo en l'occurrence. L'objectif est que chacun essaie de comprendre l'autre..et de se mettre à sa place).
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Il était une fois un jeune musulman surnommé "Momo de Goussainville et du Languedoc Roussillon". Il déambulait dans la rue principale de la charmante petite ville de Charmes dans les Vosges. Il se trouva nez à nez avec Madame Morano, une ministre secrétaire d’état. Elle imposait avec tout ce beau monde qui l’accompagnait. On lui avait dit que cette dame, charmante par ailleurs, s’occupait de la famille et de la solidarité.
Il portait une casquette à l’envers et cherchait du boulot là bas parce qu’à Goussainville et au Languedoc Roussillon, il y avait, semble-t-il, deux méchants personnages qui refusaient son amitié.
L’un porteur de « valentinite » trouvait qu’il ne foutait rien malgré son brevet de technicien et que lui travaillait alors que Momo chômait, le second dénommé « Frêchitude » traitait les ancêtres de ses cousins de bons à rien et même plus..alors qu'ils s'étaient battus pour le drapeau tricolore.
Ravi de se trouver face à un personnage aussi important de la solidarité, entouré d’un aussi grand nombre de personnalités, il lui demanda un conseil de solidarité pour un travail et une formation.
- Elle lui répondit aussitôt qu’elle ne voulait pas lui faire un procès en tant que jeune musulman et qu'elle respectait sa situation.
Musulman !! Momo ne comprenait pas le rapport avec son identité. Ce n'est pas inscrit sur mon front. J'aurais pu paraitre juif, catholique ou athé.
- Est-ce que tu es français lui demanda-t-elle ?
Eh oui, bien sûr, répondit notre Momo doublement intrigué par la question.
- Eh bien poursuivit-elle, si tu es français, il faut que tu te sentes français. Ce que je veux, c'est tu aimes la France puisque tu vis dans ce pays. Il faut aussi que tu trouves du travail et une formation. Tu sais, ton verlan et cette casquette à l’envers, ce n’est pas ça qui va t’aider.
Momo essayait vainement de comprendre comment et pourquoi elle présentait toutes ces grandes et petites choses à la fois.
- Elle ajouta : est-ce que tu es porteur de paix ?
Bien sûr, chère madame, ma religion, puisque vous le savez, m’impose la paix et le respect, répliqua Momo du tic au tac, mais je la pratique à peine parce que je fais tout pour la cacher, on m'a dit, semble t'il, que c'est mal vu.
- Eh bien, si tu veux être porteur de paix, tu dois accepter l'autre dès lors qu'il respecte les lois.
Estomaqué, Momo n’en revenait pas, il avait les yeux tous ronds. Il ne comprenait pas pourquoi elle le trouvait si bizarre et si différent des autres francais de la cité ou des banlieues.
Tenace, il lui demanda : - et mon boulot ?
- Ce n’est pas à cause de ton prénom que tu ne trouveras pas de boulot rajouta t’elle devant un parterre de grandes personnes, tous des amis -on dirait-..
Mais qu’est-ce qu’elle a à me dire tout ca. Pourtant elle parait sincère et de bonne foi. Ca doit être la fatigue. C’est vrai mon père m’avait dit que les politiciens sont souvent fatigués. Ils ont souvent le sentiment de porter sur leurs épaules toute la misère du monde.

Momo, redressa sa casquette et prit la direction du pôle emploi. En chemin, il croisa le doyen du village.
Le saint homme le prit chaleureusement par les épaules et lui expliqua que cette dame était non seulement pas méchante mais qu'elle est une brave femme qui ne pensait pas vouloir lui faire du mal. Seulement, elle jouait aux prochaines régionales, un jeu de société assez difficile qui nécessitait un sacré talent d’équilibriste pour récolter des voix, beaucoup de voix. Elle devait quelquefois savoir dire à la fois la chose et son contraire et parfois dans le même temps. Va, mon fils...

Momo n’oubliera jamais les paroles de ce sage et compris qu'elle faisait un métier très difficile. Il poursuivit son chemin de retour vers le Languedoc-Roussillon en passant par Goussainville...en pensant à Valentinite et Frêchitude. Il s'arrêta un instant, mis sa main sur son menton : - Eux n'auraient jamais pu être secrétaires d'état...»

Publié par Raphaet Dali Blogueur politique, Tête de liste, élu aux municipales (liste « Changeons Bicêtre »), Conseiller de la Communauté d'Agglomération du Val-de-Bièvre (Arcueil, Cachan, Fresnes, Gentilly, Le Kremlin Bicêtre, L’Hay les roses et Villejuif)
http://dali-raphaet.blogspot.com/

15 décembre 2009

Nadine Morano et le bon Français musulman

Nadine Morano, ministre de la Famille, vient de donner publiquement sa version du bon Français musulman. « Il ne parle pas le Verlan et ne porte pas sa casquette à l'envers. » Le bon roi Dagobert avait mis sa culotte à l'envers et on ne lui a pas fait grief de ce choix vestimentaire ni de ne pas aimer la France !

