25 septembre 2017

Lionel Jospin avait bien raison : le sénat est une anomalie

Lionel Jospin.

Lionel Jospin avait raison. Le sénat est bien une anomalie. Non pas que le bicamérisme soit une aberration démocratique mais les élus du sénat français ne sont pas représentatifs de la population. Il paraît que cette chambre haute doit être représentative des territoires. Quels territoires ? Essentiellement les communes rurales et rurbaines au détriment des villes moyennes et des métropoles.

Le général de Gaulle avait souhaité la disparition du sénat sous sa forme actuelle. Il considérait, non sans raison, que les sénateurs étaient les représentants d’intérêts n’ayant que peu à voir avec l’intérêt supérieur de la nation. Trop de clientélisme, trop de prébendes, trop d’élus installés (à l’époque pour neuf années !). N’oublions pas que le sénat doit son existence à un troc entre Gambetta et les monarchistes. Ces derniers n’ont accepté la République qu’à condition qu’un sénat corrige les votes de l’Assemblée nationale. Et la chambre haute, comme on dit, perdure !

Dans une France rurale d’avant la seconde guerre mondiale, on pouvait éventuellement concevoir que les campagnes soient représentées au plus haut niveau de nos assemblées. Aujourd’hui, cette surreprésentation de la ruralité ne se justifie plus. Les Français(e)s vivent en majorité dans les villes. Le sénat ne les représente pas. On comprend bien que la droite tienne à conserver son avantage ad vitam aeternam. Reconnaissons qu’il s’agit d’un déni de démocratie. C’est si vrai que le président de la République actuel aura les pires difficultés pour faire adopter la réforme constitutionnelle — pourtant indispensable — visant à diminuer le nombre de parlementaires. Comment réformera-t-on le Conseil supérieur de la magistrature ? Faudra-t-il en passer par le référendum, outil dangereux s’il en est ?

Je ne m’apitoie pas sur les résultats d’hier. La droite continue d’ultradominer le sénat. Les Républicains et les UDI accroissent leur influence. Les socialistes sauvent les meubles grâce à leur implantation locale (pourtant réduite en 2014). Le PC sauve son groupe de justesse. Quand à la République en Marche, faute de troupes, elle perd la bataille du sénat. Le Front national est inexistant. Tout comme la France insoumise qui n’aura aucun sénateur ! Est-ce juste ? Est-ce démocratique ? Une anomalie de plus.

24 septembre 2017

« La rue a battu les nazis ». Jean-Luc Mélenchon maltraite la vérité historique.


JLM hier dans les rues de Paris. (Maxnewsworld)
On dit de Jean-Luc Mélenchon qu’il est un tribun. Comme tout bon tribun, donc, il prépare ses interventions publiques dans lesquelles il mêle politique, philosophie, histoire…s’attirant ainsi les sympathies de tous ceux et toutes celles qui honnissent les dirigeants actuels. Hier, face à des dizaines de milliers de manifestants rassemblés contre les ordonnances modifiant certaines règles du code du travail, Jean-Luc Mélenchon s’est livré à une attaque en règle contre celles-là sans omettre d’y ajouter les futurs textes sur les retraites ou la CSG, par exemple, pour amplifier la protestation.

Macron ayant indiqué récemment que « la rue ce n’est pas la démocratie », l’ancien candidat à l’élection présidentielle chef de la France Insoumise a démontré qu’il n’avait toujours pas digéré une défaite ressentie par lui comme une injustice en énumérant une liste de batailles que la rue, justement, aurait gagnées. S’il a eu raison de citer le recul de de Villepin sur le CPE, il a évidemment eu grand tort d’affirmer que « la rue avait battu les nazis. » Certes, l’entourage de JLM, s’évertue, depuis cette gaffe, à souligner que le chef des insoumis faisait allusion à la bataille de Paris et la libération de la capitale. A aucun moment, il n’aurait eu l’intention de placer le plan Juppé et les nazis sur le même…plan. Il n’empêche que les réseaux sociaux sont encombrés de démentis, de mises au point, de rappel des faits historiques soulignant la légèreté, pour le moins, d’un Mélenchon vindicatif et parfois approximatif dans ces comparaisons qui, comme on le sait, ne sont pas raison.

Pour autant, ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain. Si des milliers de Français descendent dans la rue pour protester contre une politique, ils en ont le droit et, parfois, le devoir. La manifestation de rue n’est, certes, pas la loi mais comme elle est constitutionnelle et inhérente à l’expression démocratique, on ne peut affirmer, comme le président « que la rue ce n’est pas la démocratie. » Il aurait dû dire « ce n’est pas toute la démocratie. » Heureusement, en 2017, le dernier mot appartient encore aux assemblées élues qui tiennent compte, ou pas, de ce qu’il se passe dans la rue. Si les citoyens sont mécontents, ils détiennent le seul vrai outil d’expression : le bulletin de vote. Bien sûr, il faut être patient et attendre les échéances. Cette vertu n’est pas mélenchonniste.

23 septembre 2017

Des parents d'élèves de Val-de-Reuil écrivent au président du Conseil départemental : « Serez-vous un élu…»


« Monsieur,
Depuis plusieurs décennies, les enfants habitant au Cavé de Val-de-Reuil sont scolarisés à l’école primaire Léon Blum de Val-de-Reuil. Aujourd’hui une quinzaine d’enfants du Cavé âgés de 7 à 10 ans acquièrent des compétences dans cette école primaire. Leur collège de secteur est le collège Michel de Montaigne au Vaudreuil. Une rumeur prétend que des enfants de Val-de-Reuil n’iraient plus étudier dans leur collège de proximité mais au collège de Pont-de-l’Arche et/ou de Louviers. Nous voudrions porter à votre connaissance nos craintes concernant cette éventuelle nouvelle sectorisation du bassin scolaire de Val-de-Reuil et de ses alentours.

