20 novembre 2017

Cachez cette cibiche que je ne saurais voir

Brassens sans sa pipe ?©Jean-Charles Houel

Une sénatrice propose, le plus sérieusement du monde, de modifier les images de films anciens dans lesquels on voit des acteurs fumer un clope. Pour lutter contre le tabagisme, affirme-t-elle, il est nécessaire que les jeunes n’apprennent pas que, hier encore, des hommes et des femmes fumaient…sur les écrans à une époque où ni la littérature, ni la science ne trouvaient à redire.

Je suis favorable aux campagnes conduites pour réduire la consommation de tabac voire pour l’interdire aux mineurs sous une forme ou sous une autre. Ayant été un « petit » fumeur durant ma jeunesse, j’ai arrêté très tôt, non pas parce que j’avais peur d’une quelconque maladie mais parce que je n'y trouvais pas beaucoup de plaisir. Je comprends bien qu’on soit addictif et qu’il soit difficile d’en sortir.

Est-ce une raison suffisante pour ignorer ce que furent notre histoire et notre lien au tabac ? Est-ce une raison suffisante pour altérer les œuvres de grands cinéastes qui, qu’on le veuille ou non, verraient aujourd'hui Jean Gabin ou Jean-Paul Belmondo se mettre les mains dans les poches alors qu’ils en allumaient une ? Devra-t-on caviarder les enregistrements de Serge Gainsbourg, accro au tabac (mais pas seulement) sous prétexte qu’il n’est pas bien de donner un exemple fâcheux ?

Ne vaudrait-il pas mieux éduquer, prévenir, informer, alerter, plutôt que de proposer des mesurettes coercitives dont on sait qu’elles n’auront aucun effet réel. J’ai même entendu dire que certains proposent une interdiction aux moins de 18 ans pour des films dont certains personnages ont le cigare ou la cigarette au bec ! On marche sur la tête. Décidément, les Tartuffe ont encore et toujours de beaux jours devant eux.

19 novembre 2017

Devant le public de la SED, France Poulain donne à l'Eure ses brevets de Renaissance


France Poulain est passionnée.©Jean-Charles Houel
Quand on dit Renaissance dans l’Eure on pense inévitablement : Château de Gaillon, cathédrale d’Evreux, église de Louviers. Ce serait trop simple. France Poulain, architecte en chef des bâtiments de France, directrice du patrimoine dans notre département, a démontré, ce samedi devant les auditeurs de la SED (société d’études diverses) de Louviers que les églises (surtout) du Vexin, du pays d’Ouche et de maints endroits bien dissimulés dans l’Eure recelaient des preuves évidentes de la présence d’artistes (Italiens notamment) ou d’artisans en tout cas, inspirés par la Renaissance. 

Certes, son propos pointu, illustré de 200 photographies, en a submergé plus d’un ou plus d’une. Un propos original, historiquement fort et artistiquement étayé, de quoi épater le profane et de donner envie d’aller visiter ces trésors inconnus…ou mal identifiés. Il faut la science et le savoir d’une France Poulain pour dénicher tel dragon, reconnaître tel ange, décrire tel médaillon où les profils d’hommes et de femmes inconnus le disputent à des créations en séries de la part de sculpteurs sur pierre ou sur bois. Les thèmes et les sujets gréco-latins la passionnent !

L’Eure compte plus de 600 communes. Elles possèdent toutes un monument religieux où les catholiques, depuis des siècles pratiquent leur culte. Ces monuments souffrent de l’air du temps (pollué souvent) ou du manque d’attention de l’Etat ou des communes. En plus, quand la Révolution française passe par là, elle outrage la merveille qu’était le château de Gaillon, l’un des plus beaux châteaux de notre pays…aujourd’hui reconstitué à 80 % ! J’ai souvenir d’une visite qu’y firent François Mitterrand et Jack Lang dans les années quatre-vingt, démontrant l’intérêt qu’y portent nos princes d’aujourd’hui. France Poulain a même annoncé (mais quand ?) que des salles affectées permettraient d’exposer des objets d’origine afin que la pédagogie s’exerce en ces lieux au bénéfice des générations actuelles. Ce n'est pas le moindre des mérites de la conférencière que d'attirer l'attention sur ces boiseries intérieures ou ces pierres soumises aux pluies et au vent appelées irrémédiablement à disparaître…

En décembre prochain, un conférencier évoquera l’art roman dans la région de Louviers. La SED poursuit donc son œuvre au bénéfice du plus grand nombre…surtout des retraités ayant du temps à consacrer aux choses de l’esprit et au savoir.

18 novembre 2017

Quelques réflexions au débotté : Filoche antisémite ? L'ancien maire joue les « people », Trump fait marche arrière et Fillon abandonne la politique


Gérard Filoche antisémite ?
Le tweet de Gérard Filoche commentant un message venu de l’extrême droite et montrant Emmanuel Macron avec un brassard nazi où le dollar a remplacé la croix gammée sur fond de drapeaux américain et israélien, est évidemment à vomir. Il en dit long sur l’incapacité de certains amateurs des réseaux sociaux à maîtriser leur haine profonde ou, c’est presque pire, à masquer des sentiments profondément ancrés dans l’inconscient collectif ou individuel. Filoche n’est pas un perdreau de l’année. En attaquant le « banquier » Macron, il reprend, ni plus ni moins, les arguments développés par Marine Le Pen et ses séides. Il a beau clamer son erreur, elle ne peut lui être pardonnée et la demande d’exclusion proposée par plusieurs membres du PS devrait aboutir positivement.


Trump inspire le plus profond mépris
Trump fait marche arrière. Après avoir proposé de rendre légale à nouveau l’importation de trophées de chasses africaines (les éléphants d’abord) il a fait face à un tollé si puissant qu’il s’est rendu compte de sa bourde. Et encore. Bourde est un mot trop léger pour exprimer le mépris que ce président des USA inspire à tous les protecteurs de l’environnement, de la faune sauvage ou non, de la flore bien mise à mal par l’exploitation du pétrole et du gaz de schiste. Quand on pense qu’il voulait surtout donner satisfaction à sa famille, fils et gendre férus de chasse au gros…
On ne répétera jamais assez combien ce président irresponsable cause de tort à l’Amérique et au monde. En sortant de l’accord de Paris (COP 21) Trump croyait porter un coup fatal à un mouvement pourtant irréversible. Les USA ne veulent plus payer ! « Qu’à cela ne tienne » a affirmé le président français : l’Europe compensera au dollar près.