Mme Morano qui participait à un débat sur l'identité nationale dans la ville natale de Barrès, à l'initiative du député UMP du coin, aurait dû se rappeler que Barrès était un antidreyfusard acharné, antisémite et nationaliste à tout crin. D'ailleurs, les participants au débat ont été accueillis par des manifestants venus souligner le mauvais choix de cette ville et le symbole négatif qui en ressortait.

Mme Morano chante et danse en assurant qu'elle veut changer le monde. Qu'elle commence par se changer elle-même et renonce à imposer un code vestimentaire à qui que ce soit dans ce beau pays de France où se cotoient les créations de Jean-Paul Gaultier et le « Jean-casquette-baskets ». Le lipbud des jeunes populaires n'est pas le fait d'un rappeur mais plutôt l'œuvre d'un rapetasseur. Tant pis pour l'UMP.

Ce soir, Nadine Morano s'est sentie obligée de justifier ses propos, d'affirmer qu'ils étaient sortis de leur contexte…c'est toujours pénible et délicat ce genre d'exercice car il enfonce un peu plus le clou et au bout du compte, fait plus de mal que de bien à celle qui tient le marteau.

Reprenez-vous, vous avez encore quelques années à tenir

Franck Martin, maire, à Sophie Ozanne : « je m'interroge sur ce qui se passe dans votre classe ! » Roland Liénard, premier adjoint, s'adressant à Nathalie Bellevin qualifie son intervention de « paranoïaque ».
Voilà comment les responsables principaux de l'exécutif lovérien discutent avec leur opposition de gauche. C'était hier soir lors de la réunion du conseil municipal. Il est vrai que très récemment, le maire s'est occupé de mon psychisme. Merci, je me soigne. Non mais franchement, quel est le plus malade des deux ?

Le maire porte une attaque à peine dissimulée sur le professionnalisme d'une conseillère municipale qui ne fait rien d'autre que son travail d'élue d'opposition et le premier adjoint s'en prend personnellement à une autre élue d'opposition pour une intervention qui ne plait pas à ce Monsieur. Comme dirait le maire de Louviers à Christian Renoncourt à qui il a reproché des absences lors de la dernière mandature et dont la politique n'est pas le métier à temps complet : « il ne fallait pas vous faire élire ». C'est tellement plus simple ainsi…Christian Renoncourt, lui, ne court après tous les postes, n'est pas candidat à toutes les élections, ne vit pas de la politique.

Mon sentiment ? La population de Louviers mérite beaucoup mieux. Bien sûr les difficultés de la municipalité commencent à être bien connues de tous et on comprend que les édiles soient fragilisés. Mais tout de même, est-ce une raison pour perdre son calme, laisser suinter des relents de soviétisme exacerbé ? Sous certains régimes, les hôpitaux psychiatriques accueillaient surtout des opposants politiques. Cette municipalité ignore-t-elle que le mur de Berlin est tombé ?

Enfin, quand on s'en prend à la santé psychique des gens — le célébrissime « Fredo » Lefebvre, porte-parole de l'UMP, n'avait-il pas conseillé à Ségolène Royal d'aller se faire soigner — c'est que la situation globale vous échappe. Deux ans à peine après une 3e élection, « y a queq chose qui cloche là-dedans ». Allons messieurs, reprenez-vous. Vous avez encore quelques années à tenir.

Légende photo : Christian Renoncourt est un militant. On le voit ici sur le marché de Louviers au contact de la population.

14 décembre 2009

Morin 3e sur la liste de Bruno Le Maire, c'est cadeau pour la Gauche

Le site du journal Le Figaro annonce qu'Hervé Morin, ministre de la Défense nationale et maire de Cormeilles sera 3e sur la liste UMP-Nouveau Centre de Bruno Le Maire dans l'Eure. Cadeau inespéré pour Alain Le Vern qui pourra développer à loisir le fait qu'en cinq et demi de mandat passé au conseil régional, Hervé Morin y aura siégé pendant une petite heure, en tout et pour tout. Bruno Le Maire aurait, tout de même, gagné à se renseigner sur l'attitude de son collègue du gouvernement. Et sur son bilan de chef de l'opposition, absent à temps complet.

Il est vrai que les accords entre Partis politiques ne s'embarrassent pas souvent de ces basses contingences que sont le travail militant, la construction d'un contre-projet, la personnalité des candidats. S'il y a parfois à dire sur les listes de Gauche, toutes tendances confondues, aucune d'entre elles n'a eu l'imprudence d'y faire figurer un candidat fantôme.