Les habitants du Cavé de Val-de-Reuil revendiquent leur volonté d’avoir voulu vivre sur ce territoire rolivalois pour bénéficier d’une chaîne scolaire complète et de qualité : école maternelle et primaire Léon Blum, collège Michel de Montaigne et lycée Marc Bloch. L’école Léon Blum, située à 1600 m, accueille nos enfants et établit depuis plusieurs années des projets pédagogiques avec le collège Michel de Montaigne afin d’optimiser la liaison CM2-6ème. Le collège Michel de Montaigne est un collège de proximité. Situé à 650 m de nos résidences, il permet à nos enfants d’emprunter des moyens de transports respectueux de l’environnement. Il offre également un temps précieux, source de bonne santé et de réussite éducative et scolaire. Nos enfants rejoignent leur collège en trois minutes en vélo. Vos services produisent des hypothèses de nouvelle sectorisation du territoire dans le cas où le collège Pierre Mendès France ferme. Nous vous prions de bien vouloir prendre en considération les éléments suivants.

   Le transport en commun des enfants du Cavé jusqu’ aux collèges Hyacinthe Langlois de Pont-de l’Arche ou les Fougères de Louviers s’accompagnera d’une empreinte carbone beaucoup plus impactante qu’un simple déplacement à pied ou en vélo. L’ambition légitime du nouveau président Emmanuel Macron et de son gouvernement est de réduire les émissions des gaz à effet de serre. Serez-vous un élu départemental de la majorité présidentielle dont l’action locale s’opposera aux objectifs politiques nationaux ?
   Le transport en bus émet également des particules solides fines et ultra-fines irritantes, allergisantes et cancérigènes au niveau de l’appareil respiratoire. Serez-vous un élu départemental indifférent à l’état de santé de vos concitoyens ?
   Le transport en commun des enfants du Cavé jusqu’aux collèges Hyacinthe Langlois de Pont-de-l’Arche ou les Fougères de Louviers générera une fatigue superflue. Traverser la ville de Louviers ou rejoindre Pont-del’Arche aux heures de pointe, le matin et le soir, sont des activités pénibles, chronophages et inutiles. A l’heure où nos administrateurs de la CASE ambitionnent de nous offrir « un territoire à haute qualité de vie, pour prendre le temps de vivre », serez-vous un élu départemental insensible au confort de nos enfants - pour ne pas dire - de « vos » enfants ?

Le transport en commun des enfants du Cavé jusqu’aux collèges de Pont-de-l’Arche ou de Louviersaugmentera le risque qu’ils soient victimes d’accidents de la route. La route des Falaises, segment de la voiedépartementale de l’axe structurant Val-de-Reuil/Louviers, est – faute d’entretien - accidentogène. Serez-vousun élu départemental irresponsable ?

-— Au-delà des répercutions sanitaires et environnementales, le surcoût de ce projet surprenant est faramineux. Le coût moyen du transport par autocar en France est estimé au minimum à 2,20 euros par kilomètre. Nos résidences sont distantes d’une dizaine de kilomètres des collèges de Pont-de-l’Arche et de Louviers. Les familles devront alors – au-delà de leurs devoirs fiscaux locaux - supporter des dépenses supplémentaires pour aider le département à faire face à ses obligations. Nous devrons aussi payer des frais supplémentaires de cantine puisque de nombreux jeunes de 10 à 14 ans rentrent actuellement chez eux pour se restaurer. Vous évoquez, pour rassurer les inquiétudes des parents menacés, qu’ils pourront bénéficier d’aides compensatrices. Vous ne pouvez pas ignorer que la majorité des situations des foyers du Cavé ne leur permettront pas de bénéficier de ces bourses départementales. Serez-vous donc un élu départemental de la baisse du pouvoir d’achat de vos administrés ?

-— Le découpage du quartier du Cavé du Vaudreuil et de Val-de-Reuil est complexe. Certaines familles résident sur la commune du Vaudreuil alors que leurs voisins directs dépendent de Val-de-Reuil. Les enfants valderoliens sont scolarisés à l’école primaire Général Leclerc alors que les jeunes rolivalois le sont à Léon Blum. Dans l’hypothèse où votre projet voit le jour, les valderoliens du Cavé seraient scolarisés au collège Montaigne alors que leurs voisins rolivalois seraient refoulés aux confins du secteur ! Serez-vous un élu département capable de justifier une telle sectorisation injuste ?

   Depuis plusieurs années, les personnels de l’école primaire Léo Blum et du collège Montaigne œuvrent pour favoriser la transition entre les niveaux CM2 et 6e du cycle 3. Les élèves de CM2 visitent leur futur collège, rencontrent les membres de l’équipe éducative et « vivent » des enseignements pendant plusieurs jours. Une journée sportive, moment d’étroite collaboration entre les deux niveaux, est également organisée. Elle donne du sens en aidant les élèves à se projeter dans leur scolarité. Serez-vous l’élu départemental qui rompra la chaîne éducative d’excellence qui unit l’école Léon Blum au collège Michel de Montaigne ?
   Le code de l’Éducation stipule que « la carte scolaire permet l’affectation d'un élève dans un collège correspondant à son lieu de résidence ». Le collège Michel de Montaigne est à trois minutes en vélo de nos résidences. Quelque soit vos scenarii de fermeture ou pas du collège Pierre Mendès France, nous souhaitons avoir la garantie que nos enfants soient encore scolarisés dans le collège le plus proche de nos domiciles. Dans un premier temps, la presse et les réseaux sociaux pourront relayer et amplifier, si tel n’est pas le cas, notre demande argumentée, votre silence ou votre position inexcusable.

Vous trouverez (NDLR : je ne l'ai pas publiée ici) la liste de toutes les familles rolivaloises du Cavé concernées et contrariées - pour ne pas dire révoltées - par la rumeur selon laquelle des enfants rolivalois n’iraient plus étudier dans leur collège de proximité mais au collège de Pont-de-l’Arche et/ou de Louviers.

