28 février 2015

« La mémoire seule permet aux hommes d'espérer » Elie Wiesel


Destruction de statues de Pierre au musée de Mossoul (Irak) par les djihadistes de la secte Daesh
Et ils piochaient, ils piochaient. Malheureusement, il ne s’agissait pas de Schadocks mais de djihadistes ! Ils piochaient pour éliminer du monde sensible des statues de pierre, produits de l’archéologie pré-islamistes. Des statues du 8e siècle avant Jésus-Christ imaginées et créées par le génie humain. En filmant cet acte insensé, proprement infâme et inouï, les membres de Daesh voulaient provoquer, heurter, susciter la haine. Sinon, à quoi bon détruire publiquement des vestiges du passé ?

On a glosé sur l’emploi de l’expression islamo-fascisme. Manuel Valls, dans un discours récent, n’a d’ailleurs fait que reprendre un mot de Daniel Cohn-Bendit lequel emploie systématiquement cette expression pour qualifier les conduites et les violences des membres de la secte bagdhadiste. Islamo car islamistes et fascistes car semblables aux comportements des nazis avec les autodafés de livres « interdits », les destructions d’œuvres d’art multiples considérées comme dégénérées par les hitlériens et les nazis.

Par leurs actes barbares et leur négation de tout ce qui n’est pas eux, par leurs viols et leurs asservissements, les djihadistes se comportent comme des brutes épaisses sans culture et sans mémoire. Je leur dédie donc cette citation d’Elie Wiesel écrite sur le mur du monument à la mémoire et à la paix de Val-de-Reuil dans l’Eure : « Bouclier contre la laideur de la haine et l’absurdité de la guerre, la mémoire seule permet aux hommes d’espérer. »

27 février 2015

Les insoutenables aveux d’un membre de Boko Haram natif de Diffa


Le texte que je publie ci-dessous est paru dans Aïr-Info à Agadez au Niger. Un ami de Timia, village jumelée avec Louviers, me l'a fait parvenir :

« Il s’appelle Awalé. Il a une trentaine d’années et est natif de Diffa. Il a été pris par les forces de sécurité nigérianes à Maïduguri après la récente intrusion des éléments de Boko Haram dans cette ville. Lors de l’interrogatoire qu’il a subi, le terroriste Awalé a tout dit. Il a révélé le vrai visage de Boko Haram, secte à laquelle il a fait allégeance depuis plusieurs années. Il a parlé des exactions horribles qu’ils commettent sur des populations au nom de Boko Haram. Il a parlé du sort réservé aux femmes qu’ils kidnappent. Il a parlé des soutiens dont leur secte terroriste bénéficie à Maïduguri. Il a parlé de ce qu’il gagne après avoir tué et ou pillé des banques et des magasins…etc 

Aïr Info s’est procuré une copie de ce document pour révéler à la face du monde comment des jeunes, drogués, endoctrinés par des gourous illuminés tuent, volent et violent au nom d’un faux idéal qui permet seulement à un groupe d’intérêts de gagner de l’argent. Awalé, un de leurs exécutants, dit tout et en termes insoutenables. Décryptage.
 