Ne pas vendre la peau de l'ours…

Prudence est mère de sureté. A la place de Martine Aubry, je ne vendrais pas la peau de l'ours UMP-NC avant de l'avoir tué. Dans un discours enflammé destiné à mobiliser et à motiver les troupes socialistes réunies à Tours, la première secrétaire n'a pas hésité à espérer que les socialistes (ou plutôt la Gauche) allaient emporter la victoire aux régionales dans les 22 régions de métropole.

Que le Sarkozysme démontre chaque jour son incapacité à régler les grands problèmes du pays est une évidence. Les déçus commencent à être très nombreux. Mais il arrive que les victoires annoncées, comme celle de Lionel Jospin ou celle de Ségolène Royal lors des élections présidentielles, fassent «pschiiit » et que la gagnante, comme dirait la présidente de la région Poitou-Charentes, soit aussi…la perdante. Je souhaite à Martine Aubry, aux listes socialistes et aux listes d'union de la Gauche de connaître un meilleur sort.

Les militants et les élus savent combien il est difficile de composer des listes respectant la parité, la diversité, les différents courants internes, les territoires, le renouvellement et la nécessité de posséder quelques poids lourds électoraux. A lire la presse sérieuse d'information, je me suis laissé dire que la diversité (à Droite et à Gauche) passait souvent à la trappe, que le renouvellement était surtout celui du mandat des sortants, et que le respect des différents courants n'était qu'une image d'Epinal (jolie ville des Vosges).

Il faudra ainsi m'expliquer comment Razzy Hammadi peut se retrouver en un jour et sans vote des militants du PS à la 4e place de la liste du Calvados alors qu'il n'a aucune attache dans ce département ! Les exemples de ce type foisonnent, malheureusement, et démontrent une fois encore que les listes, composées par des commissions électorales nationales, sont le fruit d'une politique à la Goggle earth et pas au niveau du rez-de-chaussée des immeubles.

Dernière minute ce 15 décembre : « Je ne peux dignement accepter d’être candidat aux régionales dans le Calvados à la place d’un autre camarade qui milite localement depuis des années » estime Razzy Hammadi, 30 ans, dans un communiqué. « C’est là un parachutage illégitime que je ne peux assumer tant il est déconnecté de mes attaches territoriales et de mon parcours » conclut ce proche de Benoit Hamon. Bravo Razzy pour cette preuve de lucidité. Souhaitons que les socialistes de Haute-Normandie et de l'Eure en particulier, le soient autant que lui.

13 décembre 2009

« Le colonel Fabien était mon père » par Monique Georges invitée de la SED

Quelle famille, quelle saga ! Avec Monique Georges (photo JCH) invitée de la Société d'études diverses, samedi à Louviers, nous avons connu une vive émotion et vécu une intensité dramatique certaine au récit des six années qui ont conduit huit membres de sa famille soit vers la mort, soit vers les camps nazis soit encore dans les prisons de Moscou.

Monique Georges a été professeur au collège du Hamelet. Qui sait qu'elle était la fille de Pierre Georges (1) le colonel Fabien qui a donné son nom à une place de Paris et une station de métro pour un engagement exemplaire durant les années terribles de 194O à 1944 ? Qui sait que son grand-père et l'un de ses oncles ont été « choisis » parmi les otages communistes pour être fusillés à titre de représailles ? Qui sait que sa maman a été déportée au camp de Buchenwald pour avoir distribué des tracts signés du parti communiste et appelant à lutter contre l'occupant ? Qui sait, encore, qu'un de ses oncles « plus stalinien que les autres » prisonnier à Moscou dans des conditions bien décrites dans son livre, est celui qui a permis la reconstitution du camps de Gurs (2) dans le sud de la France ?

Monique Georges, si elle reconnaît que l'Histoire avec un grand H a surtout retenu les actions de son père mort tragiquement lors des combats livrés au sein de la Première armée en Alsace, elle n'en minimise pas pour autant le courage de toute une famille mue par un même idéal social et égalitaire. Une famille qui n'a pas supporté la drôle de guerre et encore moins « l'étrange défaite » pour reprendre l'expression de l'historien Marc Bloch.

Que Pierre Georges se fût engagé à 16 ans dans les brigades internationales pour faire la guerre aux franquistes et pendant deux années, voilà qui explique la suite : le rejet des accords de Munich, le doute devant le pacte germano-soviétique, l'évidente nécessité de recourir à l'action armée pour obtenir, un jour, le départ des nazis.
Pierre Georges est une figure légendaire du Parti communiste français, il a été de ceux qui ont combattu, à l'intérieur des frontières hexagonales, au mépris du danger, au péril de leur vie pour que la France recouvre sa liberté et son indépendance.

Alors, la lecture de la lettre de Guy Mocquet, ce jeune communiste fusillé à l'âge de 17 ans, souhaitée par Nicolas Sarkozy, laisse Monique Georges dubitative : « Les lettres des fusillés, on en a fait des livres. Il en existe des centaines. vous y lirez des appels à l'espoir et l'expression de convictions profondes qui, d'une certaine façon, nous dépassent tous. » Pourquoi celle-là ? Récupération tranche Monique Georges.