L’ancien maire joue les « people »
Dans La Dépêche de Louviers de cette semaine, l’ancien maire radical de gauche de cette ville, joue les people. Mariage par ci (avec photo et bouquet de fleurs SVP), bûcheron par là, maison d’édition (en encadré) le tout couronné par une annonce de candidature aux prochaines municipales de 2020. Si j’en juge par le nombre d’amis devenus ses adversaires, l’ancien maire aura du mal à constituer une liste de 33 noms, crédible…d’autant plus que les marcheurs (LREM) semblent vouloir eux aussi se positionner contre le maire actuel, François-Xavier Priollaud.
Avant de constituer des listes, il serait honnête et moral de proposer un projet pour la ville et la CASE et cela pour la prochaine décennie. Franck Martin a perdu pour trois raisons en 2014 : une personnalité contestée, des impôts trop élevés, un pouvoir usé. La mode des revenants n’a pas réussi à Sarkozy. Après 19 ans passés à la tête de la mairie de Louviers, que diantre a encore à prouver le fils de celui qui, de 1965 à 1983 et au-delà, a démontré (avec d’autres) que le citoyen n’était pas qu’une machine à voter.

Fillon abandonne la politique
François Fillon abandonne la politique après que la politique l’a abandonné déjà depuis des mois. L’obstination dont il a fait preuve au cours de la campagne présidentielle a coûté cher à la droite et à ses électeurs dont une importante partie a rejoint Emmanuel Macron. Les juppéistes, notamment, et nombre de centristes, se retrouvent dans l’essentiel du programme européen du président de la République.
Ce qui n’est pas le cas de ceux qui apportent leur soutien à Laurent Wauquiez. Le futur président de LR aura les pires difficultés du monde à rassembler la droite extrême et l’extrême droite sur un programme souverainiste, nationaliste, un programme de fermeture dont les Français ne veulent pas dans leur majorité. Il est vrai que l’espace pour un tel programme politique se réduit comme peau de chagrin. Aller chercher les voix du Front national ? Pourquoi pas. Mais Marine Le Pen bouge encore…


17 novembre 2017

Entre Riss (Charlie Hebdo) et Plenel (Médiapart) il faut choisir…


L’éditorial de Riss, dans Charlie Hebdo, est à la fois saignant et émouvant. Après la polémique enclenchée avec Edwy Plenel, fondateur de Médiapart, mis en cause par la Une du journal satirique dans l’affaire Tariq Ramadan, accusé de diverses violences sexuelles (1) le rédacteur en chef de Charlie reproche à l’ancien directeur du Monde, de désigner l’équipe rédactionnelle qu’il dirige comme étant de nouvelles cibles de djihadistes en mal d’attentats mortels.

Depuis l’attentat qui causa la mort de douze membres de l’équipe de Charlie Hebdo et souleva une émotion exceptionnelle dans notre pays, tout ce qui touche à la laïcité, l’islamisme radical, l’islam, liberté de caricature entraînent nombre de débats le plus souvent passionnels. Tariq Ramadan, l’islamologue mondialement connu, ne semble pas être la personne qu’il dit qu’il est. Rigoriste à l’extrême — peut-être est-ce dû à l’influence qu’exerça sur lui son grand père créateur des Frères musulmans — Ramadan a une lecture primaire du Coran. Cette lecture le conduit à exiger, notamment de la part des femmes, une conduite qu’une bonne musulmane doit suivre à la lettre. Mais quand on apprend que ce père fouettard du dogme prend de nombreuses libertés avec les textes sacrés, le donneur de leçons devient piteux voire condamnable judiciairement.

Edwy Plenel là-dedans. Le fait qu’il ait participé à des débats publics avec Tariq Ramadan ne me gêne pas. Notre pays, celui qu’on aime, autorise la liberté d’expression et l’expression de la liberté de pensée…ce qui est plus embêtant, c’est la confusion que, semble-t-il, il affectionne entre islam et islamisme. Après l’attentat de Janvier 2015, Plenel avait usé de précautions sémantiques afin qu’on ne mette pas tous les musulmans dans le même panier — ce qui est légitime — mais s’était cru autorisé à reprocher à Charlie Hebdo ses attaques…contre l’islamisme radical. Charlie hebdo ne ménage aucun extrémisme religieux qu’il soit catholique, musulman, juif ou autre. Ses journalistes exècrent la pensée unique et ils ont bien raison.

On peut donc comprendre que les journalistes de Charlie aient saisi l’occasion qui leur était offerte de mettre en cause Tariq Ramadan et Edwy Plenel, devenus…alliés objectifs, au corps défendant du dernier cité évidemment, après les accusations de plusieurs femmes a priori victimes du comportement violent de Ramadan. La défense à tout crin de ses positions passées a conduit Plenel à déclarer « qu’une gauche égarée en était arrivée à faire la guerre aux musulmans. »

Faire la guerre aux musulmans ! Fichtre. L’accusation est gravissime. J’espère que les propos de Plenel ont dépassé sa pensée. A aucun moment, en effet, les journalistes de Charlie Hebdo n’ont mis en cause la pratique de quelque culte que ce soit. Ils ont toujours veillé à ne pas dépasser des limites que l’intelligence commune réprouve. Les désigner à une vindicte dont on connaît les conséquences est aussi fâcheux que lamentable. Edwy Plenel ne me fera pas regretter mon désabonnement à Médiapart que j’avais jusqu’alors en grande estime.

(1) Tariq Ramadan est accusé par plusieurs femmes « sous emprise » de les avoir agressées sexuellement et pour certaines de les avoir violées.

15 novembre 2017

Emmanuel Macron devrait relire (ou lire) les œuvres complètes de Pierre Mendès France


PMF : un grand inspirateur
L’élection d’Emmanuel Macron et celle de la majorité des députés en Marche ont bouleversé le paysage politique hexagonal. La droite se déchire avec un Wauquiez en quête des voix des électeurs du Front national, l’extrême droite n’en finit pas d’essayer de digérer la lourde défaite de Marine Le Pen dont l’avenir s’assombrit, la gauche  a le choix entre deux options : le jusqu’auboutisme d’un Jean-Luc Mélenchon qui reconnaît avoir perdu « le point » dans la bataille de la loi sur l’emploi et un PS en convalescence dirigé collégialement par 28 cadres dont aucun militant n’est capable de donner le nom.

Pour un homme ou une femme de gauche « contraint » au second tour de la présidentielle de choisir le président actuel (face au FN), est-il facile de se reconnaître dans les propositions de la France insoumise ou celle de la gauche dite nouvelle ? Sans doute pas facilement. Le regard porté sur l’action de la majorité nouvelle, elle, pour le coup, est évidemment teinté de bleu tant les premières mesures gouvernementales favorisent objectivement les plus aisés. Pourtant, la condamnation de l’action en cours censée favoriser les riches demeure modérée (malgré 62% de mécontents) comme si la majorité de mai attendait d’en savoir et d’en voir plus sur le long terme. Qu’il est difficile de se renier !