En l’attente de vos sept réponses et en espérant que nos craintes et notre demande soient prise en considération, nous vous exprimons nos salutations les plus constructives.
Monsieur Hurtaud

Marc-Antoine jamet, maire de Val-de-Reuil, a pris connaissance de cette adressée au président du Conseil départemental. Il écrit : « Il n'y a pas un mot à rajouter, à enlever ou à changer à cette lettre intelligente, compétente, évidente. Il faudrait qu'elle soit lue et assimilée. Quel dommage que des intentions politiques, cachées, et comptables, exhibées, fassent oublier au conseil départemental les missions de service public que votre courrier rappelle. Je n'ai - quant à moi - pas eu l'honneur d'une conversation, même de quelques secondes, avec son nouveau Président délégué. Sans doute 16.000 habitants ne valent-ils pas la peine qu'il rencontre leur représentant élu ? Cela laisse plus de temps pour répondre aux appels de la ligne directe installée par M. Lecornu avant son irrésistible ascension gouvernementale ou pour paraître en photo aux côtés de mes collègues, les maires d'Evreux, de Louviers et de Vernon qui ne souffrent pas du même ostracisme. Le sort des enfants, la qualité de l'éducation qui leur est donnée, la chance que constituera pour eux, dans la vie moderne, un diplôme seraient-ils indifférents à ces gens ? Peut-être devrions-nous les interroger sur leur propre parcours scolaire et universitaire et comprendre ce que signifie un tel acharnement contre l'enseignement, les professeurs, les parents, les enfants ? Rien, je l'espère, qu'une bonne psychanalyse ne guérisse... Elle est cependant urgente. »




21 septembre 2017

Florian Philippot quitte le Front national et vole de ses propres ailes depuis ce matin


Florian Philippot. (DR)
Ce qui se passe au sein du FN n’a rien d’anecdotique. Le combat entre Marine Le Pen et Florian Philippot est bien un combat politique. Des lignes s’affrontent qui dépassent largement le cadre des oppositions de personnes. Après le catastrophique débat de second tour de l’élection présidentielle au cours duquel Marine Le Pen a fait preuve d’incompétence, de légèreté et de violence verbale, il n’est pas surprenant que Florian Philippot, mieux structuré que la chef du FN, et surtout plus affirmé dans ses convictions, ait compris que l’avenir de la droite souverainiste ne passe plus par la fille de Jean-Marie.

De fait, c’est bien le nom de Le Pen qui structure la vie du Front national. S’y rejoignent les pétainistes nostalgiques, les partisans de l’Algérie française et des colonies africaines ou asiatiques, les racistes et les xénophobes, sans oublier les pourfendeurs de l’Union européenne à l’origine, selon eux, de tous les malheurs de la France. Ancien chevénementiste, Florian Philippot a une vision économico-souverainiste de l’engagement. Homosexuel assumé, il a obligé Marine Le Pen à adopter des positions nuancées sur le mariage pour tous et donc sur les avancées sociétales plus libérales et moins catho-intégristes. La démission de Philippot du FN, acté ce matin même, aboutira sans doute à une revanche des ardents soutiens de Sens commun hostiles à la PMA. Qui sait si le FN ne reviendra pas un jour sur l’IVG tant décriée par Marion Maréchal Le Pen en réserve dans le privé ?

Il serait sans doute ridicule de faire de la démission de Philippot un acte majeur de la vie politique française. Tout de même, si l’ancien vice-président, très médiatique et organisé, est suivi par les adhérents de « Patriotes » (2500 ?) il amputera le FN d’une jambe forte à quelques mois d’un congrès au cours duquel le changement de nom du parti est à l’ordre du jour de même que d’éventuelles alliances à l’image de celle entreprise avec Dupont-Aignan et avec le succès que l’on sait. 

Le FN traverse une mauvaise passe. Alors que sa candidate de second tour a obtenu près de 11 millions de suffrages, il n’est pas douteux que nombre de ces électeurs vont y regarder à deux fois avant de glisser à nouveau un bulletin FN dans l’urne. Sur ce blog, j’ai maintes fois dénoncé le caractère superficiel des envolées de Marine Le Pen. Elle entre dans une période de turbulences dont nul ne peut dire aujourd’hui, sur quoi elle débouchera. Mais à coup sûr pas sur une prise du pouvoir.

20 septembre 2017

Marc-Antoine Jamet n'y va pas de main morte : « Maintenant que l’on sait, le collège Pierre Mendes France doit rester ouvert ! »


La ville nouvelle en construction en 1982. A droite le collège PMF. (photo aérienne Jean-Charles Houel).
« Maintenant que nous savons que le Ministre compétent est contre, que le préfet de l’Eure est contre, que le recteur de Normandie est contre, que le directeur académique de notre département est contre, que les conseillers départementaux de notre canton sont contre, que le maire et le conseil municipal de Val-de-Reuil sont contre, que le chef d’établissement et les professeurs du collège Pierre Mendès France sont contre, que les parents des 350 élèves inscrits (qui seront 450 l’année prochaine) sont contre.


— Maintenant que nous avons été informés que la principale du collège Alphonse Allais prévoit des effectifs pour la rentrée 2018 de près de 500 élèves, ce qui met son établissement dans l’incapacité d’accueillir un enfant de plus.



— Maintenant qu’il est de notoriété publique que le Collège Michel de Montaigne a refusé l’inscription de plusieurs enfants issus des CM2 de Val-de-Reuil à la rentrée 2017 alléguant qu’il était saturé et que c’est la vérité. 



— Maintenant qu’il est établi que jamais le collège Pierre Mendès France n’a été un collège du type Pailleron et que le prétendre était un grossier mensonge ou une la preuve d’une parfaite ignorance de la réalité.



— Maintenant que l’on se souvient que M. Sébastien Lecornu, jeune exécutif départemental devenu jeune secrétaire d’Etat au prix d’une grande souplesse idéologique, rompant avec la gestion brutale et secrète du dossier qui avait prévalu, avait indiqué, par une lettre reçue à la Communauté d’agglomération, qu’il fallait, localement, pendant un an, en engageant la concertation avec tous les acteurs, mener une réflexion sur le principe même de la fermeture de cet établissement plutôt qu’un autre et que ce travail n’a connu aucun début de concrétisation, ce qui pourrait montrer, chose impossible à croire, que les promesses varient d’un exécutif à un exécutant départemental en seulement quatre mois.



— Maintenant que l’on se rappelle que l’agglomération Seine Eure, unanime, a voté en juin dernier un moratoire d’au moins deux ans reportant toute décision tant une fermeture paraissait déstabilisatrice pour notre territoire, que cette volonté politique rassemble localement Gauche et droite, et qu’il faut respecter cette unité.