Enfin, comment ne pas insister sur le rôle des femmes, de sa maman qu'elle ne revit qu'en 1945, de retour de déportation et qui n'était pour elle « qu'une étrangère. » Mais à l'évidence, elle eut beaucoup d'amour pour sa fille au point de lui permettre de vivre une vie comme celle des autres même si l'image du père la poursuit encore…et depuis la sortie de son livre « que de lettres, que de témoignages qui m'en apprennent encore tellement sur lui. »

(1)Le colonel Fabien était mon père : Monique Georges. Editions 1001 nuits collection Document 320 pages, 20,20 euros
(2) Avec une capacité " d'accueil " de 18500 personnes, le camp de Gurs est le plus grand camp du sud de la France. Construit en 42 jours, de mars à avril 1939 pour interner les combattants de l'armée républicaine espagnole vaincue par le franquisme, il sera utilisé ensuite comme centre d'internement pour les indésirables du régime de Vichy et deviendra l'une des bases de la déportation des juifs en France.

Prochaine conférence de la SED le samedi 23 janvier 2010 à 16 heures. Invité Jean-Charles Houel (eh oui). J'évoquerai quelques grandes rencontres faites au cours de ma vie de journaliste à Louviers.

12 décembre 2009

Ghani Yalouz à Val-de-Reuil pour inaugurer la halle d'athlétisme

Bernard Laporte, ancien secrétaire d'Etat chargé des sports, avait officialisé le 30 mars dernier, en accord avec Bernard Amsalem, président de la fédération française d'athlétisme ( FFA), la nomination de Ghani Yalouz au poste de directeur technique national (DTN) de la fédération française d'athlétisme.

Ghani Yalouz (41 ans) possède une forte expérience du milieu sportif français et international. Il a été successivement sportif de haut niveau, médaillé olympique, médaillé mondial, double champion d'Europe, directeur des équipes de France de lutte, puis DTN de la fédération française de lutte. Ainsi, ses compétences et ses grandes qualités humaines constituent, à coup sûr, une forte plus-value pour l'athlétisme français de demain.

Ghani Yalouz était présent, aujourd'hui, à Val-de-Reuil, à l'occasion de l'inauguration officielle de la halle d'athlétisme. Bernard Amsalem avait tenu à cette présence symbolique à plus d'un titre. Car au-delà des discours et des mondanités, cette salle servira avant tout aux sportifs qui vont bénéficier d'un lieu idéal pour l'entraînement et la compétition. La présence du directeur technique national devait aussi être un encouragement pour les athlètes présents et appelés à concourir en démonstration. Il s'avère que les installations répondent réellement aux espoirs des promoteurs, le conseil général, la Région, l'Agglomération Seine-Eure et la ville de Val-de-Reuil.

Nous ne ferons pas la campagne du maire de Louviers

Jean-Michel Apathie, journaliste, commentateur au grand journal de Canal plus s'est demandé, en interrogeant Cécile Duflot, tête de liste Europe Ecologie en île de France lors des prochaines élections régionales « comment la gauche pouvait se dire la gauche lorsqu'elle soutient Georges Frèche dans la région Languedoc-Roussillon quand la Gauche n'est plus la Gauche. » L'ancien hiérarque socialiste qui a un bilan (mais ce n'est pas une excuse) s'est distingué à deux reprises : lorsqu'il a traité les harkis de « sous-hommes » et lorsqu'il a jugé que la France devrait honte d'avoir tant de Noirs dans l'équipe de France de football et si peu de Blancs.

J'ai été à l'initiative d'une motion adoptée à l'unanimité de la section socialiste de Louviers et demandant l'exclusion de Georges Frèche d'un parti dont la défense des droits de l'homme est une des valeurs essentielles. La fédération de l'Eure ne nous a pas suivis mais finalement Georges Frèche a été exclu. Il vient d'être à nouveau désigné par les socialistes locaux pour prendre la tête de la liste PS au mois de mars ce qui provoque de nombreux remous. Cécile Duflot a été très claire : La liste Europe-Ecologie ne fusionnera pas avec celle de Georges Frèche au second tour de l'élection. Elle a conscience des risques que cette attitude peut créer mais elle ne veut pas transiger avec ses principes. « C'est la seule région dans laquelle nous avons décidé d'agir ainsi. Ailleurs, l'Union de la Gauche sera privilégiée. »

Cela fait du bien d'entendre cela. Car les risques de perdre la majorité à Gauche en Languedoc Roussilon ne sont pas négligeables. Toutes proportions gardées, nous avons connu la même situation à Louviers lors des municipales. Bien sûr, on ne peut pas comparer Georges Frèche et Franck Martin et malgré toutes les préventions qu'on peut avoir à l'égard du maire de Louviers, il n'a pas atteint le degré d'infamie de l'ancien maire de Montpellier. Nous n'avons pas voulu, nous non plus, transiger avec des valeurs jugées essentielles telles que la délibération collective, le respect de la dignité des individus, la prise en compte de la représentativité des « alliés », non sans oublier le devoir de d'abord servir les populations qui attendent beaucoup de la Gauche sur les plans social et économique.