Cela dit, il faut plus que du courage pour transformer un citoyen en militant. C’est bien pourquoi les effectifs des membres des partis politiques fondent comme neige au soleil. Au PS, ils seraient 40 000 aujourd’hui quand on a compté plus de 200 000 adhérents pour soutenir  Ségolène Royal ! Pour un PS qui, en 2012, dominait les assemblées nationales, départementales, locales, le niveau d’influence du parti de Blum et Mitterrand est devenu marginal. Je ne mets pas en doute la sincérité et le désir de « refondation » — comme ils disent — des animateurs du PS actuel mais la route sera longue avant que les socialistes retrouvent une crédibilité susceptible de les rendre majoritaires en France. Car le quinquennat Hollande va laisser des traces durables dans les mémoires. L’affaire Cahuzac, si mal gérée par le pouvoir, la déchéance de nationalité si mal acceptée par les tenants de l’état de droit, vont masquer durablement le potentiel réformateur de la gauche de gouvernement. Sans insister lourdement sur la dérobade (y a-t-il un autre mot ?) de François Hollande en décembre 2016.

Alors quoi ? Faut-il baisser les bras et subir ? Sûrement pas. Le besoin de justice sociale est plus que jamais indispensable. Mais la France a besoin de se ressourcer à l’intérieur de ses frontières et au-delà. Emmanuel Macron, dont le chantier est immense eu égard aux lâchetés et abandons passés, a fait le choix d’occuper une place centrale et de rejeter les extrêmes qu’il a choisis comme adversaires privilégiés. Sa stature verticale manque singulièrement d’humilité mais doit on attendre d’un président « jupitérien » plus d’action et moins de bavardage.

Il serait bien qu’Emmanuel Macron relise les œuvres complètes de Pierre Mendès France. Les écrits de celui que je considère comme une référence morale autant que politique, serviteur de la vérité situé très haut dans le domaine du service de l’Etat, présentent une actualité jamais démentie. S’il est vrai que les institutions actuelles sont aux antipodes de celles que souhaitaient PMF, il avait fini par s’en arranger en insistant sur le contrôle exercé par les élus et surtout par la vigilance citoyenne. Il appartient à chacun de nous, quel que soit notre niveau de responsabilité, d’agir de manière éthique, responsable, collective, quoi.

11 novembre 2017

Laissons la dépouille du général de Gaulle reposer en paix

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Pierre Mendès France et le général de Gaulle à Louviers après la libération.
Pathétiques. Pathétiques, oui, toutes ces personnalités — j’ai envie d’écrire tout ce «personnel» — politiques ou plutôt politiciennes venues ce 9 novembre au cimetière de Colombey-les-deux-Eglises pour se recueillir sur la tombe du général Charles de Gaulle. Mais que diable allaient-ils faire devant cette tombe ceux et celles dont les mouvements politiques avaient combattu le général de Gaulle, deuxième formule, de 1958 à 1969 ? Que diable ont-ils à gagner en tentant de s’emparer d’une partie de sa dépouille, fût-elle symbolique,  alors que l’homme du 13 mai revint aux affaires dans les conditions antidémocratiques que l’on sait.

Il n’est pas bien évidemment question de mettre en cause l’homme de la France libre, farouche défenseur des intérêts français, face aux Américains qui se méfiaient de lui comme…d’un général éventuel futur putschiste et face à l’empire britannique qui, bien qu’ayant accueilli les FFL sur son territoire, n’était pas forcément désespéré de voir son empire rival européen en difficulté. Le général de Gaulle sut s’en souvenir, lui qui refusa à plusieurs reprises l’entrée de la Grande-Bretagne, dans la communauté européenne. Il savait qu’entre le continent et le grand large, les Anglais choisiraient toujours la seconde solution. Ils l’ont prouvé depuis.

Dupont-Aignan, Wauquiez, Philippot, Hidalgo, Lebreton…LR, ex-PS, Ex-FN, FN, Debout la France, ils sont venus en bus ou en taxi les bras chargés de gerbes…à faire gerber. Qu’aurait pensé le général de Gaulle de tous ces hommages hypocrites chargés d’arrières pensées et de calculs bien pauvres ? Mais qu’en 2017, des politiques sans idées et sans colonne vertébrale soient obligés de se réclamer des cendres du grand homme, me paraît aussi abusif qu’inutile. Abusif quand on mesure l’étendue de la solitude du général de Gaulle après mai 1968, inutile quand on croit se draper dans un manteau bien trop porté pour être sans tache. Laissons la dépouille du général de Gaulle reposer en paix.

Les cérémonies du 11 novembre aux carrés militaires du cimetière en 1977…il y a quarante ans !


Jean Bart (à droite) cérémoniaire averti.
Dans les années quatre-vingt, les cérémonies du 11 novembre se déroulaient en divers endroits de la ville. Un défilé avait lieu dans Louviers qui conduisait les anciens combattants, avec à leur tête l’harmonie municipale, au cimetière où les carrés militaires des guerres mondiales étaient fleuris par les autorités civiles et militaires.
C’était encore l’époque où Jean Bart, président du comité d’entente des anciens combattants, épaulait les élus pour rehausser les cérémonies placées sous le sceau du souvenir.
Au cimetière près du carré militaire 14-18.
M. Lambert, rescapé de 14-18.
Tous les poilus n’étaient pas morts à l’image de M. Lambert, ancien combattant de 14-18, revenu handicapé des champs de bataille et véritable témoin de ce que les combattants de la grande guerre eurent à affronter pendant ces années terribles.
En regardant de près ces photos, on ne manquera pas de retrouver des visages familiers de toutes ces familles lovériennes qui ont payé un lourd tribut en défendant le sol d’une patrie qui faisait sens. Reconnaissons qu’à l’heure de l’Europe de la paix, ces souvenirs indispensables peuvent sembler anachroniques pour les jeunes générations qui devraient pourtant mieux connaître notre histoire et en tirer des conclusions pacifistes mais lucides.

7 novembre 2017

Gérard Longuet : « si des centaines de milliards d'euros ne viennent pas dans les caisses de l'Etat, tant mieux…»


Gérard Longuet ne manque pas d'air : il soutient l'évasion fiscale.
"Si ces centaines de milliards d’euros ne viennent pas dans les caisses de l’Etat, tant mieux, parce que l’Etat le gaspille assez largement et dépense de l’argent inutilement. Que l'Etat se remette d'abord à vérifier ses dépenses avant de prendre dans l'argent des autres."

Cette phrase prononcée par Gérard Longuet, sénateur, ancien ministre de notre République, en dit long sur les pensées profondes de ceux qui, jusqu’au bout, ont soutenu François Fillon lors de la présidentielle. Face au scandale dénoncé par le consortium international de journalistes d’investigation qui ont travaillé pendant une année, on sait mieux comment les grandes fortunes et les grands groupes dissimulent leurs bénéfices et échappent à l’impôt. On pourrait attendre d’un représentant de la nation, parlant au nom du peuple français qui l’a élu, moins de morgue et plus de commisération pour les citoyens qui, eux, paient leurs impôts et leurs taxes. Ils en paient d’ailleurs plus qu’ils ne devraient si 20 milliards d’euros ne disparaissaient chaque année dans les paradis fiscaux situés à notre porte.