— Maintenant que nul n’ignore que le Conseiller départemental LR de Louviers M. Jubert, convaincu de sa stupidité, avait fait son affaire du retrait rapide de la mesure décriée.



— Maintenant que l’on constate que les 200 logements annoncés à Val-de-Reuil (AMEX, Extraco, Nexity, Altitude) sont en train de se construire pour la prochaine rentrée et que 500 autres sont lancés.



— Maintenant que l’on observe que Val-de-Reuil est lancé dans un nouvel ANRU, le PNRU2, et que le but de ce projet est précisément d’éviter les friches administratives grâce à la participation budgétaire du département que la fermeture de PMF par le même département créerait, schizophrénie pour le moins ubuesque, voire kafkaïenne.



— Maintenant que, sous l’autorité du Président de la République Emmanuel Macron que je vais saisir, le Gouvernement de Edouard Philippe, que je vais saisir, a donné la priorité au soutien des élèves de ZEP et que, comme pour le Collège Pablo Neruda d’Evreux, le ressort du Collège Pierre Mendès France de Val-de-Reuil est le plus directement concerné par cette initiative, initiative à laquelle on imagine mal que le Conseil Départemental de l’Eure s’oppose, puisque c’est le département de M. Bruno Le Maire, département qui compte cinq députés En Marche (tous muets sur ce sujet qui va pourtant contre le programme de leur Majorité Parlementaire).



— Maintenant qu’une rumeur folle prétend qu’il s’agira pour M. Le Hongre d’envoyer les enfants qui allaient naguère à Louviers à Michel de Montaigne au Vaudreuil pour mieux envoyer sur des routes encombrées de camions les petits rolivalois (dont on sait qu’ils sont évidemment pauvres, étrangers, en difficulté, et sans doute un peu bêtes !) à Pont-de-l’Arche ou à Louviers (deux heures de trajet/jour et, hélas, potentiellement des accidents dont M. Le Hongre sera personnellement responsable) avec les répercutions que l’on sait sur la santé, le sommeil, les résultats d’enfants de 10 à 14 ans, laissant place à toutes les stratégies familiales de contournement qui asphyxieront Montaigne, sans parler du coût faramineux du transport pour la collectivité publique.



— Maintenant qu’on s’aperçoit que rompre la chaîne éducative d’excellence qui unit les écoles rolivaloises au meilleur lycée du département, Marc Bloch, via le collège Pierre Mendès France est une absurdité sans nom, l’exemple même du mauvais service public.



— Maintenant que l’on discerne que ceux qui mettent en œuvre cette décision ont certainement des qualités, mais n’ont aucune légitimité pédagogique (en tant que Président actuel du CNED et ancien président de la commission paritaire d’un de nos établissements universitaires les plus prestigieux, j’en ai à peine…) et n’agissent qu’au nom d’une logique comptable que, en magistrat de la Cour des comptes, je recommanderais fermement à mes collègues de la Chambre Régionale des Comptes, de juger comme une politique de Gribouille ou une stratégie du sapeur Camembert.



— Maintenant que l’on sait que le bailleur social IBS est prêt à affecter le bâtiment mitoyen du collège à un internat. Maintenant que le Ministre de l’éducation a demandé que le dossier soit évoqué à son cabinet.


Il apparaît évident, à tous les esprits logiques, éclairés, républicains, qu’il faut ajourner sine die le conseil d’administration du Collège Pierre Mendès France du 2 octobre 2017. C’était au cours de cette réunion que la décision sans aucun fondement de fermer l’établissement devait être prise. A contrario, il est temps de se mettre enfin à travailler sérieusement, entre professionnels, sans politiciens, et d’examiner le maintien du Collège Pierre Mendès France grâce à la création d’un Internat d’Excellence (astucieusement à 1000 mètres d’une gare !) piste que, sur la suggestion des services de Jean-Michel Blanquer alors directeur de l’enseignement scolaire au Ministère de l’éducation, le Département de l’Eure avait étudié lorsqu’il était –bien- géré par Jean Louis Destans.



Marc-Antoine JAMET

Maire de Val-de-Reuil

15 septembre 2017

Le préfet de l'Eure et Bernard Leroy, président de la CASE, se querellent autour du sort de Saint-Aubin-sur-Gaillon


Sébastien Lecornu, membre du gouvernement d’Edouard Philippe, ancien président du conseil départemental de l’Eure, ancien maire de Vernon, membre des Républicains constructifs…ne l’est pas à toute heure et en tout lieu. Il ne fait pas de doute qu’il a usé de toute son influence pour convaincre le préfet de l’Eure d’autoriser la commune de Saint-Aubin-sur-Gaillon à intégrer la communauté d’agglomération de Vernon-Les Andelys. Contre les intérêts de le la communauté d’agglomération Seine-Eure.

Alors même que les élus de cette agglomération et ceux de la communauté de communes de Gaillon-Aubevoye avaient majoritairement opté pour une fusion au 1er janvier 2018, le préfet autorise la commune de Saint-Aubin à déroger à la règle commune. La mise au point du préfet, dans la presse locale, est un bijou de légalisme Il est aussi une forme d’hypocrisie. Tout le monde sait — et le préfet d’abord — que Saint-Aubin-sur-Gaillon est une commune riche…et riche d’espérances eu égard au volume de ses terrains à industrialiser. Elle possède un parc industriel et artisanal déjà copieux et des capacités de développement en bordure de l’autoroute non moins intéressantes. L’intégration par la CASE de ses voisins gaillonnais et albaviens n’était avantageuse que si l’équilibre entre les charges et les recettes se réalisait. Le départ de Saint-Aubin à Vernon, chez M. Lecornu, donc, hypothèque franchement l’avenir de l’axe Seine, de Gaillon à Rouen.