Quand vous tuez des gens, et volez leur argent, est-ce que vous êtes payés pour ça et combien ?
Quand nous tuons des gens ou braquons des banques, nous remettons tout à notre chef. C’est en fonction de ce qu’on a rassemblé que nous sommes payés. Si c’est par exemple plusieurs millions de nairas, il peut décider de nous remettre chacun une prime qui peut aller des fois à 100.000 nairas.
Où-est-ce que tu caches cet argent, toi ?
Des fois, j’envoie une partie à mes frères qui sont restés à Diffa.
Comment tu leur envoies cet argent alors ?
Je pars à Gomborou et je remets l’argent à un ami chauffeur répondant au nom de Amouna, qui remet ça en mains propres à ma famille.
Et le reste de l’argent ? Qu’est-ce que tu fais avec ? Tu fais un trou pour le cacher ou tu le déposes en banque ? Dis-nous la vérité !
Je n’envoie pas tout à la maison. Je pars déposer le reste à la banque.
Combien as-tu actuellement en banque ?
Cela fait à peu près deux à trois mois que je n’ai pas été à la Banque. Mais je sais que j’ai environ un million et demi de nairas sur mon compte à la Banque Interprice.
Où est ton carnet de chèques ? Peux-tu nous confirmer que ce compte est à ton nom ? On va vérifier si ce que tu dis est vrai !
Oui, je vous confirme que j’ai un compte à Interprice. Mais je n’ai plus de chéquier. Il me faut en commander un autre.
Alors dis-nous maintenant ce que tu comptes faire avec tout cet argent ?
Je compte me marier à Diffa. Une fois le mariage scellé, je vais amener la femme au village de N’Gala.
Est-ce que la fille que tu veux épouser sait que tu es membre de Boko Haram ?
Non, elle ne le sait pas ! Elle est de la famille de ma mère. C’est un mariage de famille. C’est ma mère qui l’a choisie pour moi.
Depuis que tu es avec Boko Haram, est-ce que tu t’es marié ? Et puis dis-nous ce que vous faites des femmes que vous kidnappez ?
Oui, on kidnappe des filles pour les amener chez nous. Une fois avec nous, elles sont totalement mises à notre disposition.
Est-ce que vous les épousez quand elles sont avec vous ?
Non, tout le monde passe quand il veut. Nous les violons à tour de rôle.
Et vous vous dites musulmans avec ça ?
Non, nous ne prions même pas ! Pas du tout ! Même notre Emir ( Ndlr : Aboubacar Shekau) ne prie pas. Je peux le témoigner car je suis avec lui de temps en temps.
Ah bon ? Votre Emir ne prie même pas ! Et c’est pourquoi il vous demande d’aller égorger des musulmans dans les mosquées, de tuer des gens qui n’ont rien fait ! Mais pourquoi toi tu continues de faire ce qu’il te dit de faire ?
Moi, on m’a forcé à être dans Boko Haram. On m’a remis une arme pour aller tuer.
Mais pourquoi, tu n’as pas utilisé cette arme pour tuer ceux qui te poussent à faire ce que tu fais sachant pertinemment que ce qu’on te demande de faire n’est pas bien ? Qu’est-ce qu’ils t’ont fait pour ne pas agir contre eux ?
Vraiment, je ne sais. On m’a donné une sorte de boisson pendant trois mois. Rien que cette boisson pendant trois mois, sans vraiment manger. Regarde comment j’ai maigri après ce que j’ai enduré pendant ce temps.
Après ça, qu’est-ce qu’ils t’ont demandé comme première mission ?
Ils m’ont demandé de tuer trois personnes sur place et après boire leur sang. Mais quand j’ai refusé, ils m’ont demandé de laver mon visage avec leur sang et c’est ce que j’ai fait car, disaient-ils, cela « sèchera » mes yeux pour ne plus avoir peur de tuer par la suite.
Est-ce que tu as une fois eu envie de quitter Boko Haram ?
Franchement, non ! Les quitter ? Non, je ne pensais même pas à ça au début ! Parce que si je dis que je vais les quitter, ils vont me tuer ! Mais j’ai réfléchi avec mon mariage qui approchait et hier nuit, j’ai fui. C’est en ce moment-là que vous m’avez pris.
Quand on t’avait arrêté, tu portais plusieurs bagues aux doigts, à quoi elles servent ?
C’est pour remettre ça à ma mère qui est à Diffa. Elle aime les bagues.
Ok ! Tu es sûr que c’est pas pour perdre les traces en te comportant comme un « Nigga » (Ndlr : jeune habillé dans le style hip hop américain) ?
Non, c’est pour offrir ces bagues à ma mère !
Dis-nous maintenant : qui sont vos soutiens ici à Maiduguri ? Quelqu’un qui vous aide en vous fournissant du matériel, de l’argent ou n’importe quoi ? Attention, dis-nous la vérité, rien que la vérité !
Là où on se trouve à Guebi, ils sont trois à nous rendre visite et à nous aider. Il y a Emir Mohamed Ibrahim, nous l’appelons aussi «Alanguro» (Ndlr : chef en langue kanuri) et deux autres que nous appelons «Alanguro assistant». Ils sont tous de Maiduguri et logent au quartier Diaré. Je sais que l’un d’entre eux travaille à la Banque. »
Propos recueillis par DIALLO Ibrahim Manzo