Nous aussi nous avons pris des risques. Totalement assumés. Bien sûr, comme le dit le maire de Louviers, nous avons perdu des postes d'adjoints, des vice-présidences à la CASE, les indemnités qui vont avec. Et alors ? Nous avons préservé des valeurs bien plus importantes. Le combat que nous menons actuellement pour un retour en régie publique de l'eau et de l'assainissement au niveau de la CASE n'est pas encore unanimement partagé par les élus de Gauche. Nous allons avancer pas à pas. Déjà, la révélation de l'arrêt du Conseil d'Etat peut éclairer certains esprits plus ouverts que d'autres. Nous finirons par convaincre les plus hésitants d'entre eux car ils comprendront où se situe l'intérêt général.

Voilà pourquoi nous ne cesserons d'affirmer ce en quoi nous croyons. Voilà pourquoi nombre de socialistes lovériens, en responsabilité, ne feront pas la campagne de Franck Martin s'il est présent en position éligible sur la liste de nos camarades socialistes.

11 décembre 2009

C'est clair comme de l'eau de roche

Je me félicite du résultat du sondage affiché sur ce blog et rassure d'emblée un méchant détracteur qui se demandait comment j'allais bourrer les urnes. Que lui ait eu cette pensée, cela le regarde.
Je profite de l'occasion pour répondre à quelques commentateurs faussement naïfs qui m'interrogent avec raison sur la décision du conseil d'Etat concernant l'arrêt Olivet.

La décision lue le 8 avril 2009 après sa décision de jugement du 3 avril est résumée ainsi dans le communiqué de presse visible sur le site du Conseil d'Etat. Elle dit expressément ceci : « Le Conseil d'Etat juge que les dispositions de la loi Sapin qui encadrent la durée des conventions de service public s'appliquent aux contrats signés avant l'entrée en vigueur de cette loi. Une telle application n'entraîne pas pour autant la nullité des contrats de durée supérieurs conclus avant cette entrée en vigueur ou une obligation de la renégocier pour en réduire la durée. Elle a pour effet d'empêcher que ces contrats puissent être régulièrement exécutés au-delà de la durée maximale fixée par la loi Sapin. »

Autrement dit, pour ce qui nous concerne, les 20 ans de délai de la loi Sapin sur les contrats d'eau et d'assainissement (signés en 1989 ou 1994) prendront fin en février 2015. Si j'ai indiqué 2014-2015 dans un article récent, c'est évidemment parce qu'il faudra pour la CASE renégocier avant la fin du contrat et que l'année 2014 devra être mise à profit pour étudier toutes les solutions : délégation de service public à une société privée ou retour en régie publique et sous quelle forme ?

Christian Renoncourt, lors de la réunion publique de Val-de-Reuil, mercredi, a annoncé la couleur : dans le programme politique d'une liste de la gauche unie, le retour en régie publique figurera noir sur blanc ce qui nous différenciera de la liste Martin ou de celle que ce dernier aura inspirée.

La commune d'Olivet avait passé un contrat de 99 ans avec la Compagnie générale des eaux en 1933. L'échéance devait donc arriver en 2032. Le Conseil d'Etat précise dans son arrêt : « S'agissant d'une concession dans le domaine de l'eau, cette exécution devra prendre fin au plus tard en 2015 soit vingt ans à compter de l'entrée en vigueur de la loi du 2 février 1995. »

Autrement dit, quand Franck Martin nous bassine les oreilles avec l'échéance inévitable et non négociable de 2024, ou il est ignorant de la loi ou il ment effrontément. C'est au choix mais pour moi, c'est clair comme de l'eau de roche.

10 décembre 2009

Débat sur l’identité nationale en préfecture : Manoeuvre de diversion et logique xénophobe !

Un des débats initiés par M. Besson, Ministre du chiffre et des expulsions, a lieu ce jeudi 10 décembre à Bobigny dans le salon d’honneur de la préfecture. La Ligue des Droits de l’Homme et sa Fédération de Seine Saint-Denis ne participeront pas à cette initiative. Par principe, nous sommes favorables au débat. A sa liberté, à sa pluralité, à son utilité. C'est pourquoi nous refusons le « grand débat sur l'identité nationale » organisé par le pouvoir : parce qu'il n'est ni libre, ni pluraliste, ni utile.