Bernard Leroy évoque l’hypothèse d’un recours contre l’arrêté du préfet de l’Eure devant le tribunal administratif de Rouen arguant du fait que la majorité des communes de la CASE et de Seine-Madrie (Gaillon-Aubevoye) ont accepté de fusionner avant même le départ officiel de Saint-Aubin-sur-Gaillon. La querelle sur l’outil démocratique est cependant biaisée. Le préfet s’appuie sur une délibération de la commune de Saint-Aubin seule et Bernard Leroy sur la majorité écrasante et collective de deux assemblées. Les juges administratifs seront peut-être sensibles aux arguments de M. Leroy mais le préfet, soutenu par le gouvernement, a également des armes juridiques en main.

Le 12e salon de la céramique contemporaine à Pont-de-l'Arche du 28 septembre au 1er octobre


14 septembre 2017

Laurent Wauquiez, un « assisté » du Conseil d'Etat…


Laurent Wauquiez, candidat à la présidence du parti « Les Républicains » s’est rendu célèbre pour avoir dénoncé ce qu’il appelle « le cancer de l’assistanat. » Je n’apprécie pas que l’on fasse allusion cette maladie qu’est le cancer et à toutes les maladies en général pour les utiliser à des fins politiciennes métaphoriques. Je peste quand je les entends protester contre les autismes par ci ou les métastases par là ! Le cancer n’est pas une maladie honteuse comme toutes les maladies d’ailleurs !

Je peste d’autant plus qu’un journal régional lyonnais vient de rendre publique la situation  personnelle du président du Conseil régional de Rhône-Alpes. Ayant opté pour conserver son mandat local, l’ancien député bénéficie par ailleurs de sa mise en disponibilité du Conseil d’Etat dont il est membre après en avoir été détaché pendant plus d’une décennie. M. Wauquiez continue donc de bénéficier chaque année de ses points de retraite alors qu’il n’a été maître des Requêtes que pendant deux mois. Bruno Le Maire, lui, a décidé de démissionner de la fonction publique pour ne pas subir des attaques contre ce qu’il faut bien appeler un privilège.

Quand on s’appelle Wauquiez et qu’on met en cause, comme il le fait, les droits sociaux des salariés français ou des personnes bénéficiant du RSA ou des indemnités de chômage, on doit être impeccable individuellement. Ce n’est pas le cas. La presse ayant décidé de faire connaître l’avantage dont bénéficie M. Wauquiez que je me garderai bien de traiter d’assisté, je lui suggère d’imiter l’initiative de son ancien collègue des Républicains, ancien député de l’Eure devenu ministre de l’économie, dont j’avais eu le privilège « légal » de consulter sa situation patrimoniale en préfecture de l’Eure et de n’y découvrir rien qui puisse lui être reproché.

13 septembre 2017

« Portraits de lectrices : d'Emma Bovary à Marie-Claire » par Cédric Pannevel le 21 septembre


Gérer le chaos après le passage d'Irma la dure : la polémique patientera quelques semaines


Quand vous perdez tout, quelle que soit l’origine du drame que vous vivez, vous avez la haine. C’est normal, c’est humain. Du moins dans un premier temps. Vous criez à l’injustice, vous cherchez des responsables. Il est bien rare que vous n’en trouviez pas. En cas de catastrophe naturelle, c’est parfois la faute à pas de chance, en cas de séisme notamment, mais la responsabilité des hommes peut être également engagée face au réchauffement climatique et aux modes de constructions inadaptés. Même si le maire de la Faute-sur-Mer, par exemple, s’est très bien sorti judiciairement parlant des conséquences de la tempête xynthia, il n’en demeure pas moins qu’il était totalement aberrant de sa part d’avoir délivré des permis de construire dans une zone inondable, ô combien !

L'arrivée sur l'aéroport de Saint-Martin. (photo HP)
Aux Caraïbes et surtout à Saint-Martin et Saint-Barthélemy, ce sont les effets de l’ouragan Irma que la France déplore aujourd’hui. Alors qu’Emmanuel Macron a survolé les îles antillaises pour se rendre compte de visu du désastre et des pertes immenses, « la colère et l’exaspération » des populations l’attendaient de pied ferme à sa descente de l’hélicoptère. Le Front national — relayé par Ciotti et Mélenchon — a mis en cause le gouvernement dont « l’amateurisme » est selon lui patent. On savait, assure M. Sébastien Chenu, porte-parole de Mme Le Pen, depuis plusieurs jours, que l’ouragan de force 5 allait faire très mal et les autorités françaises « n’ont rien anticipé ». A l’entendre on se demande même si elles ne l’ont pas fait exprès. Voilà comment on décrit le monde vu d’un bureau à Paris.

Annick Girardin, ministre de l’Outre-Mer est sur place depuis le passage d’Irma. Elle a coordonné les secours et l’assistance basés en Guadeloupe puisqu’il eût été impossible de mettre en danger les futurs intervenants sur les îles visées elles-mêmes. Qu’il y ait eu des pillages, c’est évident. Malgré quelques défaillances, inévitables en cas de chaos, bien des rumeurs ont circulé, sans fondement. Un exemple : jamais la prison (côté hollandais de Saint-Martin) n’a permis à 250 détenus de s’échapper. Il reste que sans eau, sans électricité, sans téléphone, sans Internet, il est bien difficile, voire impossible, de rendre compte avec exactitude de la situation et de coordonner forces de sécurité, militaires, médecins, croix rouge, distribution d’aliments de bouteilles d’eau. Quand la préfecture elle-même, la caserne des pompiers, l’hôpital sont inutilisables, il est quasi impossible de mettre les plus fragiles à l’abri…

Une commission parlementaire dira si le gouvernement a failli : et si oui, quand, comment, pourquoi ? Comme dirait le président, les temps actuels ne sont pas à la polémique mais à l’action. Ce que font le gouvernement et les secouristes. On ne pourra en tout cas pas reprocher à Emmanuel Macron son manque de compassion ou son indifférence. Jupiter est descendu de l’Olympe pour entendre le peuple qui souffre et répondre aux questions qu’il se pose. Autant je ne lui pardonne pas son « fainéant » autant je partage son point de vue sur l’attitude des politiciens qui s’opposent pour s’opposer. Elle est indigne.

11 septembre 2017

« Je serai d'une détermination absolue et je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes. » Emmanuel M.