« Quelques-uns des salopards qui organisent le pillage des pays endettés en prétendant les sortir de la crise ont désormais un nom et un visage »


« Heureusement pour nous, il n’y a pas sur le petit écran que ce triste sire de Calvi et sa clique de copains foireux avec leurs débats mironton. Il y a aussi ARTE et son magazine Thema. Et ce mardi 24 février, il ne fallait manquer Thema sous aucun prétexte. L’Europe et ses plans d’austérité en étaient le sujet. Et le premier document intitulé : « Puissante et incontrôlée : la troïka ». C’est de celui-ci dont nous parlerons.
Albert Jaegerl

Au moment où s’engage l’épreuve de force entre le nouveau gouvernement grec d’Alexis Tsipras et l’Union européenne représentée par ce qu’on appelle la troïka, c’est-à-dire l’organe regroupant trois institutions : le FMI, Fonds monétaire international, la Commission européenne et la BCE, Banque centrale européenne, il n’est pas inintéressant d’en savoir un peu plus sur le sujet. Plus qu’habituellement avec les soi-disant vérités orientées, répétées comme des mantras à longueur de journée dans les journaux télévisés et les radios des chaînes publiques ou privées. Et ce qu’on y apprend est proprement sidérant.

Par ailleurs, Émilie Aubry, présentatrice du magazine, avait invité comme observateur l’immense réalisateur franco-grec Costa-Gavras dont la parole trop rare n’en avait que plus de portée.

Le journaliste allemand Harald Schumann — au physique, une sorte de Jean-Charles Houel — a mené pendant plus d’un an une enquête remarquable sur les agissements de la troïka dans tous les pays où elle est intervenue : Grèce, Portugal, Irlande et Chypre. Des pays victimes du surendettement auxquels la troïka a imposé ses remèdes de Diafoirus : les fameux programmes d’ajustements structurels. Car dans tous ces pays sans exception, le remède a été pire que le mal : loin de s’améliorer, leur situation n’a fait qu’empirer.

Songeons un instant que la Grèce en est aujourd’hui réduite à devoir accepter l’aide humanitaire internationale, comme un quelconque pays sous-développé du tiers-monde parce que nombre de gens n’y mangent plus à leur faim ou ne peuvent se faire soigner faute de médicaments. Et qu’il en meure tous les jours pour cette raison. Que près de 3.000.000 de Grecs n’ont plus aucune couverture sociale ; que le nombre des médecins hospitaliers est passé de 5.000 à 2.000 en trois ans ; qu’on estime à plus de 4.500 le nombre des suicides survenus depuis la mise en œuvre des plans d’austérité de la troïka ; que les salaires et les retraites ont baissé d’environ 30% ; que 60 % des jeunes sont au chômage, etc. Qu’est-ce donc que cette Europe-là ?

Et, toujours en Grèce, sans que soit combattue l’évasion fiscale et les fraudeurs dont plus de 2.000 des plus importants ont été identifiés (l’équivalent du montant de la dette grecque serait à l’abri dans les banques suisses), sans que soient mis à contribution les armateurs et le clergé depuis toujours exonérés de l’impôt, le remboursement effectif de la dette a été mis à la charge des plus pauvres et des classes moyennes. Ceci par les fonctionnaires de la troïka, technocrates désincarnés n’ayant aucun compte à rendre aux populations qu’anéantit la violence inouïe des mesures imposées. Parfois même dans le déni total des traités européens, lorsque la troïka exige au motif de la compétitivité l’abaissement du salaire minimum et des pensions, ou encore anéantit le dialogue social en imposant l’effacement des conventions collectives, comme au Portugal.