Il n'est pas libre car c'est le gouvernement qui le met en scène, qui pose les questions et qui contrôle les réponses. Il n'est pas pluraliste car sa formulation réduit d'emblée notre diversité nationale à une identité unique. Il n'est pas utile car cette manoeuvre de diversion est une machine de division entre les Français et de stigmatisation envers les étrangers. Accepter que l'Etat entende définir à notre place ce qui nous appartient, dans la variété de nos itinéraires, de nos expériences et de nos appartenances, c'est ouvrir la porte à l'arbitraire, à l'autoritarisme et à la soumission. La République n'a pas d'identité assignée, figée et fermée, mais des principes politiques, vivants et ouverts. C'est parce que nous entendons les défendre que nous refusons un débat qui les discrédite.

De plus ce débat est orchestré par un ministère qui associe gestion de l’immigration et défense de « l’identité nationale », un ministère dont l’action et le discours renforcent les stéréotypes xénophobes qui font de l’étranger une menace, un ministère dont les priorités sont la gestion policière des flux migratoires et la politique du chiffre bien plus que l’accueil et l’intégration.

La LDH ne saurait donc cautionner en aucune manière cette prise en charge officielle de la « lepénisation des esprits ». Elle serait par contre la première à participer à un débat public sur les moyens que devrait se donner l'Etat pour renforcer les politiques publiques en faveur de l'ensemble des populations les plus défavorisées (école, logement, santé…), en Seine Saint-Denis et ailleurs. Elle est partie prenante de tout ce qui contribue à promouvoir une France de la liberté des opinions, de l'égalité des droits et de la fraternité des peuples.

Communiqué de la Ligue des droits de l'homme de Seine-Saint-Denis, le 10 décembre 2009

Officiel : le contrat passé entre la CASE et Véolia prend fin en 2014-2015 !

Est-ce par esprit de dissimulation ? Est-ce par volonté de taire une vérité inavouable ? Il est un fait indéniable et disons-le regrettable : le président de la CASE nous ment. Il affirme en boucle, depuis des mois, que le contrat eau et assainissement passé entre la CASE et Véolia expirera en 2024 et qu'il est impossible d'y déroger sous peine de compensations excessives financièrement. Tout cela est totalement faux.

La loi Sapin du 29 janvier 1993 oblige « à une remise en concurrence périodique la liberté d'accès des opérateurs économiques aux contrats de délégation de service public et la transparence des procédures de passation ». S'agissant de l'eau, la durée maximum des contrats a été fixée à 20 ans. Le Conseil d'Etat, dans un arrêt du 3 avril 2009 (commune d'Olivet) oblige les communes, communautés à respecter la loi du 2 février 1995 qui a précisé que « dans les contrats de l'eau, l'assainissement, les ordures ménagères, les délégations de service public ne peuvent avoir une durée supérieure à vingt ans. » C'est écrit noir sur blanc. Le contrat Véolia-CASE prendra donc fin dans cinq ans et nous y veillerons.

Voilà enfin révélée une vérité collective grâce à l'action de « l'Association pour l'amélioration du cadre de vie et de l'environnement » dont les membres prennent une part active dans le travail d'investigation. Elle organisait, hier soir à Val-de-Reuil, en présence d'une soixantaine de personnes, une rencontre avec Jean-Luc Touly (photo JCH) président de l'ACME (1) qui, pendant 45 minutes a expliqué en détails les « arnaques » des grands groupes (2) et la passivité complice de nombre de collectivités de Gauche comme de Droite. Jean-Luc Touly est un ancien cadre de Véolia, il connaît, en interne, les mécanismes dont la révélation au grand public lui a valu son licenciement (3). Ayant en main le rapport annuel de l'eau et de l'assainissement pour l'année 2008 sur le territoire de la CASE, il a disséqué des comptes analytiques extrêmement bizarres : les abonnements et entretien de compteurs, les frais de siège (local, régional, national) l'opacité sur les marges (« si vraiment Véolia ne fait que 2,8 % de résultat net, rendons leur service en reprenant tout de suite en régie publique un service si peu gratifiant et tellement philantropique ! »)Il est évident que les marges réelles sont bien supérieures. C'est si vrai que le retour en régie publique est souvent synonyme de : baisse du prix de l'eau, augmentation des investissements, amélioration du rendement (Sur le territoire de la CASE, sur 100 litres d'eau pompés, 20 litres sont gaspillés).

Les interventions du public ont été nombreuses. On sent bien qu'il existe un courant de citoyens désireux de s'emparer de sujets sensibles habituellement réservés à quelques spécialistes. Le témoignage de Stéphane Connan qui succédait à la prise de parole d'un dirigeant régional de Véolia en a plus dit que toutes les fanfaronnades du président de la CASE et, surtout, ce témoignage émouvant, circonstancié, a bien montré combien la réalité dépasse la seule communication du maire de Louviers qui ne peut tenir lieu d'information. La récente réunion du conseil municipal était une vraie caricature !

A la fin de la soirée, les présents en savaient beaucoup plus sur le fonctionnement des grands groupes : GDF-Suez, bientôt « EDF-Véolia ». La logique est toujours la même : agrandir le périmètre d'intervention, organiser un lobbying intense auprès des décideurs, s'abriter derrière un savoir-faire que les régies publiques possèdent aussi puisqu'il s'agit souvent des mêmes agents (4) et opacité des comptes.

