3 février 2018

Quelques réflexions au débotté : La mort de Michel Mendès France, le retour des Maurassiens, Hervé Morin toujours sectaire, Ça se corse en Corse, Lactalis en cause depuis 2005


La mort de Michel Mendès France
Michel Mendès France à gauche. (©JCH
 La mort de Michel Mendès France, au soir même d’un colloque organisé à Paris autour des idées européennes de son père, marque la fin (provisoire) d’un culte de la mémoire filiale que Tristan et Margot, les enfants de Michel et Joan son épouse, s’efforceront de poursuivre avec le soutien actif de cette dernière. Agé de 82 ans, Michel, le second fils de Pierre et Lily, était apparu affaibli lors de ses dernières sorties publiques notamment lors de la célébration du cinquantième anniversaire de l’élection de PMF à Grenoble en 1967. J’avais remarqué, ce soir-là, dans la salle Colbert de l’Assemblée nationale, les difficultés qu’éprouvait Michel à se déplacer montrant par là même les efforts qu’il déployait pour que l’œuvre politique de son père, fort heureusement défendue par les membres de l’Institut Pierre Mendès France, perdure dans les temps longs.
Il avait dans les mains la dernière biographie consacrée à son père et écrite par Michel Beck. S’il a trouvé le temps et l’énergie de la lire, Bernard aura apprécié comme il convient le bilan économique, politique, culturel, d’un homme influent dans l’histoire de la politique française dont l’importance et la modernité s’affirment chaque jour. En ces temps tristes, nous ne pouvons que nous incliner devant la douleur d’une famille que nous sommes nombreux à aimer. Car au-delà des théories, des pratiques et des combats inévitables en démocratie, demeure le lien affectif, celui que Pierre Mendès France parvenait à tisser avec tous ceux et toutes celles qui avaient pour lui plus que de l’admiration. 

Le retour des Maurassiens
Au moment où Michel Mendès France disparaît, on apprend que des éditeurs proposent de publier à nouveau l’œuvre de Charles Maurras qui ne croyait qu’en un régime, la monarchie, haïssait la République et la démocratie, sans oublier la fanatisme antisémite qui l’anima toute sa vie. Condamné à perpétuité en 1945, il mourut en 1952 sans avoir exprimé un seul regret lui qui avait été maréchaliste et complice intellectuel de la Révolution nationale sans adhérer, il est vrai, à l’Europe nazie.
Après la tentative infructueuse des éditions Gallimard de publier les pamphlets antisémites de Céline, voilà donc formulée la proposition de donner à relire les textes d’un théoricien d’une France rance, décadente, que des revanchards souhaitent réhabiliter. Maurras aurait, dit-on, inspiré Patrick Buisson et donc Nicolas Sarkozy dans la définition d’une identité française qu’un pouvoir dit « gaulliste », pourtant, voulait imposer dans notre grand pays. Heureusement, le sort des urnes leur fut défavorable…Souhaitons seulement que des critiques avertis commentent les textes maurassiens avec toute la sévérité nécessaire.

Hervé Morin manque de discernement
Hervé Morin, président de la Région Normandie, porte une veste trop grande pour lui. Quand on est président d’un exécutif aussi important, on doit, certes, défendre le programme sur lequel on a été élu, mais on doit aussi tenir compte du réel qui ne se confond pas toujours avec des règles trop étroites ou plutôt des règlements de comptes idéologiques. En baissant de manière drastique et brutale les subventions accordées à certaines associations sportives des cinq départements normands, Morin assume le choix du prince, un choix sectaire.
Sans grille éclairante, sans critères objectifs, sans souci d’aider telle ou telle association aux buts pourtant éloquents : pratique sportive, entraide, solidarité, esprit d’équipe, le président de la Région normande dit assumer ses choix partisans. L’ancien maire d’Epaignes ne brille pas par la nuance. Déjà, au ministère de la Défense, il avait affiché des idées à l’emporte pièce…que la présidence normande renforce chez ce roitelet régional, « indomptable » dans son fief. Morin devrait pourtant se dire que tout pouvoir est provisoire. Que l’intérêt général doit primer sur toute préférence ultra partisane. Il ne devrait pas oublier que les hommes politiques passent. Et que les électeurs exigeront toujours qu’ils rendent des comptes.

Radio corse frequenza mora
Les nationalistes, autonomistes et indépendantistes corses — je ne saisis pas toujours la différence — ont décidé de marcher dans les rues d’Ajaccio pour soutenir les revendications des nouveaux patrons des assemblées locales. Parmi ces revendications, certaines peuvent être entendues par le pouvoir central (la mutation des détenus corses en…Corse) l’apprentissage de la langue corse dans les écoles…corses. D’autres seront plus difficiles à satisfaire comme la redéfinition du statut de résident interdisant de fait aux habitants de l’hexagone d’acheter librement des biens sur l’île de beauté, ou encore l’amnistie pour des prisonniers que certains appellent politiques mais que d’autres voient comme des criminels ou des délinquants ordinaires. Les tueurs du préfet Erignac sont-ils des prisonniers politiques ou des assassins ?

Lactalis : Des excuses bien tardives
Le PDG de Lactalis présente ses excuses aux familles dont les enfants ont été victimes de salmonellose. C’est bien. Mais ces excuses venues bien tardivement n’empêcheront pas les associations représentant les familles de poursuivre leur combat judiciaire. L’Institut Pasteur fait savoir qu’entre 2005 et 2017, plusieurs enfants ont été atteints de salmonellose sans que les industriels se soient réellement inquiétés de connaître l’origine de l’infection bactérienne.
Une émission télévisée d’investigation récente a mis en cause l’attitude particulièrement méprisante des dirigeants de Lactalis. Ils se sont fait connaître pour faire suer le burnous des producteurs de lait étranglés par des prix bas dus à une situation de quasi monopole. Il aura fallu l’intervention énergique de Bruno Le Maire pour que les produits pollués soient enfin retirés des rayons des distributeurs bien lents à réagir. La famille Besnier, propriétaire de Lactalis, va devoir mettre de l’eau…dans son lait sous peine de crouler sous les plaintes et d’éventuels boycotts de ses laits en poudre.


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