Jorg Asmussen
Mais aussi quand, faisant appel à des organismes privés pour les mettre en œuvre, elle dresse la liste et organise les privatisations dans des conditions scandaleuses laissant clairement supposer favoritisme et corruption. Qu’il s’agisse du patrimoine et des richesses des pays : eau, énergie, transports, des ressources naturelles : mines, forêts, îles, bords de mer, des infrastructures : ports, aéroports, ponts, autoroutes, des banques, etc. Tout y passe. Ce transfert à des intérêts privés, le plus souvent à vil prix, du patrimoine collectif constituant les richesses de ces pays est un véritable pillage. Il signifie leur ruine, l’impossibilité pour eux de sortir un jour de leur endettement et le sacrifice des jeunes générations contraintes à l’exil.

Thomas Wieser
De ces politiques iniques, décidées depuis New York par le FMI de DSK puis de Christine Lagarde, depuis Berlin par le gouvernement d’Angela Merkel et son ministre des finances Walter Schauble, depuis Bruxelles, par la Commission européenne de José Manuel Barroso puis de Jean-Claude Juncker, soutenue par sa majorité libérale au parlement de Strasbourg (constituée de l’alliance des partis de droite et des socio-libéraux du Parti socialiste européen), quelques-uns des exécutants sont donc à présent clairement identifiés. Comme Thomas Wieser, président du groupe de travail de l’Eurogroupe, Jörg Asmussen représentant de l’Allemagne à la BCE, Albert Jaeger, représentant du FMI au Portugal, idéologues cyniques et bornés, incapables d’ouvrir les yeux sur les conséquences tragiques qu’engendrent leurs décisions arbitraires et sans appel imposées à des gouvernements impuissants sur lesquels ils exercent leur ignoble chantage.

Costa-Gavras l’affirme : ces gens-là feront tout pour faire échouer Alexis Tsipras. Ils n’ont que faire des peuples, de l’intérêt général et de la souveraineté des États qu’ils piétinent et mettent en coupe réglée au seul bénéfice de quelques-uns, notamment les grands groupes multinationaux et les hedge-funds de la finance internationale qui n’en finissent pas d’étendre leur pouvoir sur le monde.

À voir impérativement ou à revoir en replay, comme on dit en bon français. »


Reynald Harlaut

26 février 2015

Yves Calvi s'use et nous use


Yves Calvi
Interloqué ! C’est l’adjectif qui me vient à l’esprit après avoir regardé l’émission C dans l’air, hier soir. Sur le plateau animé par Yves Calvi, se retrouvent les habitués comme Yves Thréard, Bruno Jeudy (passé du JDD à Paris-Match) Michèle Bernard-Requin, magistrat honoraire et Yves Charpenel, avocat général à la Cour de Cassation.

Interloqué de constater qu’une émission du service public consacre une heure de son temps à commenter, analyser deux procès dont les jugements ne seront connus que dans quelques mois : l’affaire Bettencourt et l’affaire dite du Carlton de Lille. Autrement dit, il existe des magistrats, pesant actuellement les arguments des uns et des autres, influencés directement ou indirectement par ceux-là même qui pendant une heure ne se privent pas d’accuser le pouvoir de connivences ou d’accointances avec la presse ! C’est le monde à l’envers…

Comme l’émission s’intitulait « justice-politique, non-lieu » pour expliquer comment Sarkozy et Woerth d’une côté, DSK de l’autre, ont été mêlés (ou pas) aux affaires. Les protagonistes ne se cachaient pas de connaître la fin de l’histoire avec des relaxes pour DSK et Woerth. Dans ces conditions on se demande bien à quoi servent les juges ?