Les orateurs ont pris soin de faire supporter les responsabilités principales aux élus qui sont les vrais décideurs. Les entreprises privées agissent en entreprises privées et profitent de la faiblesse d'analyse des maires, de leur paresse intellectuelle ou de la complaisance de présidents de communautés trop heureux de « déléguer » des compétences pour lesquelles ils se déclarent…incompétents ou favorables idéologiquement. Ce n'est évidemment pas la position de l'association (5) que j'ai l'honneur d'animer. Nous aurons maintes occasions de le prouver.

(1) ACME : association pour un contrôle mondial de l'eau. Cette association, avec l'UFC Que choisir, milite pour la transparence dans la passation des marchés publics.
(2) Les grands groupes sont : Véolia, La Lyonnaise des eaux (Suez) et la SAUR…
(3)« L'eau des multinationales, les vérités inavouables » Roger Lenglet et Jean-Luc Touly (éditions Fayard).
(4) JL Touly rassure ceux qui ont peur : en cas de retour en régie publique, le code du travail oblige les collectivités à reprendre le personnel en place qui fait preuve du même professionnalisme.
(5) Pour prendre contact avec l'Association : Jean-Charles Houel, 8 bis route de Pacy, 27400 Louviers. ou rpseine.eure@yahoo.fr

Courez vite sur le site « Le Post », les ministres UMP s'y trémoussent

Merci à BFM-TV d'avoir anticipé sur la sortie prévue par l'appareil UMP. Grâce aux valeureuses équipes de BFM-TV (merci à tous !), le Sarko-info a diffusé, dès hier soir, une version piratée de cette vidéo ! Un vrai régal. On y voit les Raffarin, Lagarde, Dati, Darcos, Pécresse, dans le lip dub des jeunes de l'UMP, toutes ces seigneuries de la Sarkozie se trémoussent et c'est franchement ridicule. Ils fêtent sans doute leur victoire contre le chômage et l'injustice fiscale !
C'est de la com à 100 % mais de la com miséreuse comme pas une homme ou une femme politique digne de ce nom n'oserait en faire. Remercions le conseiller du cabinet spécialisé qui a permis la réalisation de ce projet. Trop drôle.
Et si vous voulez vous tordre de rire, courez immédiatement sur BFM-TV ou sur Le Post pour admirer cette version piratée du Sarko-Info.
http://www.lepost.fr/article/2009/12/09/1832784_le-lip-dub-des-jeunes-de-l-ump.html

9 décembre 2009

A trois mois des régionales, petit état des lieux

Nul, à Gauche, ne peut se satisfaire du flou qui règne actuellement autour de l'attitude des différents partis et mouvements qui souhaitent se présenter aux prochaines élections régionales.

Au NPA (Nouveau Parti anticapitaliste) certains désirent — et le pourcentage est significatif — un accord avec le Parti de Gauche et le Parti communiste. D'autres, majoritaires avec Olivier Besancenot, préfèrent une liste solitaire « car nous refusons tout accord de gestion avec le PS au second tour. » Le NPA n'est plus la LCR. Des militants peu au fait des anciennes pratiques veulent se faire entendre et faire prendre en compte leurs opinions ou stratégies.

Côté Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon est en colère. Sur son, blog, il juge déplorable le report du rendez-vous prévu ce jour avec Cécile Duflot, tête de liste Europe-Ecologie en Île de France. Il souhaitait discuter programme et sans doute préparation du second tour mais Cécile Duflot préfère travailler sur son intervention de dimanche prochain à Copenhague. Les Verts boudent ostensiblement tout rapprochement avec les autres partis de gauche avant le premier tour. Peut-être exagèrent-ils leur future influence « marsienne » ?

Au Parti socialiste, qui peut nier que l'offre de Ségolène Royal au MODEM dès le premier tour de scrutin, a troublé plus d'un responsable national ou régional. La présidente de la Région Poitou-Charentes, s'amuse à provoquer. C'est ainsi qu'elle existe. Elle a construit son image là-dessus et n'entend pas rentrer dans le rang c'est-à-dire suivre les consignes du bureau national du PS. Ce dernier vient de rappeler qu'au premier tour, on favorise le rassemblement à Gauche et qu'au second on élargit à ceux qui veulent constituer des majorités pour gouverner sur la base d'un programme. Les compétences des régions sont telles qu'il ne sera pas bien difficile d'obtenir un accord sur 90 % des questions à débattre.