Je n’irai pas jusqu’à affirmer qu’Emmanuel Macron est « Immature » comme l’a déclaré ce jour Benoît Hamon. S’il est vrai que la président de la République se distingue parfois par des propos assez trash voire insolents, on est en droit de s’interroger sur le fait qu’il laisse apparaître ses pensées profondes (donc inconscientes) ou bien qu’il provoque délibérément ceux qui lui résistent.

Dans les deux cas, il a tort. Un président de la République, fût-il Jupiter, ne doit pas demeurer sur les cimes et se croire intouchable ou supérieur. Au fil des mois, M. Macron est apparu dans toute son arrogance. Quand il a traité les salariées d’une entreprise bretonne d’« illettrées », quand il a évoqué, à la gare du nord « ceux qui travaillent » et les autres « qui ne sont rien » et enfin, récemment, en dénonçant les « fainéants, les cyniques et les extrêmes. » (1) A y regarder de près, le vocabulaire de M. Macron n’a rien d’apaisant ni de sympathique. Cette suffisance durera-t-elle le temps du mandat ou, face aux événements, devra-t-il en rabattre ?

M. Macron aura bien du mal à chasser le naturel et il faut s’attendre à d’autres saillies à la Sarkozy. Le « racaille » de triste mémoire, comme le « casse toi pov con » lui collent à la peau. Avec le temps on s’en amuse puisque le Petit Nicolas est devenu politiquement inoffensif. Emmanuel Macron ne se trouve pas du tout dans la même situation. Elu au second tour face à la candidate du Front national avec un taux d’abstention énorme il a des responsabilités colossales sur les épaules car il n’a pas le droit d’échouer. Bon, on n’en est qu’au début du mandat et et d'ici 2022 de l’eau coulera sous les ponts comme une manif de la Nation à la Bastille. Tout de même. Si j’étais à la place des élus LRM, je ferais savoir au président et à ses conseillers que le vocabulaire de notre belle langue recèle maintes  images ou métaphores permettant d’exprimer clairement une pensée sans pour autant mépriser ceux et celles qui ne partagent pas leurs idées.

« En politique, le problème n’est pas de briller, mais de durer. » Cette phrase de Xavier Bertrand parue dans un JDD de juin laisse entendre que la présence d’Emmanuel Macron à la tête de l’Etat est le résultat de conjonctions favorables bien difficiles à réunir durant tout un quinquennat. Raison de plus pour prendre des gants quand il s’agit de vilipender…qui au fait ? On aimerait que les éventuels coupables soient clairement désignés sans remonter à la Saint glin-glin.

(1) S'exprimant devant la communauté française à l'école française d'Athènes, vendredi 8 septembre 2017 - Emmanuel Macron 

9 septembre 2017

L'opposition municipale lovérienne ne devrait pas jouer les dilettantes


Les colonnes de l'opposition sont vides.
Le travail d’un élu de l’opposition est souvent décourageant, fastidieux, inutile. C’est du moins le sentiment que peuvent éprouver les élus des groupes minoritaires surtout quand, en leur sein, on compte d’anciens responsables d’exécutifs locaux devenus de « beaux » parleurs dans le meilleur des cas. A la parution du dernier journal municipal « actua Louviers », j’ai été effaré de constater que les deux groupes d’opposition locale n’avaient trouvé ni le temps, certainement, ni les thèmes, peut-être, justifiant la parution d’un texte exprimant leur point de vue, par exemple, sur la gestion du maire actuel. Cette absence est évidemment regrettable.

Le groupe qu’anime Franck Martin (ancien maire) et l’élu du Front national ne doivent sans doute pas considérer que les initiatives de François-Xavier Priollaud sont exemptes de tout reproche ou alors c’est à désespérer de toute opposition digne de ce nom. Les deux colonnes demeurées blanches (notre photo) dans le journal municipal faute de textes adressés à la rédaction alors qu’elles sont réservées à l’expression libre des minorités, ne laissent pas d’inquiéter tout citoyen avide de points et de vue différents et de propositions nouvelles.

Je peux comprendre la lassitude des deux responsables de l’opposition eu égard à l’ancienneté de leur action militante et à leur envie de tourner la page. Il doit bien exister après d’eux quelqu’un capable de prendre la plume, de la tremper dans quelque encre, et de conduire un travail d’avenir puisque, comme le temps passe, nous entrons dans la seconde phase du mandat municipal débuté en 2014. Les élections de 2020 se préparent aujourd’hui.

Le journal paru en ce début du mois de septembre a forcément été préparé en amont et au mois d’août. Je n’ose croire que la période de vacances a ruiné l’imagination de l’opposition d’autant que des sujets pas forcément consensuels — locaux ou nationaux — auraient pu justifier un éclairage politique ou économique différent de celui du maire. Souhaitons que les colonnes du prochain numéro de notre journal local (il appartient à tous les Lovériens) soient à nouveau remplies des contre-propositions de l’opposition. Si le FN veut continuer de se taire, je n’y verrai, quant à moi, aucun inconvénient.

6 septembre 2017

La violence en politique a évidemment à voir avec la jouissance du pouvoir


Après l’agression dont a été victime Nathalie Kociusko-Morizet, le coup de casque porté par un député LRM contre un dirigeant du PS parisien lui valant 30 jours d’arrêt de travail et un traumatisme crânien plus que sérieux, voilà que Jean-Vincent Placé, sénateur EELV de Paris, ancien ministre, et sans doute candidat à sa succession le 24 septembre prochain, a été agressé et dépouillé de ses effets au cours de la nuit de samedi à dimanche.

Ces dernières décennies, jamais les hommes ou femmes politiques n’avaient été l’objet de violences physiques aussi graves et rendues publiques. Ne soyons pas naïfs. Bien sûr que le combat politique présente des aspects peu reluisants et suscite des passions extrêmes. Les campagnes électorales, notamment, de la part de colleurs d’affiches peu scrupuleux ou de distributeurs de tracts excessifs, sont souvent marquées du sceau de l’intolérance et du non respect de l’adversaire. 