D’Yves Thréard, on sait ce qu’il pense et on sait aussi ce qu’il faut en penser. Rédacteur en chef du Figaro, il fait du Figaro, dans ce qu’il a de plus engagé, à droite évidemment. Il défend deux lignes : soutien à Sarkozy sans nuances, propos bruts parfois brutaux, détestation de la gauche, quelle qu’elle soit. Thréard ne surprend pas : c’est le champion de l’enfoncement des portes ouvertes. Le roi du banal et du prêt à penser.

Bruno Jeudy (ancien du JDD) nous a plus étonné. Son arrivée à Paris-Match a certainement une influence sur sa nouvelle façon de réfléchir et sur ce qu’il se sent autorisé à dire. Les doutes ont disparu, la prudence avec, le journaliste y va carrément. Les juges d’instruction sont dans son collimateur…si la presse sait tout, il suffit de se tourner vers les avocats mais également vers certains magistrats. Oui, et alors ?

Mme Bernard-Requin ne fait pas dans la dentelle. Elle s’en est prise au Syndicat de la Magistrature (25% des magistrats) « classé à gauche », comme Yves Calvi, sans qu’il ait pensé un seul instant à inviter une représentant du SM, à donner la parole à sa secrétaire générale mise en examen pour injure après le fameux « mur des cons ». L’affaire est vite jugée : le SM est condamné sans débat contradictoire sur un plateau télé en quelques minutes. Faut-il en tirer la conclusion que tous les autres magistrats seraient classés à droite ? Sont-ils, ces magistrats, au-dessus de tout soupçon d’orientation ?

Yves Charpenel est le plus mesuré et le plus prudent des cinq. Est-ce parce qu’il préside une association de lutte contre la prostitution partie civile au procès de Lille ? Est-ce parce qu’il accorde plus d’importance au débat public contradictoire, à la seconde instruction en quelque sorte ? Il aura été le seul des cinq à se montrer à la hauteur du débat et respectueux des jugements à venir.

Ma conclusion : Yves Calvi en fait trop. Il ne parvient plus à conserver la distance nécessaire au débat. Ses invités — toujours les mêmes — s’usent et nous usent. On comprend bien que les producteurs de C dans l’air veuillent faire le buz. Mais pas comme ça et pas avec ces gens-là.

25 février 2015

Un duo expérimenté à la tête de l'Arsenal, le nouveau théâtre de Val-de-Reuil

 « Le nouveau théâtre de l’Arsenal ouvrira ses portes à Val-de-Reuil en septembre prochain. Ce nouveau bâtiment, conçu par l'architecte Jean-François Bodin, offrira une jauge de 550 places qui pourra, dans une configuration élargie, accueillir jusqu'à 1000 personnes.
Appelé à devenir un des grands équipements culturels de la région, sa direction devra l’animer, établir des partenariats avec les acteurs culturels, assurer une programmation diversifiée. La ville a donc publié une annonce tant dans la presse locale que dans la presse spécialisée pour recruter celui ou ceux qui seraient en charge de cette mission. 45 candidatures provenant de la France entière ont été examinées. Le 16 février dernier, le jury, présidé par Catherine Duvallet, 1ère adjointe, et composé pour moitié d’élus municipaux et pour moitié de professionnels du spectacle, a reçu les candidats sélectionnés lors du premier tour en décembre dernier.

A l’issue de ces entretiens durant lesquels les candidats ont pu présenter leur projet, le jury a désigné l’équipe lauréate constituée de Dominique Boivin et Jean-Yves Lazennec. Dominique Boivin, chorégraphe est, depuis 1991, Directeur artistique de la Compagnie Beau Geste, en résidence à Val-de-Reuil, créée en 1981 par 7 danseurs issus du Centre National de Danse Contemporaine dirigé à l’époque par le chorégraphe américain Alwin Nikolaïs. Par le nombre de leurs diffusions autant au niveau national qu’international, certaines créations sont devenues emblématiques du style Beau Geste: « Mécaniques », spectacle pédagogique, « La Danse une histoire à ma façon » et « Transports Exceptionnels », spectacle qui continue son parcours à travers le monde après avoir été joué dans plus de 50 pays.