Bien sûr, on évoque les Bermudes ou les îles vierges. Mais sait-on que l’île de Man ou le Luxembourg ou les Pays-Bas, ou l’Irlande, ou Jersey, se sont organisés pour rafler le produit tantôt de l’évasion fiscale, tantôt de l’optimisation du même nom.
Les cabinets d’avocats se défendent en invoquant les failles des systèmes fiscaux des états. Comme dirait Donald Trump, répondant à une attaque d’Hillary Clinton qui lui reprochait de ne pas avoir payé d’impôts fédéraux depuis 20 ans : « c’est que je suis intelligent. » Je ne suis pas certain que l’expression soit adaptée au personnage. Malin et bien conseillé certainement. 

Finalement, Gérard Longuet est de cette trempe-là. On le savait peu ou prou. Il est de ceux qui n’aiment l’Etat que pour les privilèges qu’il lui apporte. Il aime un état faible, paralysé…car quand on ose affirmer que l’Etat dépense de l’argent inutilement c’est faire peu de cas des revendications des agents hospitaliers, des policiers, des magistrats, des ultra-marins, etc. lesquels demandent plus de moyens, plus de personnels pour satisfaire les services publics.

Gérard Longuet n’est-il pas de ceux qui se plaignent également du manque de moyens des collectivités locales ? Que certaines Régions, certains Départements, certaines grandes villes dirigées par la droite se remettent d’abord à vérifier leurs dépenses avant d’implorer l’Etat et ses subventions !

5 novembre 2017

DSK : « Je souhaite que le PS disparaisse » ! Pas de mai 68 pour Emmanuel Macron ?


DSK : « je souhaite que le PS disparaisse »
Dominique Strauss-Kahn souhaite la disparition du Parti socialiste sous sa forme actuelle. C’est ce qu’il a déclaré à des journalistes venus l’interroger à Marrakech où il possède un riad. DSK est-il le mieux placé pour commenter l’actualité politique française ? Après tout pourquoi pas. On peut être moralement discrédité sans devenir pour autant un paria sans cervelle. Surtout quand, comme lui, on a fréquenté les allées du pouvoir pendant des décennies. Et quand une majorité de Français se disaient prêts à voter pour lui à l’élection principale de notre démocratie.
Ce qu’il veut ? La résurrection d’un centre gauche. Il est vrai que les militants, les élus et les dirigeants socialistes semblent un peu perdus au milieu de l’agitation macroniste et après le coup de pied donné dans la fourmilière par les électeurs de la présidentielle et des législatives. DSK voudrait que le président de la République « soit de droite et de gauche » et « non ni droite ni gauche ». Pour l’ancien candidat devenu un supporteur de M. Macron, la politique actuelle présente nombre d’aspects positifs : « il fait ce qu’on a refusé se faire pendant 30 ans ! »
Le PS et ses 40 000 adhérents ne pèsent plus très lourd dans le débat politique actuel. De là à souhaiter leur disparition, il y a un pas que l’histoire même de la gauche nous interdit de franchir. Le PS est confronté à de vraies questions : comment s’opposer efficacement après une si lourde défaite ? Avec quelles forces ? Sur quelles bases idéologiques et politiques ? Les quatre ans et demi qui nous séparent de 2022 suffiront-ils pour redonner du sens à la gauche socialiste ?

Pas de mai 68 pour Emmanuel Macron ?
Une barricade… (DR)
Emmanuel Macron, si l’on en croit les gazettes dominicales, ne commémorera pas mai 1968. Il faut croire que le président de la République a été sensible aux commentaires peu amènes des conservateurs qui voient en mai 68 et ses événements une période de troubles et de « chienlit ». Comme il ne faut pas défriser la droite qui le soutient, le président préfère reculer et ignorer l’un des faits historiques majeurs du 20e siècle en France et en Europe voire dans le monde.
Mai 68 ce fut une révolte estudiantine et une période de conquêtes sociales. Les deux portées par un irrépressible besoin d’air et de dignité. 
Séparés dans un premier temps, les « travailleurs » et les universitaires ont cheminé ensemble contre les violences policières et l’archaïsme de ceux qui voulaient que rien ne bouge. Mai 68, ce fut le départ de nombreux mouvements dont l’action agit en ombre portée jusqu’aujourd’hui : l’autonomie communale, le féminisme, la libération sous toutes ses formes ! Quand j’entends M. De Calan, candidat à la présidence des Républicains, déplorer que mai 1968 fut le temps de l’excès de jouissance et de désir, je comprends mieux pourquoi la droite, même jeune, semble souvent compassée…ou dépassée.

Trump : encore trois ans à subir
Une année de Trump ! N’en jetez plus ! Même les Américains (à 66%) rejettent la politique, les manières, le style du président des Etats-Unis. DSK assure que Donald Trump ne respecte ni règles ni codes ce qui en fait un dirigeant imprévisible donc dangereux. En un an, Trump a démontré qu’il était le roi des fake news ces fausses nouvelles qu’il reproche si promptement aux journalistes non inféodés au maître de la maison blanche. Et de tweeter à tort et à travers, en mal plutôt qu’en bien, de susciter l’effroi jusque dans les rangs des Républicains de moins en moins nombreux à le soutenir. Le Trump raciste et machiste, roi de la télé réalité ne semble pas avoir perçu qu’il avait changé de monde. Président ou animateur, ce n’est pas le même métier. Que vont être les trois années qui viennent ? Car s’il n’est pas destitué suite à l’enquête conduite par le procureur spécial Mueller dans l’affaire des liens de campagne des siens avec la Russie de Poutine, Trump a encore pas mal de temps devant lui pour entraîner bien des dommages. Je ne suis pas certain que le lancement d’essuie tout dont il est devenu spécialiste suffira à remplir les livres d’histoire.

Tariq Ramadan enfin dévoilé sous son vrai jour ?
Tariq Ramadan est la bête noire de Caroline Fourest. Depuis des années, la journaliste-essayiste essaie de montrer le prêcheur islamiste sous son vrai visage mais l’homme est retors, il possède plus d’une corde à son arc d’où la difficulté de le cerner et de le dénoncer pour ses multiples turpitudes. Plusieurs femmes ont aujourd’hui le courage de dénoncer les viols qu’elles ont subis ou les agressions sexuelles que le prêcheur islamiste aurait commises contre elles. Des journaux helvétiques évoquent même des relations sexuelles avec des mineures !
Si les faits reprochés à Tariq Ramadan viennent à être étayés et donc prouvés, il en sera fait de la crédibilité de cet homme à deux voire trois visages. Il en va souvent ainsi avec les pères-la-rigueur, ils s’imposent rarement à eux-mêmes ce qu’ils veulent imposer aux autres. Les temps changent. La domination masculine, consciente ou non, perd de sa superbe. Les Weinstein et autres harceleurs-violeurs savent que  leur toute puissance arrive à son terme. Les femmes ont raison de se révolter.