Est-ce vraiment nouveau ? Certainement pas. La France de la 3e République a connu des situations bien plus douloureuses avec l’antisémitisme, les menaces de coups d’état, des manifestations avec morts d’hommes et de femmes. On croyait que l’évolution des mœurs, le développement de l’éducation, les rigueurs de la loi, allaient rendre le monde politique meilleur. Il n’en est rien. Cette violence physique survient à un moment particulier de l’histoire de la 5e république avec la remise en cause de rentes de situations que les partis traditionnels croyaient acquises. Le PS, les Républicains, le FN, et même la France insoumise, n’ont pas obtenu les victoires espérées suscitant regrets, jalousies et dépit…Il n’est pas si étonnant que des esprits faibles ou des frustrés passant à l’acte se livrent à des agressions que la loi condamne.
M. El Guerrab a démissionné de la République en Marche.

Plus surprenant en revanche, ce coup de casque de M. El Guerrab, député de l’étranger dans la circonscription de l’Afrique de l’Ouest. Qu’il y ait eu un conflit en cours entre lui et sa victime, M. Faure ne fait pas de doute. Ils s'étaient notamment disputés une investiture législative à Paris. On attend d’un élu de la nation plus de maîtrise, plus de circonspection, mais on a tort. Car les hommes et leur cerveau reptilien sont toujours à l’œuvre. Il suffit parfois de peu de chose pour passer de la colère à la violence physique. Justement. Les responsables de la République en marche souhaitent que leur député démissionne de son mandat après avoir quitté le mouvement. Ce serait bien le moins. Mais dans ce domaine, rien n’est sûr. On a connu bien des élus (n’est-ce pas M. Fillon ?) mis en examen ou inquiétés pour X raisons qui n’ont pas décroché. Il faut croire que le pouvoir et son exercice sont des drogues puissantes dont l’addiction guette tout un chacun.


5 septembre 2017

Le programme des conférences de la Société d'études diverses de Louviers


Le Programme 2017-2018 des conférences de la SED :

Samedi 14 octobre 2017 : « Sarah Bernhardt, célèbre tragédienne française », par Jacqueline Daumet, professeur d’histoire honoraire.
Samedi 18 novembre 2017 : « L’architecture Renaissance dans le département de l’Eure », par France Poulain, architecte des Bâtiments de France, chef de l’Unité départementale de l’Architecture et du Patrimoine de l’Eure.
Samedi 16 décembre 2017 : « L’art roman dans le département de l’Eure », par Nicolas Wasylyszyn, ingénieur du Patrimoine, adjoint au chef de l’Unité départementale de l’Architecture et du Patrimoine de l’Eure.
Samedi 20 janvier 2018 : « La navigation ancienne sur la Seine », par Jean Baboux, vice-président du Cercle d’Études Vernonnais.
Samedi 17 février 2018 : « La Première Guerre mondiale en Manche », par Pierre-Yves Lepage et Jean-Luc Lemaire, du Groupe de Recherches et d’Identification d’Épaves de Manche Est (GRIEME).
Samedi 17 mars 2018 : « Le camp de regroupement de Gitans à Louviers sous l’Occupation », par Vanina Gasly, responsable des Archives de la Communauté d’agglomération Seine-Eure (CASE). La conférence sera précédée, à 15 heures, de l’assemblée générale annuelle de la SED. 

Les conférences suivantes, dont le sujet reste à déterminer, auront lieu les samedis 14 avril et 26 mai 2018.

Il y en a marre des attaques de Mélenchon et de Macron contre les journalistes


Il est impossible pour l’homme de presse que j’ai été — et que je demeure — de rester muet ou indifférent face à l’avalanche de critiques et de blâmes adressés à la presse en général et aux journalistes en particulier. Ce n’est pas nouveau : Jean-Luc Mélenchon décroche la palme de la mauvaise foi. Il fustige sans toutefois les désigner nommément, les rédactions et les propriétaires de presse, attachées selon lui, à la perte de « la France insoumise » et des députés appartenant au groupe d’opposition de gauche qu’il préside.
Il n’est pas le seul. Emmanuel Macron, hier à Forbach, interpellé par un journaliste de radio lui répond sèchement : « les journalistes ne m’intéressent pas, ceux qui m’intéressent ce sont les Français. » Dans le genre langue de bois on fait difficilement pire.

Que se passe-t-il dans cette France de 2017 qui vient de connaître des bouleversements importants pour que des élus, des responsables de partis, des citoyens aussi, attaquent les journalistes devenus des parias. Ils seraient (presque) tous des vendus ou des achetés (c’est selon). Ils seraient au service d’officines évidemment non nommées. La recherche de la vérité serait le cadet de leurs soucis et, comme le rabâche Donald Trump, la presse assénerait mensonges et contre vérités à longueur d’antenne ou de colonnes.

Jean-Luc Mélenchon est devenu un expert dans l’art d’humilier les journalistes. Sûr de lui et dominateur, il s’est même permis (sur son blog) de rappeler l’histoire militante de certains éditorialistes pour leur reprocher leurs engagements d’antan qui au PC qui au PS…Comme si lui, Jean-Luc Mélenchon, devait sans cesse justifier d’avoir été un jour trotskyste ou membre de l’appareil socialiste. Il fut même ministre ! Les hommes changent, les contextes historiques aussi ainsi que le monde politique. Les journalistes ont le droit à l’engagement. L’objectivité absolue n’existant pas. Sans faire preuve d’esprit partisan ou sectaire, les hommes et femmes de presse ont le devoir, pour le coup, de dénoncer tous les abus, toutes les frasques, tous les excès, de ceux et celles qui aspirent à représenter les citoyens. Au prix de la critique et de la mise en cause…

Que serait notre pays sans Le Canard enchaîné ou Médiapart ? Fillon serait peut-être président de la République voire pire avec Nicolas Sarkozy ? Emplois familiaux, conflits d’intérêts, pantouflages, privilèges…sans la presse, pas de loi de moralisation de la vie publique, pas de clarté sur le financement des campagnes électorales, pas de dénonciation des scandales.