Jean-Yves Lazennec est metteur en scène, diplômé de Sciences politiques, licencié en études théâtrales à Paris III. Il a participé à l’Atelier-Théâtre des Quartiers d'Ivry et de La Belle de mai (MAC de Créteil). Cofondateur du Théâtre Universitaire de Paris X – Nanterre, il a été directeur des Études de l’École Supérieure de comédiens du CDN de Saint-Étienne. Depuis 2 ans il est le directeur artistique du Festival de théâtre « Côté Jardin » dans le cadre du théâtre des Chalands.

Deux disciplines, la danse et le théâtre sont désormais associées pour proposer des spectacles de qualité, accessibles à tous, dans une ville qui fête ses 40 ans. Milan Kundera a écrit « La culture, c'est la mémoire du peuple, la conscience collective de la continuité historique, le mode de penser et de vivre. » Val-de-Reuil est une ville de culture. Val-de-Reuil est une ville qui avance ! »


(Communiqué de Marc-Antoine Jamet, maire)

24 février 2015

« Les propos du président du Crif sont inacceptables et dangereux »


« Les propos du président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) à l’égard des jeunes musulmans et de l’islam sont inacceptables et dangereux. Ils s’inscrivent dans la logique d’un homme qui s’était déjà inquiété de la « fécondité des femmes musulmanes ». Le piège serait d’y répondre par une réaction de même nature. Dénaturer la volonté de vivre ensemble en un face-à-face communautaire, c’est légitimer les affrontements de demain et c’est nier la nature même du combat contre le racisme et l’antisémitisme. 
Il appartient aux pouvoirs publics de refuser toute révérence à l’égard de quelque représentation communautaire que ce soit et de répliquer fermement à toute expression publique qui jette l’opprobre sur une partie de la population. Il faut que nous refusions ensemble ces assignations à résidence communautaires qui sapent les fondements mêmes de la République. »

(Communiqué de la Ligue des droits de l'Homme)

Risque de piratage des cartes bancaires avec la fonction « sans contact »


« M. François Loncle alerte Mme la secrétaire d’Etat chargée du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation et de l’Economie sociale et solidaire sur les risques de piratage des cartes bancaires sans contact. La fonction « sans contact » permet au titulaire d’une carte bancaire marquée d’un logo spécifique évoquant un écho radar de régler tout achat n’excédant pas 20 euros simplement en posant la carte sur le terminal de paiement du commerçant, sans avoir à taper le code confidentiel. Plus de 18 millions de cartes bancaires – soit le tiers des cartes en circulation - sont aujourd’hui équipées de ce dispositif qui paraitrait utile, pratique et commode s’il ne présentait de sérieux dangers. Des informaticiens ont en effet révélé qu’il est possible d’en intercepter les données personnelles, notamment le numéro de la carte et sa date d’expiration. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a confirmé les failles de ces cartes. De plus, le détenteur d’une telle carte peut, en cas de perte ou de vol de celle-ci, éprouver quelque difficulté à démontrer auprès de sa banque un paiement frauduleux.
M. François Loncle demande à Mme la secrétaire d’Etat chargée du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation et de l’Economie sociale et solidaire que la fonction sans contact ne soit qu’une simple option pouvant être acceptée ou rejetée, que les établissements bancaires ne l’imposent pas en tout cas à l’insu de leurs clients et qu’ils ne l’activent pas sans leur approbation écrite. Il souhaite qu’elle manifeste une grande vigilance à l’égard de la sécurité des données personnelles contenues dans les cartes bancaires et qu’elle veille à son amélioration. »
 François LONCLE
Député de l’Eure

Avec ses Golden Hello, le PDG de Sanofi vous salue bien !