30 octobre 2017

« Si tu ne crois pas celle-là, je t'en raconterai une autre » ou les fables d'Eric Woerth


Un ami aime à me répéter une phrase clé quand le mensonge est évident : « si tu ne crois pas celle-là, je t’en raconterai une autre. » Prenons M. Eric Woerth, l’actuel président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale. On ne peut pas dire que l’homme présente mal. Au contraire, il a cette élégance innée des habitants de Chantilly et des admirateurs des courses de chevaux de haut niveau. Mais c’est un homme de parti. Qui dit parti, dit partisan. Et souvent, malgré une éducation sans doute exemplaire autant que morale, il peut arriver que les objectifs à atteindre exonèrent les plus convaincus d’entre eux du minimum de…sens commun.

Éric Woerth, une première fois, a été mêlé à l’affaire Bettencourt. Il a fallu le silence maîtrisé de certains témoins pour empêcher les juges d’instruction de le traduire devant le tribunal correctionnel faute de preuve, autrement dit faute d’aveu de ceux ou celles qui ont fait passer les enveloppes kraft remplies de billets ou qui ont vu les manigances. M. Woerth s’est vanté d’avoir été blanchi. Et donc d’être innocent. C’est plus compliqué que cela quand on lit les attendus de l’ordonnance dans laquelle les juges n’épargnent pas les copains de Sarkozy puisque finalement le bénéficiaire potentiel était bien le candidat Sarkozy.

Alors quand j’ai entendu, il y a 48 heures, M. Woerth, ancien trésorier de l’UMP, affirmer qu’en 2007, « si certains membres de l’équipe de campagne avaient été payés en liquide, c’est parce que des donateurs anonymes avaient adressé cet argent au parti par la poste ! » j’ai éclaté de rire. Car de quoi s’agit-il ? De l’affaire du financement libyen de la campagne, encore lui, de Sarkozy. Les juges chargés d’instruire cet éventuel délit remontent lentement mais sûrement jusqu’aux protagonistes de ce qui serait un véritable scandale d’Etat, d’autant plus que Sarkozy a été élu ! Qui croira, en effet, que des sommes importantes en espèces ont transité par notre réseau postal ? Qui va gober une affirmation pareille ? Éric Woerth, habitué à se sortir de situations scabreuses, n’a trouvé que cette solution pour expliquer l’inexplicable. Si ça marche, chapeau l’artiste ! Mais les juges ne sont pas tous dupes.

27 octobre 2017

Laurent Wauquiez : une mentalité de faussaire


photo Paris Match
Extraordinaire ! Voilà un important parti politique. Il réunit son bureau national pour en exclure certains membres. Mais ses responsables oublient de vérifier que leur décision sera valide juridiquement. Ce parti s’appelle les Républicains. Et toute la France politique seule — car c’est un point de détail de l’Histoire — de rire à gorge déployée au point que Rachida Dati a déclaré : « cette soirée me rappelle le dîner de cons. »
M. Accoyer a bien pris la peine de tenter de justifier cet accident de parcours, faute de présents en nombre suffisant, rien n’y fait. Les Républicains continuent de pédaler dans la choucroute. Ils vont avoir fort à faire avec leurs trois candidats à la présidence dont un seul paraît pourvoir gagner : Laurent Wauquiez.
Ce Wauquiez, il démarre très fort. Il parait que la droite est de retour. Si j’en juge par certaines décisions fiscales et financières de ce gouvernement, elle n’est jamais partie. Mais M. Wauquiez n’en a cure. Quand il parle d’une droite qui soit vraiment de droite, il pense sécurité, immigration, les deux mamelles de l’extrême droite où il espère pêcher les déçus de Marine Le Pen.

Le roi de « l’assistanat » qu’il dénonce avec tant de vigueur vient de se distinguer à nouveau en coulant Pôle emploi au pilori : " J'ai vu ces situations qui nous révoltent où un demandeur d'emploi pousse la porte de Pôle Emploi pour trouver un emploi et on lui répond: vous avez deux ans d'assistance chômage, ne vous pressez pas, profitez un peu de la vie ". Quel culot. La secrétaire du syndicat CFDT de pôle emploi s’est étranglée en entendant un homme qui aspire aux plus hautes fonctions traiter avec dérision le problème du chômage et de son traitement. Alors que les dernières statistiques indiquant que le nombre de demandeurs d’emplois de la catégorie A a baissé de 65 000 unités (un record) il existe sur le marché politique des bonimenteurs pour nier les évidences et sortir de belles âneries. Voilà pourquoi le débat au sein de l’UMP ne peut intéresser les Français. Ils en ont assez de ces pourfendeurs systématiques dont finalement, on n’attend rien.

24 octobre 2017

Quelques réflexions au débotté : une taxe de 10 milliards à rembourser, la retraite de Christine Boutin, interdisons le glyphosate, l'assassinat d'une journaliste maltaise


Il faut interdire définitivement le glyphosate
Il est bien évident que les 54 députés LRP qui demandent l’interdiction définitive du glyphosate ont raison. Même si Nicolas Hulot éprouve de nombreuses difficultés à faire admettre cette interdiction au niveau national d’abord et européen ensuite, les études scientifiques conduites par le laboratoire Monsanto ont prouvé que ce pesticide était cancérogène et donc nuisible à la santé humaine.
Je ne comprends même pas que le sujet fasse débat. Comment les agriculteurs hexagonaux,  soumis à l’influence de ces produits dangereux  peuvent-ils réclamer la poursuite de l’utilisation du Round-Up (nom commercial) pour les dix à venir ? Je ne comprends pas non plus que notre ministre de l’agriculture les soutienne dans ce combat où la raison et la prévention, commandent de changer de logiciel.
Il est vrai que des laboratoires sont très forts pour glisser subrepticement des molécules dangereuses pour l’homme ou la biodiversité. Il en va ainsi de la mise sur le marché de néonicotinoïdes de type nouveau si nuisibles aux colonies d’abeilles déjà affectées par le changement climatique, le varroa, le frelon asiatique, et autres destructeurs des mouches à miel.
J’ai pensé qu’Emmanuel Macron, notre nouveau président, saurait entendre les voix des unions de défense des abeilles et des groupements de défense sanitaires. Je n’ai pas le sentiment que M. Macron s’intéresse de près à la survie des abeilles françaises.

10 milliards à rembourser : merci M. Eckert !
Il paraît que Gilles Carrez, ancien président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale avait mis en garde le gouvernement Ayrault et M. Eckert son créateur contre une taxe de 3 % sur les dividendes des sociétés. En 2012 il fallait trouver de toute urgence une somme de 10 milliards pour boucher le trou laissé par Nicolas Sarkozy. La Cour de justice européenne, d’une part et le Conseil constitutionnel, d’autre part, viennent d’annuler cette taxe et obligent le gouvernement actuel à rembourser ces sommes dont les intérêts moratoires sont gigantesques. 10 milliards d’euros ne se trouvent pas sous le pied d’un cheval notamment quand le gouvernement veut diminuer le déficit du budget de l’Etat. Un ancien membre de la Cour des comptes suggère d’augmenter la taxe sur les bénéfices des sociétés. On donnera d’une main ce qu’on reprendra de l’autre.