Mélenchon et Macron ont évidemment tort de mépriser le rôle de la presse dans une démocratie adulte et bien vivante. En ont-ils peur ? Préfèrent-ils voir les journalistes en prison comme en Turquie, au Venezuela ou en Chine ? Alors que Loup Bureau (1) croupit dans une geôle d’Erdogan, que plus d'une centaine de titulaires de la carte de presse meurent chaque année dans le monde, que des centaines de reporters sont pourchassés, stipendiés, menacés sur la planète entière, les élus Français feraient mieux de remercier la presse même imparfaite, même injuste parfois, car elle est indispensable au bon fonctionnement de la démocratie. Tout simplement.

(1) Loup Bureau est un journaliste français accusé par le pouvoir turc de soutenir les rebelles du PKK. Tout cela parce qu’il a rencontré — dans son rôle légitime qui est de donner la parole à toutes les parties en cause — des opposants à Erdogan ! Agissons pour le sortir de prison !

1 septembre 2017

Roland Plaisance, ancien maire d'Evreux, est décédé à l'âge de 93 ans

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Roland Plaisance (second en partant de la gauche) avait accueilli Georges Marchais à Evreux. (photo JCH)
Beaucoup l’appelait Roland. Ils s’en souviendront encore longtemps. Bien que décédé à l’âge de 93 ans, Roland Plaisance, l’ancien maire d’Evreux (pendant 24 ans), laissera une empreinte durable dans une ville qu’il a aimée, façonnée, modernisée. On lui doit d’avoir fait d’Evreux une ville capitale dans un département rural fortement concurrencé par son grand voisin de la Seine-Maritime.
Maire, sans doute, adjoint, longtemps, d’Armand Mandle ou d’Augustin Azémia, Roland Plaisance représentait sa passion pour sa ville mais également le parti communiste français auquel il adhéra très jeune. D’ailleurs, c’est lui qui avait accueilli Georges Marchais, secrétaire général du PCF dans les années soixante-dix pour saluer la mémoire de Pierre Semard (1) pris en otage avec d’autres communistes et fusillé par les Nazis à la prison d’Evreux en mars 1942.
Roland Plaisance était un pragmatique. S’il avait des convictions éminentes chevillées au corps, il aimait discuter avec les socialistes et les radicaux, notamment, qu’il avait maintenus dans ses municipalités. D’autres personnalités issues de la société civile avaient également accepté de travailler avec lui car il plaçait au premier plan l’intérêt général et l’avenir des Ebroïciens.
Pendant ses différents mandats, Roland Plaisance a contribué à développer la vie culturelle, économique, sportive aussi de la principale ville de l’Eure puisque l’ALM est née sous son impulsion et celle de quelques autres comme Jean-Pierre Vidal, disparu il y a quelques années.
Récemment, le maire actuel d’Evreux (LR) Guy Lefrand avait convié Roland Plaisance à inaugurer la médiathèque qui porte son nom, comme un symbole d’une vie tout entière consacrée à la collectivité ébroïcienne et son développement.
(1) Ancien secrétaire général du PCF.

28 août 2017

La fusion Bayer-Monsanto : la Commission européenne ne l'adoptera pas les yeux fermés


Les abeilles ont tout à craindre d'une fusion Bayer-Monsanto
On nous communique : 
« Nous avons réussi ! La Commission européenne vient tout juste d’annoncer qu’elle ne fera pas qu’approuver les yeux fermés la fusion entre Bayer et Monsanto! Bien au contraire, elle a même ordonné une enquête approfondie qui durera des mois, nous donnant plus de temps pour nous organiser et bloquer cette fusion cauchemardesque une fois pour toutes.
C’est une immense victoire pour les abeilles, pour l’environnement, pour notre nourriture, et pour nous tous et toutes! Et c’est le dévouement de membres de SumOfUs comme vous qui a fait complètement dérailler les plans de Bayer et de Monsanto.
Plusieurs membres de SumOfUs s’opposent à cette fusion depuis le tout début. Ensemble, nous avons bâti l’une de nos plus importantes campagnes jusqu’à présent: plus de 700 000 personnes ont signé notre pétition. Et grâce aux généreux dons de membres de SumOfUs comme vous, nous avons été en mesure de mettre beaucoup de pression sur la classe politique des États-Unis et de l’Union européenne.
Nous nous sommes exprimés à des audiences devant le Congrès étasuniens. Nous avons embauché notre propre lobbyiste pour faire valoir les intérêts de la population. Nous avons publié un rapport juridique qui démontre noir sur blanc que la fusion était illégale.
Au cours des dernières semaines, nous avons augmenté encore plus la pression: plus de 20 000 courriels, 8 000 cartes postales et des centaines de tweets ont inondé la Commission européenne, appelant la commissionnaire Margrethe Vestager à bloquer la fusion.
La communauté SumOfUs ne s’est pas arrêtée là, prenant d’assaut la page d’accueil de politico.eu (un des plus importants médias spécialisés sur l'UE) avec des publicités s’adressant aux personnes à Bruxelles qui pouvaient influencer cette importante décision:

Il était difficile d’ignorer ce puissant message!
Bayer et Monsanto voulaient que l’Union européenne autorise cette fusion sans faire de vagues. Mais nous ne les avons pas laissés faire! Cet été, la communauté SumOfUs a intensifié sa campagne et augmenté la pression sur la Commission. Au final, elle n’a eu d’autres choix que d’étendre son examen, puis de lancer une enquête approfondie.
Cette annonce constitue une défaite humiliante pour Bayer et Monsanto, mais la lutte est loin d’être terminée. En fait, nous devrons redoubler d’efforts dans les prochains mois pour contrecarrer définitivement leurs plans. Néanmoins, grâce à cette victoire, nous avons démontré une fois de plus tout le pouvoir que détient notre communauté. Je n’en ai aucun doute: ensemble nous réussirons à bloquer cette fusion une fois pour toutes.
Merci pour tout ce que vous faites,
Anne, Wiebke, Fatah, Nabil, Marie et le reste de l'équipe SumOfUs

Plus d'informations:
*(En anglais) Réponse de la Commissaire européenne à la concurrence suite à notre campagne, Commission Européenne, 22 août 2017
Bayer-Monsanto : Bruxelles lance une enquête approfondie, Les Echos, 23 août 2017.