…et l'argent !
" C'est incompréhensible. Comment tous ces gens, qui expliquent que c'est le mérite, que c'est l'économie libérale, le risque, la prise de risques qui doivent faire les résultats, ces gens-là, à peine prennent-ils la tête d'une entreprise – c'est-à-dire qu'ils n'ont pris encore aucun risque – sont déjà assurés d'avoir une rémunération sans commune mesure ? "
Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement, réagit ainsi à l’annonce de la prime d’arrivée du nouveau PDG de la société Sanofi. En effet, le futur dirigeant de l’important laboratoire pharmaceutique s’est vu attribuer 2 millions d’euros dès la signature de son contrat d’engagement, lui qui vient de quitter le laboratoire Bayer en Allemagne. A ces 2 millions s’ajouteront deux autres millions le 1er janvier 2016 ! C’est ce qu’ils appellent des golden Hello, une sorte de prime de bienvenue. Golden Hello, on aura tout vu.

Il ne s’agit plus de calculer la prime de licenciement mais la prime d’engagement ! Alors que ce monsieur n’a pas encore mis les pieds au siège de Sanofi, il a déjà son compte bancaire bien garni. On touche en entrant et on touche en partant sans oublier les cadeaux sous forme d’actions gratuites par dizaines de milliers (1) !

Ce n’est pas une découverte. On sait, depuis des années, que certains grands patrons ont des salaires indécents voire amoraux ou immoraux, j’hésite sur le choix de l’adjectif. Ces salaires ajoutés aux retraites chapeau et aux stock-options créent des richesses énormes, injustes eu égard aux salaires des employés et cadres de la base indexés sur le taux d’inflation devenu…négatif.
Nul n’ignore, il est vrai, que ces grands patrons ne sont pas pléthore sur le marché et que les plus compétents se monnaient au prix fort. Il n’empêche que ces salaires mirifiques demeurent incompréhensibles encore plus illégitimes dans un contexte de crise économique. Une crise dont sont d’abord victimes les plus faibles, les jeunes et les chômeurs de longue durée.

Il y a pire encore. Le directeur général de HSBC Angleterre, celui-là même qui vient de publier une lettre d’excuse après le scandale révélé par nombre de journaux européens — le Swissleaks —  était de ceux qui avaient un compte dans la filiale suisse, compte évidemment masqué sous un nom de société avec placement dans des paradis fiscaux. Il paraît, dixit la direction de la banque londonienne, que le directeur était en règle avec le fisc britannique…ce qu’on demande à voir. Il faudra évidemment qu’il le prouve car on est « payé » pour savoir que le langage bancaire n’a pas grand-chose à voir avec celui du vulgum pecus.

Ces faits révélés le même jour ne font qu’appuyer un peu plus là où cela fait mal et accentuent, s’il en était besoin, les différences existant entre des mondes qui s’ignorent. L’un, Olivier Brandicourt, le ponte de Sanofi, parle en millions d’euros comme s’il s’agissait de menue monnaie et l’autre se demande comment il va se loger, se nourrir et assurer l’avenir de ses enfants. Deux mondes exactement.

(1) Le laboratoire pharmaceutique a prévu une rémunération fixe annuelle brute de 1,2 million d'euros, une rémunération variable « cible » de 150 % de la rémunération annuelle fixe et susceptible d'atteindre 250 % de celle-ci, ainsi qu'une rémunération en actions qui consistera en une attribution annuelle de 220 000 options de souscription d'actions et de 45 000 actions de performance.

 

23 février 2015

Lu dans Le Point : « les musulmans en France ont encore des efforts à faire pour devenir des musulmans de France »

« Pendant des années, il fut le "Monsieur islam" du ministère de l'Intérieur, conseiller de Jean-Pierre Chevènement puis de Daniel Vaillant place Beauvau, entre 1997 et 2002, il a continué à suivre le dossier islam au Bureau central des cultes jusqu'en 2014. Mais Bernard Godard n'a pas raccroché les gants. Il se penche dans un livre qui paraît lundi sur ce qu'il appelle, non sans provocation, "la question musulmane en France". En 2007, cet expert avait publié Les Musulmans en France (Laffont), "un constat établi en évitant les angles", dit-il auprès de l'AFP. Cette fois, assume-t-il, l'analyse est "plus critique". L'auteur assume le côté "provocateur" du titre de son épais ouvrage publié chez Fayard. « La problématique de la visibilité dans l'espace public, de la persistance des affiliations à des pays étrangers, de la proximité [...] avec des versions littéralistes, voire violentes, de la religiosité » est « autant de motifs qui légitiment cette question ». En clair, les musulmans en France ont bien des efforts à faire pour devenir des musulmans de France, selon Bernard Godard.