Adieu Christine Boutin et bon débarras !
J’ai rencontré Christine Boutin dans le cadre de mes activités de journaliste. Invité, à l’époque, par Bernard Leroy, alors député, avant 1993 donc, elle avait disserté lors d’une soirée organisée à Louviers sur ses obsessions teintées de religiosité et d’aversion pour la contraception, l’avortement…ses positions sur le PACS et le mariage pour tous allaient se fondre quelques années plus tard dans la même veine de l’intolérance et de la soumission.
Elle a décidé de mettre fin à sa carrière politique, abandonnant le seul mandat qui lui restait, comme conseillère départementale des Yvelines. Franchement, elle ne nous manquera pas. D’autant qu’elle a tiré une ultime salve contre les femmes agressées sexuellement ou harcelées qui prennent la parole pour dénoncer les « porcs. » « Tout cela c’est du dégueulis,  » a-t-elle déclaré, vantant « a grivoiserie » à la Française. Le viol : une grivoiserie ! Adieu Christine Boutin et sans regrets.


Les journalistes dans le collimateur des corrompus

La mort violente d’une journaliste blogueuse sur l’île de Malte (après l’explosion programmée de sa voiture de location) nous rappelle que la démocratie et la liberté d’expression ont parfois un coût anormalement élevé. Daphne Caruana Galizia avait dans le collimateur nombre de politiciens véreux et corrompu. Elle avait même démissionné du journal dans lequel elle travaillait pour recouvrer sa totale indépendance. On ignore, à l’heure actuelle, qui est le commanditaire de cet assassinat mais si les policiers cherchent bien, ils finiront par trouver les auteurs. L’entourage du premier ministre de l’île peuplée de 400 000 habitants, devrait être concerné par les investigations policières et judiciaires.

Ne nous faisons pas trop d’illusions. Si le premier ministre actuel offre une récompense, c’est pour la forme. Il a versé des larmes de crocodile après la mort de Daphne Caruana Galizia et il faudrait faire appel à des enquêteurs neutres ce qui semble impossible. Je ne serais pas surpris que des lampistes paient à la place des vrais responsables de ce meurtre.

 



23 octobre 2017

A la société d'études diverses : « La Renaissance dans l'Eure » avec France Poulain


France Poulain. (DR)
La prochaine conférence de la Société d’Études Diverses aura lieu le samedi 18 novembre, à l’heure et au lieu habituels : à 16 heures, dans la salle Pierre Mendès France, à l’Hôtel de Ville de Louviers. Mme France Poulain, architecte des Bâtiments de France, chef de l’Unité départementale de l’Architecture et du Patrimoine de l’Eure, nous convie à une découverte des richesses artistiques de notre région : « La Renaissance dans le département de l’Eure ».
Souvent réduite à une affaire de style, la Renaissance ne doit pas être limitée à une collection d’objets architecturaux ou mobiliers. En effet, la période de la Renaissance voit se finir le Gothique vieillissant, éclater quelques architectures extraordinaires comme le château de Gaillon, de nombreuses églises se doter d’éléments mobiliers mais aussi émerger les prémices du Baroque et du Style classique. En parcourant de multiples lieux et édifices de l’Eure, nous pourrons redécouvrir plus largement ce que ce vocable de « Renaissance » contient.

20 octobre 2017

Marine Le Pen a atteint son seuil d'incompétence…


Lors d'un débat sur France 2.
Marine Le Pen n’est plus l’aimant qu’elle fut le temps d’une campagne présidentielle.  Depuis le catastrophique débat d’entre deux tours, témoignant de sa fragilité autant que de son incompétence, la principale responsable du Front national est devenue elle-même son principal repoussoir. Prenons l’exemple de la soirée d’hier, sur France 2, avec l’émission politique de Léa Salamé. Seuls 1,7 million de téléspectateurs a suivi la prestation de celle qui, contre vents et marées, continue de tenir le gouvernail d’un navire qui prend l’eau de toutes parts.

On n’en est pas encore au stade du naufrage mais la désaffection des Français pour le FN et son animatrice est bien réelle. Certains affirment que le logiciel du FN de 2017 ressemble étrangement à celui de 1980. A une époque où Jean-Marie Le Pen célébrait le libéralisme triomphant sans oublier sa haine des immigrés quelle que soit la raison de leur venue en France. JMLP fustigeait également « l’européisme » à l’origine, selon lui, de tous nos maux. Dans ce domaine, Marine Le Pen met de l’eau dans son vin. Alors que la sortie de l’Euro figurait à la une de son programme économique, elle a avoué piteusement que, dorénavant, le FN se tient dans l’expectative, consciente que la suppression de la monnaie unique a joué un rôle non négligeable dans le rejet des Français, notamment les plus fortunés mais pas seulement.

Face à Gérald Darmanin, ministre du budget, Mme Le Pen ne s’est pas montrée très à l’aise allant jusqu’à confondre taxe d’habitation et taxe foncière, mêlant locataires et propriétaires dans un semblable méli-mélo incompréhensible pour le commun des contribuables. Le ministre du budget, très à l’aise avec les concepts fiscaux — heureusement —  n'a fait qu’une bouchée de son contradicteur d'un soir dont la principale qualité ne réside pas dans le débat où elle atteint rapidement ses limites. On ne la voit pas gouverner la France !

16 octobre 2017

Quelques réflexions au débotté : Raquel Garrido, Sarkozy-Bismuth, Mélenchon-Valls, Harvey Weinstein, le round-up


Les heurts et malheurs de Raquel Garrido
Raquel Garrido a plus d’un tour dans son sac et plus d’une corde à son arc. Elle est avocate, insoumise, compagne d’Alexis Corbière député et ami de Jean-Luc Mélenchon, chroniqueuse dans l’émission de Thierry Ardisson, sur C8, chaine de M. Vincent Bolloré, ami de Nicolas Sarkozy. Au-delà des contradictions de tout un chacun, relevons tout de même que les chroniques de Mme Garrido n’atteignent jamais les sommets de la pensée surtout quand une vulnérabilité surgit au détour d’articles du Canard enchaîné.
Le volatile, comme ses journalistes aiment à décrire leur journal, a publié à deux reprises des états de service de Mme Garrido peu à son honneur. Non pas qu’elle ait commis quelque faute professionnelle que ce soit. Mme Garrido a tout simplement omis pendant plusieurs années d’un côté et plusieurs mois de l’autre de verser des cotisations sociales réclamées à l’ordre des avocats et par l’URSSAF.
Vous remarquerez que je ne condamne pas Mme Garrido et M. Corbière, parents de plusieurs enfants, occupants d’un appartement au loyer, disons modéré, dans un beau quartier de Paris, alors que leurs émoluments ne leur permettent plus, sur le papier, de justifier cette occupation. M. Corbière a promis de remédier à cette anormalité mais il demande qu’on lui laisse le temps de se retourner eu égard aux engagements scolaires des enfants. Tout parent normalement constitué peut comprendre cette exigence. Personnellement, je ne lui jette pas la pierre sur ce point.