A droite, c'est plus simple. L'UMP domine tout, possède tout. Hervé Morin (Nouveau Centre) gesticule mais ses prétentions ne sont pas proportionnelles à son temps de présence au conseil régional de Haute-Normandie dont il est l'élu. En cinq ans, Morin a été présent une heure au grand maximum. On a donc à peine entendu le son de sa voix et les élus régionaux n'ont pas pu apprécier la qualité de ses oppositions ou propositions. Espérons qu'il n'aura pas l'impudence de se présenter à nouveau devant les électeurs de l'Eure ! Voilà le danger de la proportionnelle : faire élire des apparatchiks atteints par le cumul des mandats ou des fonctions.

A l'extrême-droite, la tête de liste du Front national est un conseiller municipal de Sartrouville. C'est dire l'influence du vivier local. Ce parachuté aura en face de lui un certain Car Lang que nous connaissons bien en Haute-Normandie. Il anime un « Parti de la France » qui fera comme Nicolas Sarkozy : des digressions sur « identité nationale et Islam » puisque le débat semble se concentrer sur les rapports de la nation à cette religion. Une religion comme les autres en France aujourd'hui.

Eric Besson a donc raté son coup. Il voulait polluer la campagne électorale des régionales à l'avantage de l'UMP. En fait, il oblige le président de la République à la publication d'un texte de Guaino écrit en catastrophe pour corriger le tir. Besson aggrave son cas puisqu'aussi bien à Droite qu'à Gauche, ce débat semble partir en quenouille. On comprend mieux maintenant pourquoi le ministère de Besson s'intitule « ministère de l'immigration et de l'identité nationale. » Ou du dérapage national !

8 décembre 2009

Nicolas Sarkozy, président de la République ou ministre…du culte ?


« Je veux l’Église chez elle et l’État chez lui ». (Victor HUGO)

« Le Président de la République doit être le garant des institutions et des valeurs qui fondent notre République : séparation du politique et du religieux, renvoi du religieux à la sphère strictement privée, protection de la liberté individuelle, neutralité vis à vis des cultes. Or, depuis le début de son mandat, Nicolas Sarkozy a manifestement confondu la fonction présidentielle avec celle de «chef des croyants», bafouant publiquement et régulièrement le principe laïc comme valeur et comme système.

Déjà en 2004, il dissertait sur la « nécessité » pour la République de déléguer certaines missions aux religions, et il avait évoqué la possibilité de revenir sur la Loi de 1905 dite de séparation des Églises et de l’État.

Les expressions de Nicolas Sarkozy sur la République et la sphère religieuse n’ont été que surenchères et provocations : le 5 décembre 2007, à Constantine, il réduisait les civilisations aux religions, la civilisation arabe à l’Islam, la civilisation occidentale à la chrétienté, disait «nous» en parlant…des chrétiens…

À Latran, le 20 décembre 2007, il affirmait : « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur ». Depuis quand les instituteurs et les curés rivalisent-ils pour la transmission des valeurs aux enfants ? On déduit également du propos présidentiel que le rôle de l’instituteur est apparemment mince et bien inférieur à celui du curé. Le faible rôle des enseignants justifie donc probablement la suppression de milliers de postes dans le cadre du budget de l’Etat…

En 2008, Nicolas Sarkozy s’emballait sur la prétendue suprématie de la spiritualité et des valeurs religieuses sur toutes autres formes de valeurs ; ceci au mépris des populations ne se réclamant d’aucune religion, créant ainsi une discrimination inacceptable. Dans le contexte actuel de montée des extrémismes religieux, il est allé jusqu’à dire que les malheurs du 20ème Siècle étaient dus à la «redoutable absence» de l’idée de Dieu ! C’est le Président de la République française qui le dit, niant plus de deux siècles de combat républicain…..

Plus récemment, depuis le décret du 19 avril 2009, l’Etat reconnaît les diplômes délivrés par les institutions d’enseignement catholique, abandonnant le monopole de délivrance des diplômes par l’Etat, et par suite, rompant l’égalité entre les étudiants (on peut légitimement s’interroger sur la valeur de tels diplômes délivrés par des établissements dont l’habilitation repose sur des critères non scientifiques).

Dernièrement, notre Président a fait adopter par sa majorité la Loi Carle (votée le 28 septembre dernier par l’Assemblée nationale) qui confirme l’obligation du financement public des écoles privées. Cette nouvelle attaque à l’encontre de la laïcité constitue une remise en cause sans précédent d’un des piliers de notre République. C’est en réalité un système d’enseignement inégalitaire et communautariste, une école de ségrégation sociale qui cherche à forcer le passage !

La « rupture » promise par M. Sarkozy, c’est d’abord aujourd’hui celle du «pacte républicain», censé garantir le respect de la liberté absolue de conscience et de toutes les religions par l’élaboration d’un espace public démocratique préservé de toute influence religieuse.

Par leur attachement à la séparation des Églises et de l’État régie par la Loi de 1905, les hommes et les femmes du Parti socialiste réitèrent avec insistance au Président de la République leur vive opposition à toutes les tentatives de voir les Églises dogmatiques s’ingérer dans les affaires de l’État. »

(communiqué du Parti socialiste)