Son livre ne fera pas l'unanimité. Il a déjà passablement indigné le Conseil français du culte musulman (CFCM), qui a dégainé un communiqué dénonçant une "campagne malfaisante" émanant d'un « aventurier en mal de reconnaissance ». Il faut dire que Bernard Godard n'épargne pas le CFCM, estimant qu'il « n'a jamais été et n'est toujours pas soucieux de penser l'islam de l'avenir ». Et de moquer un réseau "ectoplasmique", celui de la Grande Mosquée de Paris, dont le recteur Dalil Boubakeur préside le CFCM.

Trois tendances
Bernard Godard décrit les dynamiques à l'œuvre dans la première communauté musulmane d'Europe. Il identifie d'abord un "islam identitaire", en essor depuis les années 90. Il classe dans cette catégorie les musulmans attachés à la progression du commerce halal, au développement de la finance islamique, à la défense du voile (non intégral), à la solidarité avec des causes musulmanes (palestiniennes notamment), à la promotion dans l'espace médiatique du concept d'islamophobie... Cet islam « ne s'inscrit pas forcément en faux par rapport à l'universalisme, mais il veut peindre en vert tous les aspects de la vie sociale et culturelle », affirme l'auteur.

Deuxième tendance "aujourd'hui bien installée en France" : l'islam de rupture. C'est surtout le salafisme, ce fondamentalisme wahhabite en quête d'une pureté mythique, celle des "pieux prédécesseurs". « Il ne s'agit pas forcément d'une rupture violente. Mais ce n'est pas un islam de conciliation, de négociation avec la laïcité », prévient Bernard Godard. Très largement quiétiste et hostile au Jihad guerrier, ce salafisme contrôle aujourd'hui "une centaine" de lieux de culte en France (sur 2 300). La rupture peut toucher au « lien social, par exemple pour la scolarisation », souligne l'auteur. Celui-ci invite à ne pas y voir principalement une influence extérieure, venue du golfe notamment : « Ceux qui sont les plus extrémistes, entre guillemets, sont souvent ceux qui sont les plus français, avec notamment des convertis. Quelque part, ce sont les nôtres », écrit Bernard Godard.

Mais le salafisme peut se faire djihadiste quand il bascule dans une "spirale radicale", selon l'auteur, qui a achevé son livre avant les attentats de janvier à Paris. « À leur lumière, j'aurais peut-être davantage analysé les griefs complotistes ou victimaires, qui produisent des effets détonants », confie-t-il. Mais « dire que les frères Kouachi sont des produits du salafisme, c'est un peu faire le grand écart. L'aspect religieux ne me semble pas le facteur le plus important de leur radicalisation », déclare-t-il aujourd'hui.

Enfin, Bernard Godard discerne un "islam comme confession", discret mais toujours vivace : il s'articule entre l'influence des pays d'origine (Algérie, Maroc, Turquie...) et l'attachement à la citoyenneté française. C'est l'islam des grandes fédérations, mais aussi de nombreuses mosquées de terrain.
La création en France d'un "organe de théologie" est "absolument nécessaire et urgente" pour répondre aux questions et besoins des fidèles, souligne Bernard Godard. Il espère que les pouvoirs publics pourront "traiter avec l'islam comme ils le font avec les autres cultes, tout simplement, par des contacts continus". À la condition de se résoudre à ne pas avoir "une seule tête" en face d'eux.

Bernard GODARD. La question musulmane en France. Paris : Fayard, 2015. 352 p.  20,90 euros