Valls et Mélenchon font le buzz
Le face à face entre Jean-Luc Mélenchon et Manuel Valls est devenu toxique. Les deux anciens camarades, du temps de Michel Rocard, sont devenus des adversaires (je n’ose écrire ennemis) irréductibles. D’un côté, Mélenchon accuse Valls d’être à la solde de l’extrême droite israélienne, de l’autre, Valls accuse Mélenchon d’être plus que sensible à l’islam radical. Le président Macron a demandé à ses troupes de se tenir hors de ce débat de mâles dominants où bien sûr, il n’y a que des coups à prendre.
La situation entre les deux hommes a empiré au fil des mois après que Manuel Valls a battu de 130 et quelques voix son adversaire insoumise lors des élections législatives. Le Conseil constitutionnel a d’ailleurs été saisi d’un recours en annulation de l’élection de l’ancien Premier ministre. Une plainte pour fraude électorale a même été déposée contre X auprès du tribunal correctionnel. Quant à Valls, il affirme, témoins à la clé, que Mélenchon l’a traité de nazi ? Si tel est le cas, j’invite l’ancien secrétaire d’Etat à la formation professionnelle, à suivre des cours d’histoire. On peut accuser Valls de bien des maux — c’est le lot de la politique — Il n’a rien à voir avec les nazis ni avec leur idéologie.

Il faut interdire définitivement le glyphosate
Nicolas Hulot parviendra-t-il à empêcher le glyphosate d’être à nouveau autorisé pendant dix ans sur le territoire de l’union européenne. Alors qu’il est maintenant acquis que ce pesticide utilisé sur des millions d’hectares comme désherbant présente de graves dangers cancérogènes, il serait aberrant voire criminel de permettre à Monsanto d’écouler ses stocks. Plus connu sous le nom de Round up, le glyphosate a fait l’objet d’études et d’expertises par Monsanto lui-même. Ces études ne laissaient pas la place au doute : ce produit est dangereux pour l’homme et pour les petits d’homme…et de femme. Plusieurs enfants ont subi des malformations au stade fœtal dont les parents (ou l’un d’entre eux) avaient utilisé le round up en grande quantité. La France préconise l’interdiction de ce produit pour l’agriculture ou le jardinage de plaisance. On ne rigole pas avec des produits chimiques dont les effets à court terme sont d’apparence, efficaces, mais nuisibles pour la santé humaine à plus long terme. Interdisons le glyphosate. Point barre. Et sur ce point soutenons Nicolas Hulot.

Sarkozy-Bismuth devant le tribunal correctionnel ?
Nicolas Sarkozy va-t-il être traduit devant le tribunal correctionnel dans l’affaire Azibert ? Vous vous souvenez de ce magistrat de la Cour de Cassation à qui l’ancien président de la République avait fait miroiter un poste important à Monaco en échange de renseignements sur l’affaire Bettencourt. Dans ses échanges avec son avocat, Thierry Herzog, M. Sarkozy utilisait un téléphone au nom de Paul Bismuth pour échapper aux écoutes ! Il apparaît que ce n’était pas la première fois que ces deux personnes usaient de moyens habituellement réservés, comme l’écrit le PNF (parquet national financier) « à des délinquants chevronnés ». Les deux juges d’instruction en charge de l’affaire ont quelques semaines devant elles pour déterminer le sort de M. Sarkozy. D’ici là les avocats ont du pain sur la planche d’autant que le PNF a fustigé les moyens dilatoires de M. Sarkozy afin de retarder au maximum le renvoi éventuel devant une juridiction. 

Toutes et tous contre le harcèlement sexuel
Mme Schiappa, secrétaire d’Etat à la condition féminine, prépare une loi (elle sera votée en 2018) avec sa collègue de la justice pour poursuivre le harcèlement sexuel et mieux protéger les mineurs victimes de viols ou d’agressions sexuelles. Cette annonce intervient au moment même où toutes les gazettes relatent en long et en large la conduite scandaleuse et ancienne d’Harvey Weinstein, un producteur vedette d’Hollywood. Abusant de son pouvoir, ce monsieur a contraint ou tenté de convaincre nombre d’actrices et de jeunes femmes de céder à ses avances. Il paraît que les milieux du cinéma n’ignoraient rien des agissements de M. Weinstein. Mais il a fallu le courage de certaines victimes et une enquête bien conduite par un journaliste de NBC pour découvrir le pot aux roses. Depuis les langues se délient et des faits parfois vieux de plus de trente ans refont surface. Destitué de son CA, viré de l’Académie des Oscars, M. Weinstein aurait décidé de se soigner…quant à sa légion d'honneur française à lui remise par M. Sarkozy, il devra sans doute en être privé.

13 octobre 2017

Sus au frelon asiatique ! Surveillez la cime des arbres


Une récolte intéressante…
Mes ruches font actuellement l’objet d’une pression intolérable de la part du frelon asiatique. La bestiole venue de Chine a franchi des limites chaque année plus au nord et la Normandie n’est plus épargnée. Il existe des produits destinés à piéger cet hyménoptère carnivore tueur d'abeilles qui contribue à fragiliser les colonies des mouches à miel. Ces dernières n’avaient vraiment pas besoin de cela eu égard aux autres dangers qui les guettent comme ces néonocs dont la France demande l’interdiction malgré le refus de certains agriculteurs et surtout émanant de la part des producteurs membres de l’industrie chimique.
J’ai fait ma « récolte » de frelons ce matin. L’efficacité des pièges et évidente même si tous les frelons ne sont pas attirés par des parfums normalement irrésistibles. J’invite les Lovériens attentifs à surveiller la cime des arbres où les nids de frelons sont généralement installés. Leur destruction s’impose évidemment en faisant appel à des artisans spécialement équipés.

11 octobre 2017

De battre, son grand cœur s'est arrêté : Claude Bellevin nous a quittés


Claude Bellevin (à gauche) avec son frère Michel et Claude Desnoyers.
De battre son grand cœur s’est arrêté. Claude Bellevin est décédé dans la nuit de samedi à dimanche dans l’unité de soins où il avait été transporté il y a trois semaines. Ceux qui me connaissent savent combien nous étions amis, nous qui avions traversé, ensemble souvent, les crises que la vie ne manque pas de placer sur notre chemin. Nous qui nous retrouvions chaque matin au petit café depuis des décennies pour refaire le monde, de Trump à Priollaud.
A Louviers, où il avait passé le plus clair de son temps, il était connu comme le loup blanc. Il faut dire qu’il appartenait à plusieurs associations et dans tous les domaines de l’activité humaine. Qu’il s’agisse du sport avec l’ASL de la grande époque, des Amis de Timia, en solidarité avec l’Afrique, du club cycliste du lundi, ou des associations culturelles avec lesquelles il avait construit avec le temps son agenda hebdomadaire. De Rouen à Val-de-Reuil, d’Evreux à Avignon ou Aix-en-Provence l’été venu.
Il y a plus. Alors qu’il dirigeait encore une très belle entreprise de mécanique, il n’avait pas hésité une seule seconde à s’engager pleinement dans le combat municipal aux côtés d’Ernest Martin et d’Henri Fromentin, combat qu’il jugeait utile voire indispensable à son équilibre de vie. C’est en prolongeant ce combat local qu’il fut l’un des plus ardents soutiens de François Loncle, élu député en 1981.
Claude était de ceux qui ne se cachent pas, qui n’hésitent pas à s'afficher (malgré les critiques) parce qu’il  possédait un fond très solide et très authentique qu’une jeunesse pas toujours facile lui avait prodigué. Mais il fallait du temps pour tenter de découvrir sa personnalité aussi attachante qu’elle semblait nous échapper. L’apprivoiser était un vrai délice.
Sur le plan humain, il était la bonté même. La générosité même. Toujours prêt à rendre service, toujours prêt à dépanner, toujours prêt à servir une cause ou une action collective. Encore récemment, il aimait apporter sa pierre à une industrie locale dynamique, faisant fi de sa situation de retraité jamais en retrait.
Claude était aussi un père et un grand-père. J’imagine la douleur de ses enfants, Nathalie et Jean-Philippe et celle de ses quatre petits-enfants qu’il entourait de tout son amour. Pendant ces trois dernières semaines, ils ont été attentionnés, à son chevet en permanence, pour oser espérer gagner une lutte pourtant inégale face à la maladie.
Nous serons nombreux, demain (jeudi), au crématorium d’Evreux pour saluer sa mémoire et lui rendre un dernier hommage. Beaucoup le pleureront. Il laisse tant de regrets.

3 octobre 2017

Pas d'armes à feu à la maison, pas de tentation de s'en servir !


La polémique autour des armes à feu ne peut avoir lieu qu’aux Etats-Unis. J’exclus évidemment, les Philippines, le Venezuela, le Brésil, et bien d’autres pays qui ne peuvent être classés dans les démocraties durables et établies. La polémique enfle après chaque tuerie de masse dont les USA sont victimes quels que soient les états de cette grande fédération. 59 morts (à l’heure où j’écris ces lignes) et 500 blessés à Las Vegas, voilà un bilan dramatique suite à une fusillade lente, systématique, d’un seul homme en possession d’armes semi-automatiques en vente libre dans ce « bel » état du Nevava !

On pourrait attendre de la part des autorités exécutives américaines autre chose que des appels à Dieu et autre chose que de la compassion…compassée. Trump est un champion du tweet de solidarité religieuse alors qu’il n’a pas dit un mot sur l’auteur des coups de feu, ses motivations, sa possession de machines à tuer. La Maison blanche va même jusqu’à juger prématuré tout débat autour des armes à feu en vente libre, légalement, et en vente illégale pour ceux et celles qui ont un passé judiciaire.

N’attendons pas de Trump et des siens qu’ils ouvrent la boite de pandore. Soutenus par les lobbies pro-armes (la NRA notamment) les républicains ne bougeront pas d’un pouce à l’égard des textes existants. Il va donc falloir que l’opinion publique américaine, que les Démocrates et que la minorité du Congrès se bougent. Face à l’inertie du président, à ses obsessions et aussi face à cette culture centenaire issue du second amendement (rédigé au 18e siècle !) seule la société civile américaine parviendra à modifier les mentalités, d’abord, et ensuite la législation.

En France où on compte quatre fois moins d’homicides (ou suicides et accidents) par armes à feu proportionnellement à la population, on n’imagine pas des étudiants autorisés à venir à l'université armés jusqu’aux dents pour suivre les cours ou un public de concert prêt à défourailler à la moindre alerte. Trump avait pourtant critiqué notre pays lors de la tuerie du Bataclan et des terrasses. Il aurait mieux fait de se taire. Il ferait mieux d’agir. La leçon de tous ces drames : pas d’armes à la maison (ou ailleurs), pas de tentation de s’en servir !

2 octobre 2017

« Le Portugal au XXe siècle, une histoire singulière et méconnue » par Yves Léonard, docteur en histoire, enseignant à Sciences-Po


Dans le cadre de ses conférences mensuelles, la Société libre d’agriculture, sciences, arts et belles-lettres de l’Eure, association laïque fondée en 1798 sous le Directoire, a invité le samedi 7 octobre Yves Léonard, docteur en histoire, enseignant à l’Institut d’Études politiques de Paris, établissement plus connu sous le nom de  Sciences-Po. Cette conférence est intitulée « Le Portugal au XXe siècle, une histoire singulière et méconnue ». Elle aura lieu comme de coutume aux Archives départementales de l’Eure à Évreux, 2 rue de Verdun, à partir de 14 h 30.

L’histoire contemporaine du Portugal reste encore trop méconnue en France, alors que des flux croissants de touristes français découvrent le pays, parfois pour s’y installer l’heure de la retraite venue. Mais clichés et préjugés continuent d’avoir la vie dure, du « bon émigré portugais » à la trilogie des trois F (Fado, Fátima et Football). Sans compter le prisme réducteur des agences de notation, si prégnant ces dernières années.

Pourtant, le Portugal a le plus souvent reflété, voire précédé, l’histoire européenne. Et cela depuis le renversement de la monarchie et l’implantation précoce de la République en octobre 1910, à la longue dictature salazariste et aux tourments coloniaux. Pour parvenir enfin au rétablissement de la démocratie avec la singulière Révolution des œillets, le 25 avril 1974, avant de vivre pleinement à l’heure européenne, non sans tourment.

Le dernier ouvrage d’Yves Léonard, « Histoire du Portugal contemporain de 1890 à nos jours » paru aux Éditions Chandeigne, est préfacé par Jorge Sampaio, ancien président du Portugal. Il a été présenté au public le 11 octobre 2016 au cours d’une soirée officielle organisée à l’ambassade du Portugal à Paris. Yves Léonard propose une synthèse, la première de ce type en France, nourrie des apports récents de la recherche et des débats historiographiques. Il met ainsi en lumière la complexité et la richesse d’une histoire du Portugal contemporain loin des idées reçues.

À Sciences Po, Yves Léonard est membre correspondant du Centre d’Histoire (CHSP). Également chercheur-associé au Laboratoire d’Études romanes de l’université Paris 8, il a publié de très nombreux travaux sur l’histoire contemporaine du Portugal, notamment salazarisme et fascisme.Yves Léonard est un habitué des conférences de la Société libre de l’Eure, devant laquelle il a déjà présenté une évocation d’Aristide Briand dans l’Eure.

Entrée libre et gratuite.
Société libre de l’Eure, 2 rue de Verdun 27025 Evreux cedex. – http://societe-libre-eure.org